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GRANDS KYSTES. — DIAGNOSTIC

Il est absolument exceptionnel que la tumeur franchisse le canal inguinal et pénètre dans l'abdomen. Nous ne connaissons qu'un seul exemple d'un développement sem"blable. Il a été observé par Lister chez un homme de soixante ans; le kyste existait depuis quatorze ans (1).

Les kystes de l'épididyme peuvent être, comme l'hydrocèle vaginale, le siège de complications diverses. Ils peuvent, ou spontanément ou à la suite d'une ponction, s'enflammer et suppurer, accident qui n'est pas toujours sans gravité. D'autres fois l'inflammation est sourde et évolue lentement; il en résulte un épaississement considérable des parois du kyste qui deviennent, dans certains cas, flbro-cartilagineuses et même calcaires. C'est à la suite d'un processus analogue que des vaisseaux peuvent se développer dans la poche kystique, vaisseaux dont la rupture amène la transformation du kyste simple en hématocèle. Nous ne faisons que rappeler ces faits qui ont été plus longuement étudiés à propos de l'hydrocèle.

Enfin, parfois, à la suite d'une contusion, le kyste de l'épididyme se rompt. La minceur habituelle de la paroi kystique rend cet accident peut-être un peu plus fréquent ici que dans l'hydrocèle vaginale. Comme pour celle-ci, la rupture peut être l'origine d'une guérison définitive; plus souvent la solution de continuité se répare et le kyste se remplit de nouveau.

Diagnostic. — Il n'est ordinairement pas difficile. Il repose essentiellement sur ce fait que l'on trouve dans le scrotum une tumeur tendue, transparente, fluctuante, à côté de laquelle on peut, par la palpation. reconnaître le testicule qui lui adhère, qui se meut avec elle, mais conserve néanmoins une indépendance manifeste.

Ces caractères suffisent pour distinguer le kyste de l'épididyme de l'hydrocèle vaginale, dans laquelle le testicule, confondu avec la tumeur, ne peut être reconnu que par la palpation profonde ou par l'examen à la lumière transmise.

Dans les cas douteux la ponction, donnant issue à un liquide opalin, plus ou moins chargé de spermatozoïdes, mettrait fin à toute hésitation.

Nous devons rappeler cependant que l'absence de spermatozoïdes, dans une tumeur liquide des bourses évidemment indépendante du testicule, ne suffit pas pour infirmer le diagnostic de kyste séminal. Nous avons suffisamment insisté plus haut sur ce fait, pour qu'il soit inutile d'y revenir ici.

Il résulte également des recherches anatomiques antérieurement

(1) Baker (J.), On a remarkahie dise of spcrmatocele, obs. rec. dans le service de Lister [Edinb. med. Journ., juin 1877, t. XXII, p. 1085).

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exposées que la présence de spermatozoïdes dans le liquide fourni par la ponction n'est pas une raison suffisante pour affirmer, d'une façon absolue, l'existence d'un kyste de l'épididyme, puisque, dans quelques cas, les éléments spermatiques ont pu être trouvés dans riiydrocèle vaginale simple.

Le kyste de l'épididyme se reconnaît, en somme, à certains signes dont aucun n'est pathognomonique, mais dont l'ensemble permet, dans la grande majorité des cas, un diagnostic suffisamment précis.

Pronostic et Traitement. — Outre les complications, assez rares d'ailleurs, dont il a été fait mention plus haut, nous n'avons à signaler ici, au point de vue du pronostic des kystes de l'épididyme, que l'influence fâcheuse que la tumeur peut, en se développant, exercer sur l'excrétion spermatique. Il résulte, en effet, de ce que nous savons du siège occupé par la tumeur, que l'épididyme soulevé, éloigné du testicule, est comme étalé à la surface du kyste.

Bien plus, la tumeur, naissant habituellement dans la région des vaisseaux efférents, finit par atteindre ceux-ci directement, en les comprimant, au point d'intercepter le cours du sperme. Gosselin a en effet, dans son mémoire déjà cité, démontré que les kystes de l'épididyme pouvaient, par ce mécanisme, produire une véritable oblitération des voies spermatiques.

Cette affection, aux allures bénignes, et dont les malades ne se préoccupent habituellement pas, ne saurait donc être combattue trop tôt.

Tous les moyens de traitement conseillés contre l'hydrocèle vaginale trouvent ici leur application. Nous n'en referons pas l'énumération.

Nous ne croyons pas que la ponction simple ait jamais suffi à amener la guérison. Mieux vaudrait cependant s'en contenter, si le malade refusait toute autre intervention, que de laisser la tumeur s'accroître et amener les inconvénients dont nous venons de parler.

La ponction suivie de l'injection d'une substance ii'ritante serait, d'après Liston et Sédillot, dans les kystes de l'épididyme, plus souvent suivie de récidive que dans l'hydrocèle.

Le fait n'est pas tellement établi qu'il y ait lieu de recourir d'emblée à l'incision de la tumeur.

On n'hésiterait pas, d'autre part, après un premier échec des procédés d'irritation, à s'adresser à la méthode sanglante. L'incision du kyste, avec excision des parois, s'il y a lieu, paraît être sans danger et donner les meilleurs résultats. D'après Hochenegg, elle serait d'usage courant à Vienne, dans le service d'Albert.

Il conseille même d'avoir, de préférence, recours à l'extirpation com-

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