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ARTICLE II

SPERMATOCiîLE.

Avec Curling nous réservons le nom de spermatocèle aux faits où l'on a pu constater ou soupçonner une accumulation de sperme dans les conduits séminaux dilatés. La tuméfaction ainsi formée est comparable aux tumeurs laiteuses du sein ou galactocèle.

C'est à tort, selon nous, que quelques auteurs (Bouisson, Kocher) comprennent, sous cette dénomination, les kystes à spermatozoïdes que

(1) Guérault (M. -H.), Note sur la maladie kystique du foie en Islande, etc. [Bulletin de la Soc. de chir., Paris, 185G-57, P« série, t. VU, p. 432).

(2) A. Cooper, loc. cit., p. 451.

(3) A. Cooper distingue bieu cependant cette variété d' « hydatides », production animale vivante, dont le germe u est déposé dans le corps et qui s'y développe », — et qui paraît bien répondre, par conséquent, aux kystes hydatiques vrais — des hydatides ou maladie hydatique, nom sous lequel il décrit les kystes simples ou maladie enkystée du testicule.

(i) Péan (J.), Diagnostic et traitement des tumeurs de l'abdomen et du bassin. Paris, 1885, t. II, p. 442 (fig. 79).

nous venons d'étudier. Nous avons vu, en effet, que la présence des éléments propres du sperme dans ces tumeurs n'est pas constante, et ne résulte très probablement que d'une circonstance accidentelle; et d'autre part que leur absence, dûment constatée dans certains cas, ne modifie pas la physionomie générale de l'affection.

La spermatocèle telle que nous la comprenons présente deux degrés distincts; dans l'un il y a simple distension passagère des conduits séminaux; dans l'autre, la dilatation, soit diffuse, soit circonscrite sous forme de tumeur, est permanente ou, du moins, de plus longue durée.

1" DEGRÉ. — Distension passagère.

Ce premier degré de la spermatocèle, bien indiqué par Brachet dans un travail déjà ancien, consiste dans la réplétion exagérée de l'appareil séminal, se produisant à la suite d'une continence prolongée, ou d'un orgasme vénérien intense, non suivi d'etîet. Il est probable qu'en pareil cas la distension porte à la fois sur la glande, sur les vésicules séminales et sur l'épididyme, mais en fait ce n'est qu'au niveau de ce dernier qu'elle devient nettement appréciable. Le conduit épididymaire facilement dilatable, mal soutenu par le tissu cellulaire lâche qui l'entoure, cède à la pression; l'organe est dur, gonflé, douloureux; il forme un relief comparable à celui que l'on observe dans l'épididymite.

Le testicule lui-même peut être douloureux à la pression, mais n'augmente pas de volume; ce que l'on comprend bien si l'on songe à la disposition anatomique des tubes séminifères, trop faibles pour se laisser dilater sans se rompre, et saisis, d'autre part, dans les cloisons fibreuses résistantes qui les entourent. Nous ne savons pas si on a jamais exploré les vésicules séminales, dont la réplétion certaine pourrait être constatée par le toucher rectal.

La spermatocèle par distension serait, d'après Bouisson, très fréquente chez les adolescents et les adultes, dans l'une ou l'autre des circonstances que nous avons dites.

Le fait suivant rapporté par cet auteur est un bon exemple de spermatocèle, survenue à la suite d'une excitation vénérienne non satisfaite.

Un jeune commis voyageur, très porté aux plaisirs vénériens, et jouissant d'une robuste santé, fît un voyage dans un coupé de diligence auprès d'une femme, dont la vue et la proximité développèrent chez lui une excitation qu'il ne put satisfaire, et qui néanmoins se prolongea assez longtemps. Tourmenté par des érections pendant toute une nuit, et forcé par beaucoup de raisons à une continence complète, il

SPERMATOCÈLE.

ressentit après quelques heures des douleurs dans la région de Fépididyme, et s'aperçut, lorsqu'il descendit de voiture, que les testicules étaient pesants et douloureux. La marche embarrassée exigeait que les membres inférieurs fussent écartés et les pas lents et mesurés. A chaque effort pour la progression, une douleur assez vive et particulière, ayant le caractère de celles qui tiennent à la compression et à la distension des testicules, se faisait sentir au niveau des épididymes et se propageait à la fois dans le canal inguinal et dans la région lombaire. Déjà, dans des circonstances analogues, le sujet avait éprouvé une sensation douloureuse dans la même région, qui s'était dissipée spontanément au bout de quelques heures; mais, cette fois, les phénomènes locaux étaient si prononcés qu'il crut devoir requérir un avis médical. En examinant la région affectée, et après avoir entendu la narration du malade, Bouisson n'eut aucune peine à reconnaître une spermatocèle par distension des canaux de l'épididyme, et rassura le malade en lui annonçant que cette affection se dissiperait par le repos horizontal, par l'usage d'un suspensoir et par l'application de compresses trempées dans de l'eau blanche. Le rétablissement ne tarda pas à être complet; mais le jeune homme dont l'ardeur n'avait pas diminué, et dont les canaux étaient très dilatables, resta sujet à cet engorgement de l'épididyme, qu'une continence de quelques jours ou une impression morale, résultant d'une lecture érotique ou de toute autre excitation, suffisaient à reproduire. Bouisson eut occasion de revoir plusieurs fois cet individu. Il était, au moment où l'observation fut publiée, âgé de trente-huit ans, et présentait au niveau des épididymes un développement anormal et une mollesse fongueuse particulière avec variabilité dans le volume.

Brachet (1) rapporte plusieurs cas semblables, dans lesquels, contrairement au précédent, la distension était unilatérale. D'après lui, la spermatocèle siège ordinairement dans l'un des deux épididymes, rarement des deux côtés à la fois.

Dans une observation plus récente de Gavasse, la tuméfaction occupait un seul testicule. Il est vrai que l'épididyme opposé avait été atteint antérieurement d'inflammation, au cours d'une blennorrhagie, ayant donné lieu à une induration locale persistante. De ce côté, par conséquent, la fonction ne s'accomplissait sans doute que d'une façon incomplète.

Il s'agit encore dans ce cas d'un homme jeune (28 à 30 ans), éprou-

(1) Brachet (J.), Mém. cité à VIndex biôL, p. 37C et suiv.

vant auprès d'une femme de violents désirs qu'il ne peut satisfaire. Au bout de quelques minutes survient une douleur qui se montre d'abord à l'orifice externe du canal inguinal, envahit bientôt le testicule, remonte ensuite le long du cordon et se propage jusqu'au périnée. Le testicule devient dur et gros, la peau des bourses rougit; la marche est difficile ou impossible. Les apparences sont celles d'une épididymite au début. Le malade n'ayant pas voulu se soustraire à la cause qui les provoquait, ces accidents se reproduisirent à quinze et vingt reprises. Il suffisait toujours, pour y mettre un terme, du repos dans la position horizontale, d'un bain, d'un lavement opiacé ; deux fois une éjaculation les fit cesser immédiatement.

L'affection se présente rarement avec des caractères aussi nets et surtout avec une intensité aussi grande. Tout se borne habituellement à une distension douloureuse de l'épididyme, pas toujours constatée par le médecin, se reproduisant chez des sujets continents, huit à dix fois par an, et durant de quelques heures à quelques jours. Plus souvent encore des pertes séminales involontaires ou provoquées font que la distension n'atteint pas ce degré extrême où elle devient presque un état pathologique.

De toute façon le trouble est léger; il se dissipe de lui-même ou cède aux moyens les plus simples. Il est probable qu'aucune lésion n'en provoque l'apparition. Il en est autrement dans la forme suivante : celle-ci ne se peut produire que s'il existe un obstacle matériel à. l'excrétion du sperme.

2" DEGRÉ. — Dilatation permanente.

L'existence de cette forme de spermatocèle, qui à notre sens mériterait seule ce nom, a été mise hors de doute par Gosselin dans ses recherches sur les oblitérations des voies spermafiques [{).

Les expériences plus récentes de notre collègue et ami Brissaud sur les effets de la ligature du canal déférent (2), tout en confirmant d'une façon générale les conclusions de Gosselin, les ont modifiées sur quelques points, complétées sur d'autres.

Dans un cas d'oblitération du canal déférent, dans deux cas d'oblitération du canal de l'épididyme au niveau de la queue de l'organe,

(1) Gosselin (L.), Mémoire sur les oblitérations des voies spermatiqui s, lu à l'Académie de médecine, le 29 juin 1847 [Archives génér. de médec., 1847, i" série, t. XIV, p. 405), et Nouvelles éludes sur l'oblitération, etc.. {Ibid. 1853, 5<'sér., t. II, p. 257).

(2) Brissaud (E.), Étude anatomo-pathologique sur les effets de lu Ligature du canal déférent [Arch. de phys. norm. et pathol. Paris, 1880, 1" sér., t. Vll, p. 769).

SPERMâTUCÈLE.

Gosselin a pu constater que ces lésions s'accompagnaient d'un état de dilatation, comme variqueuse, de l'épididyme. Le conduit épididymaire se dessinait par des circonvolutions beaucoup plus volumineuses qu'à l'ordinaire, et se traduisait à la simple vue par une couleur jaune bien prononcée. En certains points, cette dilatation semblait atteindre au moins six fois le calibre normal du conduit. M. Brissaud a constaté de même que lorsqu'on examine un testicule, peu après la ligature du canal déférent, on est frappé du développement énorme de l'appareil épididymaire. Plus tard, au contraire, les canaux de l'épididyme, chez le lapin du moins, tendraient à revenir sur eux-mêmes par suite d'une cirrhose épithéliale, analogue à la cirrhose biliaire qui succède à l'oblitération du canal cholédoque.

Le testicule, dans les cas observés par Gosselin, n'avait subi aucune altération. La sécrétion spermatique avait continué à se faire, comme en témoignait l'existence de spermatozoïdes dans le liquide que contenait l'épididyme distendu ; cette persistance de la fonction expliquerait l'absence bien constatée de toute atrophie de la glande. Celle-ci ne présentait aussi aucune dilatation apparente.

M. Brissaud, en effet, de même que A. Cooper (1), Curling (2), Godard (3) et Gosselin (4) lui-même, dans des expériences analogues aux siennes, a pu constater que le testicule, à la suite de la ligature du canal déférent, ne subissait, en apparence, aucune altération. A peine serait-il, dans les premiers jours, sensiblement plus gros qu'à l'ordinaire, mais sans que pour cela sa consistance soit modifiée, sans qu'il présente en rien l'aspect d'un organe enflammé. Plus tard, cette augmentation de volume n'existe plus ; l'apparence de la glande est, à l'œil nu, absolument celle d'un testicule normal.

Il en est tout autrement si l'on fait intervenir le microscope dans cette étude : M. Brissaud nous a fait connaître, à cet égard, les faits les plus intéressants (5).

Les modifications que l'on peut constater dans le testicule diffèrent suivant que l'examen est fait dans les premiers jours qui suivent la ligature du canal déférent, ou, au contraire, à une période plus avancée.

(1) Cooper (A.), Œuvres, etc.^ trad. Chassaignac et Richelot. Paris, 1837, p. 423.

(2) Curling (Tli.), Traité, etc., trad. franc., p. 12.

(3) Godard (E.), Mém. de lu Soc. de biologie, 1859, 3c sér., t. I, p. 339.

(4) Gosselin (L.), 2" Mém. [Nom. éludes, etc.), l. c., p. 268.

(5) Il importe de noter que les faits observés par M. Brissaud ne l'ont été que chez les animaux (lapins), qu'on avait laissé cohabiter avec des femelles. Chez ceux que l'on maintenait isolés, le testicule, à la suite de la ligature du canal déférent, ne présentait, même au microscope, aucune altération appréciable.

Le premier effet de robstruclion du canal déférent est la dilatation de toutes les cavités séminifères en amont de la sténose. Nous avons vu à quel point l'épididyme était atteint. Contrairement à ce que pensait Gosselin, les tubes séminifères le sont également. [Is peuvent devenir deux ou trois fois plus gros qu'à l'état normal. Mais la structure de leurs parois ne se modifie point; celles-ci conservent absolument leurs caractère-s normaux. Les cellules spermatiques contenues dans les tubes ne subissent non plus aucune altération pathologique ; elles ne se présentent cependant pas sous leur aspect normal. Sans entrer dans le détail de cet examen, nous dirons seulement que l'apparence des cellules, l'augmentation considérable de leur nombre et de leur volume indique que le travail de spermatogenèse, loin d'être aboli, continue de s'effectuer et s'exagère d'une façon notable.

Il n'y a, en somme, dans le testicule pendant les premiers jours qui suivent la ligature du canal déférent (période qui peut varier de 5 ou 6 jours à 2 ou 3 septénaires), aucune lésion morbide proprement dite, mais une simple altération fonctionnelle consistant en un notable surcroît d'intensité de la sécrétion spermatique.

Dans la seconde période, l'aspect se modifie ; les tubes dilatés reviennent sur eux-mêmes, les cellules spermatiques diminuent de volume et de nombre; elles sont en l'état qu'elles présentent dans le testicule d'un individu qui, sorti de l'enfance, n'est pas encore arrivé à l'état adulte. Le testicule, après la période de suractivité extrême qu'il a traversée, est ramené à l'état d'adolescence, que l'on peut observer chez les jeunes sujets, dont l'appétit génésique n'a pas encore été éveillé. M. Brissaud n'explique pas le mécanisme suivant lequel se produit ce phénomène. Mais le fait existe ; il importait de le signaler.

On voit, du moins, que pas plus à cette deuxième période qu'à la première, la glande ne présente aucune altération, qui puisse se révéler à l'œil nu.

Les recherches de M. Brissaud n'ont donc fait que confirmer l'opinion émise par Gosselin, concernant l'intégrité apparente du testicule et la conservation de la fonction spermatique.

Gosselin avait remarqué, d'autre part, que la dilatation de l'épididyme en amont de l'obstacle n'accompagne pas nécessairement les oblitérations du canal épididymaire. Elle manquait absolument dans une deuxième série de cas qu'il avait pu recueillir; ce qui tiendrait, selon lui, soit à ce que la maladie étant plus ancienne, les parties étaient revenues peu à peu à leur état normal, soit à ce que la sécrétion spermatique avait, à la longue, notablement perdu de son activité.

SPERMATOCÈLE.

Sur ce point encore, il semble bien que notre excellent maître avait vu juste. M. Brissaud nous apprend, en effet, que « l'inflammation épithéliale du canal épididymaire qui succède à la ligature du canal déférent est suivie, à échéance variable, d'une épididymite interstitielle qui peut aboutir à l'oblitération des conduits de l'épididyme ». Cet effet n'étant pas d'ailleurs constant, on peut admettre aussi que l'état de torpeur fonctionnelle, dans lequel la glande, comme nous venons de le voir, finit par tomber à la suite de l'oblitération de son canal excréteur, suffit à expliquer que, dans les cas anciens, l'épididyme puisse ne plus être dilaté.

Il résulte cependant de l'étude d'une pièce, découverte par Bouisson dans le musée de Montpellier, que la dilatation du canal épididymaire peut, au contraire, aller en augmentant sans cesse, au point de transformer l'épididyme en une seule et vaste poche, « sorte de bassinet substitué à l'épididyme et se continuant avec le canal déférent, comme le bassinet du rein se continue avec l'uretère » (1).

A cette étude anatomiquedes dilatations permanentes de l'épididyme ou du testicule, il est difficile d'opposer une étude clinique correspondante.

Les faits dont il vient d'être question résultent de recherches sur le cadavre ou d'expériences sur les animaux. Il paraît donc difficile d'établir les caractères auxquels, sur le vivant et chez l'homme, il serait possible de reconnaître ce second degré de la spermatocèle (2).

Gosselin fait, au reste, très justement remarquer, à ce sujet, que la dilatation variqueuse de l'épididyme pourrait très bien ne donner lieu à aucun symptôme appréciable. La lésion ne retentit pas sur la sécrétion spermatique, n'apporte par conséquent, de ce fait, aucun trouble dans l'état général de l'individu; d'autre part, la distension des parties n'étant pas telle qu'il en résulte un état local fâcheux, on comprend que l'affection puisse passer complètement inaperçue.

(1) Le fait est assez rare pour que nous reproduisions la description de Bouisson dans les termes mêmes où il nous l'a donnée :

« Une coupe faite avec soin et dans le sens vertical de manière à n'intéresser que le corps du testicule met à nu une cavité située au niveau de l'épididyme et du sillon qui le sépare de la glande. Le développement de cette cavité, qui est lisse à l'intérieur et dont les parois sont épaissies et racornies par l'alcool, est assez grand pour contenir le volume d'une noisette. L'épididyme a disparu, pour ainsi dire, pour faire place à cette cavité, dont l'extrémité supérieure infundibuliforme se continue avec le canal déférent, tandis qu'elle reçoit, par sa partie inférieure, les conduits excréteurs qui lui arrivent après avoir traversé le corps d'Highmore. i>

11 est fâcheux que, sur cette pièce, l'état du canal déférent n'ait pas été noté, et que l'on ne sache, par conséquent, rien sur la cause qui avait pu provoquer cette lésion singulière.

(2) II sera fait mention plus loin [v. Cnstration {indications)] d'un cas de ligature du canal déférent, chez l'homme, qui n'a donné lieu à aucun incident.

Le même auteur se demande, cependant, si certains engorgements inflammatoires, si les douleurs qui se prolongent parfois longtemps après la guérison apparente de l'orchite, si enfin les névralgies testiculaires décrites par A. Cooper n'auraient pas quelquefois pour cause une de ces oblitérations.

Le fait suivant rapporté par Crompton (1) semble venir à l'appui de cette opinion.

Il s'agit d'un homme atteint d'une affection qui semblait être une névralgie du testicule droit. La douleur, qui souvent cessait entièrement, devenait excessive avant et après le coït, au point de déterminer presque une défaillance. M. Crompton, en examinant le malade, trouva, près du point où commence le canal déférent, une petite tumeur, indépendante du testicule, et qui était le siège 4e la douleur. Il put nettement, et à plusieurs reprises, constater que, pendant les accès, cette tumeur grossissait presque à vue d'œil, au point d'atteindre le volume d'une féverole, et qu'entre temps la douleur allait toujours en augmentant. S'il examinait brusquement la partie il n'y découvrait aucun gonflement, mais aussitôt qu'il avait touché le scrotum, la tumeur commençait à se montrer et grossissait jusqu'à ce que la douleur devînt excessive. Quand il n'y avait pas de tumeur, le malade ne souffrait point. On apprit qu'à l'âge de dix-huit ans, cet individu avait eu une blennorrhagie et une orchite consécutive à droite, et l'on constata l'existence d'un noyau solide à la queue de l'épididyme. Crompton supposa que c'était là un cas de rétrécissement siégeant à l'origine du canal déférent.

Dans une autre observation que nous empruntons à Bouisson (2) la tuméfaction était absolument indolente; le diagnostic est au reste, dans ce cas, plus douteux encore que dans le précédent.

Un jeune soldat entre à l'hôpital avec une tumeur siégeant dans la région de l'épididyme et qui avait été qualifiée de varicocèle. Cette tumeur molle, imparfaitement fluctuante, se formait surtout pendant les excitations vénériennes et disparaissait par la pression exercée de bas en haut sur le trajet du cordon. La position verticale ne la faisait pas reparaître, lorsqu'elle s'était effacée par la pression, et elle se reproduisait lentement pendant le décubitus dorsal, ce qui la distinguait évidemment d'un varicocèle ou d'une petite hernie. Elle était d'ailleurs indolente et s'était formée à Finsu du malade, qui n'y attachait pas grande importance.

Bouisson ajoute que le diagnostic de cette tumeur avait été l'objet

(1) Curling (T. B.), loc. cit., édit. franc., p. 441.

(2) Bouisson (F.), Mém. cité à VIndex bibl., p. 31ï.

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