TUMEURS. — CLASSIFICATION
plus simple, un examen complet permet de découvrir quelque point de structure plus complexe, qui la rattache aux formes précédentes.
C'est par un raisonnement et des constatations analogues qu'il est possible d'établir entre les tératomes et les tumeurs mixles du testicule un rapprochement semblable, qu'explique pour nous une réelle communauté d'origine.
On sait que l'on décrit sous le nom de tumevrs mixtes de la glande séminale des productions de nature compliquée qui ne peuvent être rangées, pour cette raison, dans aucune des grandes catégories de néoplasmes. On y rencontre les tissus les plus divers, cellules épilhéliales, disposées comme dans le carcinome, éléments embryonnaires comme dans le sarcome, tissus cartilagineux divers, kystes à contenu et à revêtement épithélial variables, parfois même du tissu osseux véritable, des fibres musculaires lisses et striées et même du tissu nerveux.
Il n'y a, on le voit, aucune différence fondamentale entre la structure des tumeurs mixtes et celle des tératomes.
L'existence dans ces derniers d'une cavité kystique unique et considérable ne suffit pas pour les mettre complètement à part. Il s'agit là d'une circonstance qui ne modifie pas la structure intime de la tumeur et qui n'a, au point de vue où nous nous plaçons, qu'une valeur relative. La présence absolument constante de l'épithélium pavimenteux, ou de ses dérivés, dans les tératomes kystiques; son absence fréquente dans les tumeurs mixtes, constituent un caractère différentiel plus important. On ne saurait cependant s'appuyer sur ce seul fait pour créer deux catégories de tumeurs. D'ailleurs, si l'on veut bien passer en revue les nombreux exemples que l'on possède des tumeurs mixtes du testicule, on se convaincra rapidement que certaines d'entre elles représentent des types de transition entre les tératomes et les tumeurs pures. On doit donc admettre que ces deux familles de néoplasmes ont une même origine.
On comprend facilement d'autre part comment il peut se faire qu'à la suite d'un trouble survenu dans l'évolution de l'embryon quelques cellules, détachées des feuillets blastodermiques, demeurent incluses dans la glande séminale et deviennent plus tard le point de départ d'une tumeur mixte. Quand l'inclusion, et c'est le cas le plus fréquent, n'intéresse que le feuillet moyen et le feuillet interne, les tumeurs produites seront ces enchondromes mixtes, ces sarcomes avec îlots de cartilage, ces myomes hétérogènes si fréquents dans la glande génitale. L'inclusion d'un tube de Pfliiger donnera lieu à un
néoplasme épithélial; mais, presque toujours, quelques cellules des proLovertèbres ou des lames latérales viendront fournir, dans la tumeur adulte, soit des perles cartilagineuses, soit des fibres musculaires.
La théorie de Cohnheim permet donc de comprendre la formation d'autant de variétés de tumeurs mixtes qu'il y a de combinaisons possibles entre les divers éléments du feuillet moyen et des feuillets qui l'avoisinent.
Les tumeurs pures forment le troisième groupe des néoplasmes du testicule.
On peut à priori les diviser en deux classes : les tumeurs d'origine mésodermique et les tumeurs d'origine endodermique .
a. — La première classe comprend les chondromes, les myxonies, les sarcomes, les angiomes, les lymphadénomes, les my ornes.
Tous ces types de néoplasmes se rencontrent dans la glande génitale, mais rarement sous une forme pure.
Nous avons montré qu'entre les tumeurs mixtes et les tératomes il existe une analogie très grande et que cette parenté s'expliquait par la communauté d'origine. Entre les tumeurs mixtes et les tumeurs pures, les types de transition sont encore plus nombreux, nous pourrions donc déjà admettre, par cela seul, l'origine embryonnaire des tumeurs pures.
On peut encore, en faveur de cette hypothèse, invoquer les considérations suivantes : les chondromes, les myomes, les sarcomes offrent parfois une structure nettement embryonnaire ; certains îlots de cartilage sont formés de cartilage fœtal ; on y trouve des fibres musculaires se présentant sous les diverses formes que l'on rencontre chez l'embryon; enfin certaines tumeurs renferment des cellules angioplastiques, qui donnent à la tumeur l'aspect classique des néoplasmes à myéloplaxes, dont la nature a été mise hors de doute par Malassez et l'un de nous.
Ces faits permettent de supposer que les vues de Cohnheim peuvent s'appliquer à cette première catégorie de néoplasmes.
b. — La deuxième classe des tumeurs pures comprend les tumeurs endodermiques; ce sont les tumeurs épithéliales proprement dites; elles peuvent, avec les tumeurs mixtes, compter parmi les plus fréquentes.
On sait que les tumeurs épithéliales peuvent, en raison de leur structure et de leur évolution, se présenter sous deux formes : la forme typique rappelant l'aspect du tube glandulaire normal ; la forme métatypique ou carcinome dans le sens où ce mot est pris par