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ARTICLE PREMIER

CANCER DU TESTICULE. — SAUCOCÈLE CANCÉREUX (CARCINOME, SARCOME,

TUMEURS MIXTIiS).

§ 1. — Étude anatomique.

A. — Caractèkes macroscopiques.

Quelle que soit sa structure histologique exacte, le cancer du testicule peut se présenter sous deux formes, très différentes d'aspect, de tout temps distinguées par les anatomo-pathologistes : la forme dure et la forme molle, qui correspondent assez bien aux deux variétés décrites par les anciens auteurs sous le nom de squirrhe et (ïencéphalo'ide.

a. Forme molle ou encéphaloïde. — Le cancer mou OU encéphaloïde est de beaucoup le plus fréquent ; il peut être considéré comme le type ordinaire des tumeurs malignes du testicule.

C'est habituellement une tumeur volumineuse, de consistance plutôt molle que ferme, ovoïde, conservant, en l'exagérant, la forme de la glande séminale. Sa surface extérieure est ordinairement régulière, tant qu'elle n'a pas franchi les limites de l'albuginée. A mesure cependant que l'affection progresse, des bosselures se montrent en différents points de la masse; tardivement, l'enveloppe fibreuse est perforée et laisse apparaître un champignon fongueux. Nous verrons que la peau elle-même peut alors être atteinte et la production se montrer à l'extérieur.

A la coupe, l'aspect de la tumeur n'offre rien de caractéristique; rien qui permette, par exemple, de reconnaître, à première vue, qu'il s'agisse plutôt d'un carcinome que d'un sarcome. On a sous les yeux une surface molle, pulpeuse, peu vascidaire, de coloration allant du gris sombre au blanc caséeux ou jaunâtre, rarement homogène; la consistance et la coloration variant suivant les régions que l'on considère. A côté des points mous ou de véritables foyers de ramollissement occupés par une bouillie jaune ou rougeâtre, on peut trouver des partiespius dures, blanches et comme fibreuses. Celles-ci, toujours en moindre proportion, s'étendent parfois dans la masse principale, sous forme dé bandes qui la divisent en lobes d'inégale dimension. Des hémorrhagies partielles, des noyaux apoplectiques contribuent encore à modifier l'aspect que nous venons de décrire. Ailleurs, de véritables cavités kystiques, contenant un liquide transparent ou coloré par le sang, se rencontrent sur la surface de coup?.

CANCER. — LÉSIONS MACROSCOPIQUES.

Parfois, tout un département de la tumeur a subi la dégénérescence caséeuse résultant soit de la métamorphose graisseuse des cellules, soit d'oblitérations vasculaires partielles.

On conçoit sans peine les figures très variables auxquelles donnent lieu ces diverses modifications qui coexistent habituellement dans la même tumeur (fig. 59 et 60).

Par le raclage, on obtient un suc d'autant plus abondant que l'examen de la tumeur a été plus différé. On sait que ce caractère auquel on attachait autrefois une grande importance appartient aussi

Fig. 59. — Sarcome ou caucer (Musée Dupuytreu).

bien au sarcome qu'au carcinome, à condition qu'un certain temps se soit écoulé depuis l'ablation de la tumeur; sur la pièce fraîche cependant il est certainement plus accentué dans le carcinome mou que dans le sarcome. Le suc, dit cancéreux, résulte en somme de la désagrégation plus ou moins facile des éléments cellulaires compris dans un stroma d'une faible densité.

Il est habituellement impossible, à la simple inspection, de retrouver le tissu tesliculaire normal. Celui-ci n'est cependant pas toujours complètement détruit; dans les tumeurs encore jeunes, on peut, mais à l'aide du microscope seulement, en découvrir quelques débris, soit disséminés dans la masse, soit plutôt refoulés à la périphérie. Mais le cas est exceptionnel.

L'épididyme lui-même est ordinairement perdu dans la masse néoplasique. Dans vingt-trois cas, où son attention fut attirée sur ce point, Kocher n'a trouvé que huit fois l'épididyme intact, quinze fois il était malade.

L'aspect est différent, lorsqu'on a la bonne fortune, ce qui arrive rarement, de rencontrer une tumeur jeune encore et en voie de développement. Dans trois cas, Kocher a pu surprendre ainsi la lésion au début, et constater qu'elle était limitée à la partie centrale de la

K Diam.

Vig. 00. — Cancer ramolli.

glande (fig. Gl). Elle s'étend ensuite vers la péi^iphérie, en suivant les lobules de la glande.

Le rete testis est envahi de bonne heure, mais jamais cependant il ne serait le premier atteint. Cette opinion est en contradiction avec celle de Curling, avec celle même qui était soutenue par l'auteur que nous venons de citer, dans la première édition de son Traité.

Des faits plus nombreux seraient peut-être nécessaires pour trancher cette question, sans grande importance d'ailleurs, du point de départ exact du carcinome du testicule.

Il paraît, du moins, bien établi que le siège primitif du mal ne serait

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