Sarcome
Nous suivrons, pour l'étude anatomique du sarcome du testicule, un plan analogue à celui que nous avons adopté pour celle du carcinome. Prenant pour type de notre description les cas où la tumeur présente une texture simple et plus ou moins caractéristique, nous rattacherons à cette première forme les diverses variétés que l'on peut rencontrer dans la pratique.
Nous appuierons cette étude soit sur les examens personnels que . nous avons pu faire des pièces que nous avons eues entre les mains, soit sur les travaux des auteurs que nous avons déjà eu occasion de citer, Kocher, Nepveu, Talavera, Langhans, etc.
Nous retrouvons ici des difficultés d'interprétation semblables à celles que nous avons rencontrées pour le carcinome. On s'explique ainsi les divergences qui existent entre les observateurs qui ont cherché à apprécier la fréquence du sarcome testiculaire ; Virchow, par exemple, le considérant comme très rare, Rindfleisch estimant au contraire que, de toutes les tumeurs du testicule, le sarcome est l'une des plus fréquentes.
Tout en reconnaissant qu'il est peut-être encore impossible de se prononcer entre ces deux opinions opposées, nous inclinons, d'après notre expérience personnelle, vers la première. Nous croyons, en effet, que nombre de tumeurs, décrites sous le nom de sarcomes, ne sont bien souvent autre chose que des carcinomes dont le stroma est peu abondant et offre une structure nettement cellulaire. La fréquence relative du sarcome du testicule aurait été, par suite, beaucoup exagérée.
Kocher, dans la deuxième édition de son Traité, exprime un avis semblable. II s'appuie, pour le formuler, sur de nouveaux examens, faits à sa demande par Langhans, desquels il résulte que, dans la plupart des cas où le diagnostic anatomique du néoplasme avait été douteux et où l'on avait été disposé à porter celui de sarcome, il s'agissait en réalité de carcinome. Le carcinome serait donc la forme anatomique sous laquelle se présenterait habituellement le sarcocèle des cliniciens.
Cette manière de voir est absolument d'accord avec nos propres observations.
Description générale et développement. — Le sarcome est, on le sait, une tumeur essentiellement constituée par un tissu de cellules qui
paraissent en contact direct les unes avec les autres, sans interposition de substance intercellulaire, ou, du moins, celle-ci est-elle réduite à une matière molle, amorphe, interposée entre les cellules et difficilement reconnaissable.
Le sarcome du testicule semble, à en juger du moins parles préparations que nous avons eues sous les yeux, s'éloigner, par un point du moins, de ce type général.
La substance intercellulaire Q'èi en effet, dans le sarcome du testicule,
Fig. 68. — Coupe microscopique d'un sarcome médullaire du testicule. Au milieu se voit la section d'un tube sémiuifère (figure schématique).
ordinairement plus largement représentée que dans les sarcomes des parties molles. Elle peut l'être au point d'en imposer pour un véritable stroma intercellulaire.
Le plus souvent cependant, elle ne se présente que sous forme d'une substance amorphe et grenue, entourant les cellules et les séparant les unes des autres; d'autres fois, au contraire, il est possible par des procédés délicats d'étude de reconnaître que le tissu de la tumeur est parcouru par un fin réseau fibrillaire, dans les mailles duquel sont placées les cellules.
C'est aux tumeurs, dans lesquelles cette disposition est nettement appréciable, que Billroth a donné le nom de sarcome alvéolaire et Liicke celui de sarcome lymphoide .
Nous avons dit qu'en pareil cas la confusion avec le carcinome