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Tumeurs mixtes

Nous avons déjà eu occasion de dire ce que l'on doit entendre sous le nom de tumeurs mixtes du testicule ; productions bâtardes, à aspect extérieur, très variable, ne présentant cependant aucun trait qui, à première vue, les distingue essentiellement du sarcocèle vulgaire; dans lesquelles on découvre, au microscope, les éléments les plus divers, éléments embryonnaires, cellules épithéliales variées, soit accumulées dans des espaces alvéolaires, soit étalées et formant le revêtement interne de cavités kystiques disséminées, cellules de cartilage, tissus calcifiés et même os véritable, fibres musculaires lisses ou striées, etc.

Ces tumeurs sont très communes dans le testicule. Les considérations que nous avons présentées plus haut sur la pathogénie et la classification des tumeurs de la glande séminale permettent de se rendre compte à la fois et de cette fréquence et des particularités de leur constitution.

Si l'on veut bien, en effet, admettre avec nous qu'à une certaine période de la vie embryonnaire les éléments des feuillets blastodermiques, presque confondus entre eux et en même temps très voisins de l'organe génital, peuvent être partiellement inclus dans ce dernier et devenir le point de départ de néoplasies qui se développent ultérieurement, on comprend que des tissus divers, variant avec les parties incluses, puissent entrer dans la constitution des tumeurs ainsi formées.

Ce que nous avons déjà dit, à cet égard, nous dispense d'entrer dans de plus longs développements.

11 est bien évident, d'autre part, que de pareilles productions se prêtent mal à une description, qui, pour être complète, devrait entrer dans le détail des faits, très différents les uns des autres, qui se rencontrent dans la pratique.

Les formes qui paraissent les plus fréquentes sont celles qui correspondent aux désignations, suffisamment expressives de sarco-enchonclrome, chondro-carcinome, et sarco-carcinome . On conçoit que bien d'autres combinaisons sont possibles.

L'analomo-pathologisle, en présence de l'une de ces tumeurs, devra constater d'abord qu'elle n'est pas simple, ce qui n'offre ordinairement aucune difficulté; il s'efforcera ensuite de distinguer, parmi les divers tissus qu'il découvre, celui qui prédomine et peut être considéré comme formant la caractéristique de la production.

Cette détermination est évidemment de la plus grande importance, lorsqu'il s'agira de se prononcer sur le pronostic d'une pareille lésion. Elle présente malheureusement de grandes difficultés. On devra se souvenir, à cet égard, que certains éléments valent plus par leur qualité, si l'on peut s'exprimer ainsi, que par leur quantité; qu'il n'y a, par exemple, aucune parité à établir, au point de vue de la gravité de l'affection, entre les éléments du cartilage et les cellules épi théliales qui peuvent coexister, en nombre variable, dans la même tumeur. Un examen minutieux, complet, sans oubli, sera donc toujours nécessaire. Il faudra, de plus, tenir compte, dans cette étude, non seulement de la nature des éléments, mais de leur âge, de leur agencement réciproque, de la rapidité plus ou moins grande de leur évolution.

Quelque soin que l'on y apporte, le plus souvent on restera dans le doute sur la nature exacte du néoplasme. Celle-ci ne devient évidente que si la tumeur récidive après ablation ; le tissu des tumeurs de récidive étant ordinairement simple et reproduisant l'élément principal et vraiment fondamental de la tumeur primitive.

§ 2. — Étude clinique.

Dans l'étude clinique qui va suivre nous aurons surtout en vue le cancer du testicule ou sarcocèle, dans sa forme ordinaire, celle qui se présente vulgairement à l'observation.

Étiologie. — Fréquence. — La fréquence du cancer du testicule n'est pas considérable. Il ne figure que o fois (soit 1,06 p. 100) sur les 471 cas de mort par cancer, relevés par Marc d'Espine (de Genève) dans une statistique souvent citée (1). La proportion est plus faible encore (0,76 p. 100) dans le relevé, dressé par Sibley, de tous les cas de cancer primitif observés à l'hôpital de Middlesex, pendant une période de quatre ans (2). Ce chiffre s'élève à 3,8 p. 100,

(1) Marc d'Espine, Essai analytique et critique de statistique mortuaire, etc.. Genève, 1838.

(2) Sibley (S.), A contribution to the Statistics of Cancer [Medico-chirurgical Transactions, Londres, 1859, t. XLII, p. 111).

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