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CANCER. — SIGNES

kystes ou des parties ramollies de la tumeur. L'erreur est sans importance, la règle étant, dans l'une ou l'autre de ces hypothèses, de res-' pecter ces foyers de vraie ou de fausse fluctuation.

Tout à fait exceptionnels sont les épanchements abondants, analogues à ceux de l'hydrocèle ordinaire. M. Boursier en cite cependant quelques cas (Després, Herpin), et insiste sur les difficultés de diagnostic qu'entraîne une telle disposition. On comprend qu'en pareil cas la tumeur puisse passer inaperçue, ou ne révèle sa présence qu'après une ponction évacuatrice.

Le liquide de l'hydrocèle symptomatique peut être absolument semblable à celui de l'hydrocèle ordinaire. Souvent aussi il est coloré, teinté de sang, ou même franchement sanguinolent.

M. Boursier a cherché à établir la fréquence relative de l'hydrocèle dans les diverses variétés de cancer et les caractères propres qu'elle pourrait présenter, suivant les cas; mais il n'est arrivé à aucun résultat précis. Il constate d'autre part que les cancers à marche rapide semblent causer plus souvent une vaginalile adhésive, avec ou sans épanchement enkysté, — qui doit d'ailleurs, lorsqu'il existe, passer habituellement inaperçu — qu'une hydrocèle libre facilement reconnaissabJe.

Il est habituel que le cordon à son origine soit augmenté de volume. Les veines qui le parcourent sont plus saillantes et plus épaisses. On a pu même constater que l'artère spermatique devenait plus grosse et plus distincte qu'à l'état normal; dans un cas rapporté par Curling, elle paraissait avoir les dimensions d'une radiale. Par contre, l'envahissement du cordon sur toute sa longueur est un phénomène relativement tardif; il manque souvent jusqu'aux dernières périodes de la maladie, alors même que les ganglions auxquels se rendent les lymphatiques qui le traversent sont déjà pris.

Il est à peine besoin de dire que les ganglions de l'aine demeurent indemnes, tant que la lésion est limitée à la glande et n'a pas intéressé les enveloppes des bourses (1).

Il en est tout autrement des ganglions dits lombaires ou prévertébraux, auxquels aboutissent les lymphatiques du testicule. Ceux-ci sont certainement malades de très bonne heure. Nous en avons pour preuve

(1) Très exceptionnellement cependant, comme l'a montré Broca ('), alors que le scrotum est encore intact, les ganglions de l'aine pourraient être pris. Ils seraient alors infectés par voie rétrograde, ou mieux par propagation, de proche en proche, de l'altération qui a envahi les ganglions profonds.

(*) Broca (P.), loc. cit., t. I, p. 268.

la trop grande fréquence des récidives intra-abdominales, même dans les cas où la castration a été faite hâtivement, alors qu'il n'existait encore aucun signe appréciable de généralisation (voy. Pronostic).

La tuméfaction des ganglions abdominaux peut être considérable (1) et provoquer, dans les derniers stades delà maladie, l'apparition de phénomènes secondaires (ascite, œdème des parois abdominales, œdème des jambes) qui l'emportent dans le tableau clinique sur la maladie primitive. 11 peut même arriver que celle-ci demeure absolument à l'ai'rière-plan; à une lésion du testicule, très petite en apparence et qui, sur le vivant, passe presque inaperçue, correspond une tumeur abdominale énorme. L'examen cadavérique a pu seul, dans quelques cas, permettre une vue exacte de la marche suivie par le mal. Nous avons, dans notre chapitre d'anatomie pathologique, cité une observation personnelle où les choses se présentaient sous cet aspect. Tout récemment encore, l'un de nous a pu suivre un malade qui portait au testicule une petite induration qui parut sans importance et resta telle jusqu'à la fin; sa véritable nature ne se révéla que par une généralisation abdominale rapide accompagnée d'ascite et d'œdème des jambes, et par une cachexie progressive qui, en quelques mois, aboutit à la mort.

Curling cite deux cas, empruntés à Brodie et à Cruveilhier, oti des malades atteints de cancer du testicule devinrent paraplégiques, par suite de l'envahissement secondaire de la colonne vertébrale et de la compression de la moelle. Deux faits semblables sont rapportés par Kocher ; dans l'un, qui appartient à Quincke, on avait cru, sur le vivant, à un mal de Pott vulgaire ; l'autopsie révéla seule la véritable origine du mal.

Nous avons vu, en traitant de l'anatomie pathologique, les autres foyers possibles de généralisation du cancer du testicule, foie, poumon, péritoine, etc.. Ils ne sont habituellement reconnus qu'à l'autopsie. Les signes qui leur sont propres se confondent avec ceux de la cachexie qui frappe les malades, et qui n'est elle-même que l'expression visible de cette généralisation viscérale.

Symptômes généraux. — Un fait intéressant, et noté par la plupart

(1) Une observation de Larmoyez [Bullet. de la Soc. anat., 1883, 4" sér., t. VIII, p. 448) est un bon exemple du développement énorme et rapide que peut prendre la tumeur abdominale. Celle-ci avait acquis, en une période clinique de moins de deux mois, le poids de vingt kilogrammes et paraissait grosse comme une tête d'enfant. Dans le fait que nous avons observé avec M. Malassez (sarcome angioplastique), la tumeur abdominale avait acquis des proportions plus considérables encore.

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