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CANCER. — PRONOSTIC

la durée de l'affection fut d'au moins huit ans. Celte très longue durée doit cependant être considérée comme exceptionnelle. La marche semble être toujours moins rapide que dans les variétés communes du cancer du testicule. La mort survint au bout de deux ans, dans une observation rapportée par A. Cooper.

Les ganglions prévertébraux sont parfois pris de bonne heure et acquièrent, dans certains cas, un volume considérable. C'est particulièrement dans le squirrhe du testicule que l'on peut observer le fait, que nous signalions plus haut, d'une tuméfaction ganglionnaire volumineuse, accompagnant une tumeur testiculaire petite, qui passe quelquefois presque inaperçue.

Pronostic. — On peut dire que, d'une façon générale, le cancer du testicule constitue une affection très grave qui entraîne fatalement et rapidement la mort, celle-ci survenant d'ordinaire par propagation ganglionnaire, par généralisation viscérale, ou par cachexie sans localisation évidente.

Une intervention hâtive ne pourrait-elle atténuer la sévérité de ce pronostic? Pour notre part, sans être en mesure de le prouver, nous croyons que, pour le cancer du testicule comme pour d'autres cancers, une ablation faite en temps opportun peut avoir un effet vraiment utile. On pourrait même soutenir que le cancer du testicule, limité qu'il est par l'albuginée, formant à la glande une enveloppe solide, est, à cet égard, dans de meilleures conditions que le cancer d'autres régions. Malheureusement il faut compter avec la propagation ganglionnaire, qui, aux organes génitaux, paraît être particulièrement rapide.

On comprend donc combien il serait intéressant de savoir, au moins approximativement, à quel moment cette propagation commence à se faire. Il est probable qu'il s'écoulera encore un long temps, avant que l'on puisse arriver, sur ce point, à une conclusion certaine. On ne peut, en effet, pour y parvenir, compter sur l'observation directe, les ganglions prévertébraux étant trop profondément situés pour qu'il soit ' possible, sur le vivant, de surprendre leur altération au début ; et d'autre part, il est trop évident que les autopsies, qui seules permettraient de faire cette constatation d'une façon précise, seront toujours fort rares. Il ne reste donc, pour résoudre ce problème, d'autre ressource que l'étude attentive de l'histoire des opérés, de la forme et de l'époque de la récidive. On comprend les difficultés de tout genre que soulèvent de telles investigations.

Kocher a essayé de se livrer à cette enquête ; mais les résultats aux-

quels il est arrivé sont encore bien insuffisants. Sur 38 observations, 18 fois seulement est notée l'époque oii, sur le vivant, la tuméfaction des ganglions prévertébraux a été manifeste. Elle a été constatée :

1 fois 3 mois après le début.

2 — 1 an —

Il est évident qu'un pareil relevé, renfermant des chiffres aussi dissemblables, n'éclaire pas beaucoup la question. Nous en tirons du moins cetle conclusion, que la propagation ganglionnaire parfois, et très exceptionnellement, reculée jusqu'à deux et quatre ans, est habituellement effectuée à la fin de la première année, ou au plus tard dans la première moitié de la seconde, puisque, dans 10 cas sur 15, elle pouvait être constatée de six à dix-huit mois après le début de la lésion scrotale.

On se souviendra, d'autre part, qu'elle peut être infiniment plus rapide, et que l'intervention chirurgicale, pour être opportune, ne saurait être trop hâtive.

Il n'est pas douteux, du reste, que la fréquence et la rapidité de la récidive ou de la généralisation doivent varier avec la forme anatomique du mal. Nous avons déjà dit combien nos renseignements à ce sujet sont imparfaits. Nous devons nous contenter de faire remarquer que les formes molles du cancer semblent être particulièrement malignes, tandis que les formes dures, et surtout le squirrhe, paraissent donner plus de répit au malade.

Nous rappelons également que le cancer du testicule, chez les enfants, présente une gravité exceptionnelle. L'un de nous, dans un travail déjà cité, a établi que la mort survient chez eux, en moyenne un an après le début. La castration, quelque prompte qu'elle soit, ne paraît pas capable d'enrayer la marche de l'affection. Chez les jeunes gens et les adultes, le cancer du testicule est aussi de ceux qui sont le plus rapidement mortels. Sa gravité paraît être en proportion inverse de l'âge du sujet. C'est chez les vieillards que l'évolution serait la plus lente.

Bien rares sont les cas, rapportés par les auteurs, de survie à la suite de castration pour cancer. Baring, dans un travail déjà

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