CANCER. — PRONOSTIC
ancien (1833), cite certains faits où la guérison a duré quatre ans sans récidive et avec une santé générale parfaite; dans l'un, ce bon état s'est maintenu pendant quatorze ans. Curling mentionne quatre observations (dont deux personnelles) dans lesquelles les opérés ont survécu pendant cinq, neuf, douze et quinze ans. Cette période a été de douze ans dans une observation de Paget ; de quatorze ans dans une autre de Baum; de dix-neuf ans dans celle de Confevron (1).
On peut, il est vrai, se demander si dans tous ces cas le diagnostic porté a été suffisamment vérifié. Ce doute n'existe pas dans le fait de M. Guyon, que nous avons déjà eu occasion de citer dans une autre partie de cet ouvrage (2). La nature du néoplasme (carcinome réticulé) fut établie par un examen microscopique soigneusement fait. Dix ans plus tard le malade vivait encore. Il s'agissait, il est vrai, d'un testicule ectopique , mais rien n'établit que l'ectopie constitue une circonstance favorable à la non-récidive. On pourrait bien plutôt soutenir la proposition contraire, la situation du testicule à l'aine n'étant pas pour faciliter une ablation complète.
La certitude du diagnostic anatomique donne encore de l'intérêt aux faits suivants, tous empruntés à des auteurs modernes et dans lesquels l'absence de récidive a été constatée pendant deux ans (Winiwarter), trois ans (Volkmann, Poinsot, Jalaguier), quatre ans et demi et huit ans et demi (Kocher).
Ces cas relativement favorables n'en sont pas moins exceptionnels. La règle parait être que les malades succombent, six mois en moyenne après l'opération, par généralisation abdominale et viscérale et la cachexie qui en résulte.
Il résulterait, en somme, de ce qui précède que la castration ne donne, en général, guère de survie aux opérés. Nous avons dit, en effet, que l'intervention avait lieu le plus souvent au cours ou à la fin de la seconde année. Si la mort survient six mois plus tard, le temps écoulé entre le début du mal et l'issue fatale se réduit à deux ans et demi. Or ce chiffre représente à peu près exactement, de l'aveu unanime, celui de la durée moyenne du cancer du testicule abandonné à lui-même.
Faut-il conclure de là que l'on doive, en cas de cancer du testicule avéré, renoncer à toute chirurgie active? Nous ne le pensons pas. Nous avons dit, en effet, qu'il n'est pas démontré qu'une intervention très précoce ne puisse avoir de meilleurs résultats que ceux
(I) De Coufevron (de Langres), Guérison d'un cancer encéijhaloïi/e du testicule {Bull, de l'Acud. de médecine. Paris, 1870, t. XXXV, p. 789). ('2) V. chapitre Anomalies, p. 73.
constatés jusqu'ici. D'autre part, on est toujours en droit d'espérer que l'on aura affaire à une de ces formes de cancer à malignité atténuée, à récidive moins fatale ou du moins plus retardée, dont on possède des exemples certains.
Les progrès concordants de l'anatomie pathologique et de la clinique permettront peut-être un jour de fixer avec plus de sûreté les bases de ce pronostic.
Dès aujourd'hui, et sans préciser autrement le diagnostic anatomique, l'on peut dire que les chances de survie paraissent être en raison directe de la lenteur relative de l'évolution du mal, de la consistance de la tumeur et de l'âge du malade.
Dans les conditions contraires — marche rapide, tumeur molle, sujet jeune, — la castration, quelque hâtive qu'elle soit, sera ordinairement sans effet utile.
Diagnostic. — Le diagnostic du cancer du testicule, facile lorsque la maladie est confirmée et se manifeste par l'ensemble des signes vraiment caractéristiques qui ont été énumérés plus haut, offre au contraire, au début, à l'époque précisément où l'intervention serait efficace, de réelles difficultés.
Les quelques indications qui suivent se rapportent à cette période, pendant laquelle certaines affections du testicule et de ses enveloppes, non douloureuses, à évolution plus ou moins lente, peuvent être facilement confondues avec le cancer du testicule.
Telle est, par exemple, Vorchite syphilitique, à marche chronique. On tiendra compte de l'existence d'accidents syphilitiques antérieurs, avoués ou non par le malade, circonstance absolument insuffisante par elle-même pour imposer un diagnostic; de la consistance plus ferme de la tumeur; des nodosités dures qui parsèment parfois sa surface; de son indolence, telle q,ue l'on peut manier le testicule et même le presser avec force sans provoquer de souffrance, sans même réveiller la sensibilité testiculaire normale, qui, au début du cancer, n'est ordinairement pas complètement abolie ; de la forme de la tumeur, qui est celle du testicule, mais aplati transversalement ; enfin, et surtout, dirons-nous, de l'action du traitement spécifique qui, bien conduit, amène assez vite dans la tuméfaction, si elle est d'origine syphilitique, des modifications certaines. L'envahissement du testicule opposé, si fréquent dans la syphilis, si rare dans le cancer, constituera encore un élément précieux de diagnostic.
Une tubei'culose testiculaire et éfjididy maire, à marche lente, avec tuméfaction notable, portant principalement sur la glande, sans abcès.