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CANCER. — DIAGNOSTIC

peut aussi en imposer pour un cancer. Nous avons été témoin d'un cas semblable, dans lequel le volume, l'aspect extérieur de la tumeur, l'absence de bosselures épididymaires, l'intégrité du cordon et de la prostate, le bon état général du malade et la bonne qualité de ses antécédents ne portaient pas à songer au testicule tuberculeux. D'ordinaire l'existence de l'une ou l'autre des circonstances que nous venons d'énumérer éveille l'attention et permet d'éviter l'erreur.

Mais la faute la plus souvent commise et la plus facile à commettre consiste à confondre le cancer du testicule avec V hémaiocèle vaginale. La similitude entre les deux affections est parfois si grande qu'une ponction exploratrice pourra seule permettre de les différencier (1). On tiendra compte cependant, pour penser plutôt à une hémaiocèle, du début souvent brusque de la tumeur, ou du moins de son accroissement subit, des rechutes avec phénomènes douloureux, de l'existence certaine d'une hydrocèle antérieure.

Lorsque cet ensemble de circonstances fait défaut, toutes les présomptions seront en faveur du cancer; et cela d'autant plus qu'on ne saurait oublier sa fréquence relative comparée à la grande rareté de l'hématocèle (2).

L'erreur, au reste, ne serait pas, en ce cas, de très grande importance ; les hématocèles, assez volumineuses et assez dures pour ressembler à ce point au cancer, étant le plus souvent justiciables de la castration.

Il peut arriver enfin que l'hydrocèle symptomatique qui accompagne souvent le cancer du testicule soit prise pour une hydrocèle vaginale simple. Il faut pour cela que le liquide soit abondant, ce qui est absolument exceptionnel. Si cette ei-reur était commise d'ailleurs, elle serait vite reconnue par la ponction Le liquide évacué, il sera facile de constater l'existence, dans l'épaisseur de la glande, d'un gonflement qui n'existe jamais à ce degré dans l'hydrocèle ordinaire. La nature même du liquide viendrait, s'il en était besoin, en aide au diagnostic; souvent, en effet, celui-ci contient du sang, soit en quantité suffisante pour le colorer d'une façon manifeste, soit en faible

(1) Nous avoDs cité plus haut, au chapitre Hcmatocèle (p. 277), uu fait de Gosselin dans lequel la ponction, faite dans un volumineux kyste hématique qui s'était creusé au centre d'une tumeur du testicule, loin d'éclairer le chirurgien, l'avait au contraire induit en erreur. La pièce se référant à ce cas a été présentée par Moutard-Martin à la Société auatomique (Bulletin de la Soc. anat., 1876, 4» série, t. I, p. 656).

(2) Nélatou répétait volontiers à ses élèves que cette seule considération lui suffirait, dans un cas douteux, pour porter le diagnostic de cancer plutôt que celui d'hématocèle.

proportion, toujours reconnaissable cependant à l'examen microscopique.

Le diagnostic des diverses variétés anatomiques, confondues sous le nom de cancer du testicule, sera le plus souvent impossible. Seul le squirrhe pourra parfois être assez facilement reconnu sur le vivant, nous avons dit plus haut à quels caractères.

Ne pourrait-il en être de même pour le carcinome médullaire et le sarcome? On l'a pensé, à tort, croyons-nous, ou du moins l'étude clinique des tumeurs du testicule n'est-elle pas encore, nous semblet-il, assez avancée pour que l'on puisse établir, entre ces deux formes, une distinction fondée.

Nous rappellerons cependant ce qui a été dit à ce sujet, ne fût-ce que pour attirer sur ce point l'attention des observateurs.

D'après Kocher, le sarcome se développerait chez des sujets relativement jeunes; il constituerait une tumeur moins volumineuse, plus dure que le carcinome ; les ganglions abdominaux seraient plus souvent indemnes. Le cordon, par contre, serait envahi de bonne heure ; et les enveloppes des bourses moins tardivement atteintes; l'une et l'autre circonstance résultent du mode de propagation du sarcome, qui procède de proche en proche et par continuité de tissu, plutôt que par infection lymphatique, à distance.

Plus souvent aussi que le carcinome, le sarcome débuterait par l'épididyme, ou, du moins, cet organe serait-il plus rapidement intéressé. Il résulterait de ce dernier fait, en raison des relations vasculaires qui existent entre la séreuse testiculaire et l'épididyme, que la vaginale deviendrait, plus souvent et plus promptement que dans le carcinome, le siège d'un épancliement liquide. Enfin, dernier trait, il ne serait pas absolument rare de trouver dans le sarcome les deux testicules malades.

Les caractères inverses appartiendraient au carcinome.

En réalité, il n'est pas un de ceux assignés au sarcome qui ne puisse se rencontrer dans le carcinome vrai. Tout au plus pourraiton admettre que de leur réunion, bien constatée, dans un cas déterminé, résulte une présomption en faveur de la nature du néoplasme.

Traitement. — Le seul traitement qui convienne, dans le cas de cancer avéré du testicule, sous bénéfice des réserves formulées plus haut, est l'ablation de la tumeur. Nous renvoyons, pour ce que nous aurions à dire sur la technique de cette opération, au chapitre Castration.

Nous ne mentionnerons ici que pour mémoire les tentatives qui ont

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