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MALADIE KYSTIQUE. — SIGNES. DIAGNOSTIC

demment solide, ni la fluctuation franche des collections liquides. C'est une sensation intermédiaire, qui éveille cependant l'idée d'une production dont quelques parties seraient liquides. D'autres fois, sur toute son étendue, la tumeur offre une certaine dépressibilité,sans être nulle part évidemment fluctuante. Ces caractères sont presque toujours de telle nature que l'on garde l'impression qu'une ponction exploratrice sera nécessaire pour éclairer ce point du diagnostic.

On ne confondra pas les sensations incertaines dont il vient d'être question avec la fluctuation vraie, mais superflcielle, que pourrait donner une hydrocèle symptomatique concomitante, rare d'ailleurs et toujours peu abondante.

A la lumière transmise, la masse qui distend le scrotum parait absolument opaque, sauf dans le point qui correspond à la collection vaginale lorsqu'elle existe, et lorsqu'elle est assez considérable pour que ce mode d'exploration lui soit applicable.

La pression ne cause habituellement aucune douleur. En aucun point, du moins, on ne parvient à provoquer la douleur spéciale que détermine la pression exercée sur le testicule.

Les douleurs spontanées sont aussi absolument absentes. A peine quelques malades ont-ils accusé la sensation de lourdeur et de tiraillement que l'on peut observer dans toute tumeur du testicule, parvenue à un certain degré de développement.

Les parties voisines sont intactes. La peau du scrotum conserve son aspect normal, et glisse à l'aise sur les parties sous-jacentes. Le cordon est sain; on a signalé la turgescence des veines qui le parcourent ainsi que celle des vaisseaux du scrotum. Ce signe n'a pas grande importance, bien que A. Cooper en ait fait un des caractères propres à la tumeur kystique.

L'état général est bon. Les ganglions lombaires ne sont pas augmentés de volume.

Ajoutons enfin que la tumeur est toujours unilatérale. Il ne paraît pas qu'elle se développe de préférence d'un côté plutôt que de l'autre.

En somme, comme l'a très bien fait remarquer Perriquet, les caractères de la tumeur kystique du testicule sont presque tous négatifs. Il n'en est aucun qui puisse être considéré comme pathognomonique, aucun même qui mette, avec quelque certitude, sur la voie du diagnostic.

Diagnostic. — La maladie kystique du testicule a été et sera souvent méconnue. Cependant, loi'sque l'on se trouver? en présence

d'une tumeur manifestement testiculaire, et non point limitée à l'épi^ didyme; tumeur non évidemment solide; conservant la forme générale de la glande ; développée lentement et sans douleur, chez un homme jeune encore; siégeant de plus d'un seul côté des bourses, — le diagnostic de maladie kystique pourra être sérieusemeut discuté.

Le premier soin du chirurgien, en pareil cas, sera de s'assurer qu'il ne s'agit ni d'une hijdrocèle, ni d'une hcmalocèle. Il a pour cela à son service deux moyens de diagnostic d'une importance capitale : la recherche de la transparence, qui fait bien rarement défaut dans l'h}-drocèle; au besoin la ponction exploratrice, si l'hydrocèle est à parois épaisses, ou lorsque les signes propres à l'hématocèle, et particulièrement la marche souvent si caractéristique de la maladie, ne l'auront pas suffisamment éclairé.

Ces deux affections éliminées, il ne s'arrêtera pas longtemps à l'idée d'un testicule syphililique, qui se présente habituellement sous l'aspect d'une tumeur remarquablement dure, d'un volume modéré et presque toujours bilatérale, moins encore à celle d'un testicule tuberculeux, dont les lésions se limitent bien rarement à la glande, en respectant l'épididyme.

II sera donc nécessairement amené à songer aux néoplasmes divers qui peuvent se développer dans le testicule, et particulièrement à ceux que l'on a vu s'accompagner de collections liquides.

Or, si l'anatomie pathologique enseigne que des kystes ou des pseudo-kystes se rencontrent dans presque toutes les tumeurs du testicule, dans aucune du moins, comme dans la tumeur kystique, ils ne sont aussi nombreux, ni aussi régulièrement répartis.

Ce n'est pas que dans celle-ci la fluctuation soit plus nette et plus facile à percevoir. Bien au contraire, il arrive souvent que, dans les tumeurs solides avec kystes, ce caractère, là où il peut être constaté, est plus évident que dans la tumeur kystique. Mais il est plus limité; à côté de parties évidemment molles, d'autres apparaissent manifestement solides; de là résultent des irrégularités de surface et des inégalités de consistance qui ont une grande importance pour le diagnostic.

La tumeur kystique présente, au contraire, le plus souvent une surface unie et régulière. De plus, si Ton ne découvre aucun point qui soit franchement fluctuant, on est frappé du moins de la dépressibilité générale de la tumeur. A. Cooper insistait déjà sur ce signe, qui parait vraiment propre à la maladie kystique. Il est assez difficile, comme le fait remarquer M. Trélat, d'exprimer exactement par des mots la

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