SIGNES. MARCHE
A ce degré l'afTection se présente habituellement avec les caractères suivants :
Le scrotum est distendu par une tumeur ovoïde, dont la petite extrémité tournée en haut confine à l'orifice externe du canal inguinal, sans y pénétrer. Sa consistance est remarquablement dure. Ce caractère, qui a été noté par tous les observateurs, peut ne pas se retrouver dans tous les points de la tumeur; il peut même arriver que l'on constate par places une mollesse allant jusqu'à la fluctuation. L'anatomie pathologique donne la raison de ces différences. Toujours est-il que l'extrême fermeté des parties restées dures est un des meilleurs signes de renchondrome.
La surface de la tumeur est particulièrement lisse et régulière. On a, dans certains cas, signalé l'existence de petites saillies abruptes, de consistance très ferme, qui ne se voient guère que dans l'enchondrome; signe précieux par conséquent, mais qui ne paraît pas ordinaire.
A la main qui la soulève la tumeur parait pesante, mais il n'y a rien à tirer de ce caractère qui est commun à toutes les productions solides du testicule et dont nous avons montré ailleurs le peu d'importance.
Les dimensions du testicule malade ne sont pas habituellement énormes; l'enchondrome de la glande séminale ne compte pas parmi les tumeurs les plus volumineuses de cet organe. Dans la plupart des observations où ce point a été relevé, le diamètre vertical mesurait 10 à 12 centimètres, le transversal 7 à 8. Le poids varie de 4 à 500 grammes. Dans le fait de Demarquay la tumeur pesait près d'un kilogramme; mais ses dimensions étaient aussi plus considérables; sa circonférence verticale était de AO, la transversale de 29 centimètres. Ce cas est exceptionnel.
La plupart des sujets porteurs d'un enchondrome du testicule ne soufl"rent pas. Nous avons vu cependant que chez quelques-uns on constate de véritables poussées douloureuses à la première période; il peut se faire aussi que la dernière étape franchie par le mal soit accompagnée de vives souffrances. Il n'en est pas habituellement ainsi. Le plus souvent les malades ne se plaignent que du poids de la tumeur et de la gêne qui en résulte.
Au toucher l'indolence est aussi la règle. La douleur réveillée à la pression dans quelques cas correspondait, comme on put s'en assurer par l'examen de la pièce, à des parties glandulaires demeurées intactes, parfois à une portion du testicule lui-même, plus souvent à l'épididyme.
C'est même de cette façon, par la recherche de la sensibilité à la pression, que l'on peut avoir, avant l'intervention, quelques notions sur l'état de l'épididyme. 11 est bien rare que le mal soit observé assez près de son début pour qu'il soit possible de reconnaître cette portion de la glande à sa forme et d'en constater, par conséquent, l'intégrité relative; l'existence d'un point sensible dans la région postérieure des bourses permet seulement de la soupçonner.
L'état du cordon est plus aisément appréciable. Il est ordinairement sain. Alors même qu'il est occupé par quelque prolongement de la tumeur principale, on peut encore constater que le canal déférent a conservé sa consistance et son calibre normaux.
La troisième période est celle de la généralisation du mal, aboutissant à la mort du malade. Nous avons dit qu'elle n'était pas constante.
Lorsque la généralisation de l'enchondrome se produit, ce peut être ou bien avant toute intervention, ou bien, et c'est le cas ordinaire, à la suite de l'ablation de la tumeur.
L'intervalle de temps qui sépare l'opération de l'apparition des premiers signes de généralisation varie nécessairement avec l'époque tardive ou précoce, où la castration a été pratiquée.
L'opéré parait se rétablir complètement, mais bientôt il maigrit, pâlit, prend un teint et un aspect cachectiques. Le ventre devient gros, on peut y distinguer, par la palpation, la présence de tumeurs ganglionnaires plus ou moins volumineuses. L'examen de la poitrine, si l'attention est attirée de ce côté, permet quelquefois de reconnaître quelques signes de généralisation pulmonaire.
Parfois, comme dans les cas de Paget et de Dauvé, il se fait une repullulation locale du mal. Chez le malade de Dauvé, elle fut extraordinairement rapide; sept jours déjà après l'opération, bien que la section eût porté sur une partie du cordon, saine en apparence, se montrait à l'aine un bourgeon, dont la nature cartilagineuse fut établi par l'examen anatomique. On trouva de plus à l'autopsie, chez le même malade, un foyer de généralisation dans la colonne vertébrale.
La mort ne tarde pas à survenir dans^ l'épuisement et le marasme. Dans les observations que nous avons sous les yeux, dans celles du moins oii les malades ont succombé, la survie ne dépasse guère cinq mois (cas de Paget, Verneuil, Dauvé).
Il importe d'ajouter immédiatement que nous avons eu surtout en vue, ici, la forme grave de l'enchondrome du testicule. Nous aurons, à propos du pronostic, à nous demander si, à côté de cette variété, il