LYMPHADÉNOME. — SIGNES. MARCHE. DIAGNOSTIC
lequel le néoplasme se généralise, de précieuses indications pour le diagnostic.
L'observation de M. Trélat et la nôtre sont bien instructives à cet égard. On a vu que, dans le premier de ces deux cas, le malade portait déjà en un ou deux points du corps, et particulièrement au front, des tumeurs sous-cutanées, molles, encore petites, sans adhérence à la peau, absolument indolentes, n'offrant aucun caractère qui pût révéler leur m.alignité, et qui pourtant, ainsi que l'avenir le démontra, n'étaient autres que des productions de même nature que la tumeur testiculaire. Lorsque le malade revint, peu de temps après, à l'hôpital, ces tumeurs secondaires avaient pris un grand développement, ainsi que celle du testicule opposé. La mort, qui survint à bref délai, permit de reconnaître dans les tumeurs sous-cutanées, comme dans le testicule, comme aussi dans le foie et dans les os, une seule et même lésion.
Dans notre fait, il ne fut possible de constater, au moment de l'opération, l'existence d'aucune manifestation pathologique autre que la tumeur testiculaire, et pourtant lorsque, quelques semaines plus tard, le malade se présentait à nous de nouveau, avec une récidive dans le testicule opposé, il présentait déjà, sur la tête et au front, des tumeurs sous-cutanées tout à fait analogues à celles observées dans le cas précédent.
M. Trélat a bien montré comment une généralisation se faisant de la sorte, par tumeurs isolées, éloignées du foyer primitif du mal, à une époque où rien encore dans l'état du malade n'indique une cachexie avancée, pouvait singulièrement éclairer le diagnostic.
Nous devons ajouter cependant que les deux observations que nous venons de citer sont jusqu'ici les seules où cet envahissement à distance ait été noté. Il n'a été retrouvé, bien que l'attention ait été attirée sur ce point, dans aucun des trois nouveaux faits que nous avons réunis, non plus que dans le cas plus ancien de Thomas.
Ce caractère n'a donc pas, en raison même de son peu de fréquence, toute la valeur que l'on pourrait croire.
Il devra cependant être toujours recherché, particulièrement chez les malades qui se présentent de nouveau à l'examen , quelque temps après une première opération subie. On remarquera, en effet, que, dans le cas qui nous est personnel, ce ne fut qu'à cette période tardive que les petites tumeurs de généralisation furent découvertes. Toute l'enveloppe cutanée devra donc être minutieusement explorée, avant de consentir à une intervention nouvelle.
Pronostic. Traitement. — Nous avons peu de chose à ajouter aux remarques qui précèdent pour formuler le pronostic et le traitement du lymphadénome.
La gravité du pronostic ne saurait être exagérée. De tous les néoplasmes du testicule le lymphadénome est peut-être celui qui offre le plus de tendance à une rapide généralisation. Celle-ci est d'autant plus redoutable qu'elle peut se faire presque silencieusement, frappant profondément les viscères, et ne se révélant que tardivement par des signes appréciables. Relativement heureux sont les cas où l'envahissement des tissus cutanés vient avertir le chirurgien et mettre à temps obstacle à une opération inutile.
L'intervention serait au contraire justifiée, alors même que le diagnostic de lymphadénome aurait été posé, si Ton ne peut découvrir aucun indice d'infection générale de l'économie. Il est, en effet, permis d'espérer qu'en opérant en temps opportun, on mettra le patient à l'abri du mal et de ses suites.
ARTICLE V tumeurs diverses.