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Fibrome

Cruveilhier (1) a donné, dans son Traité d'Anatomie pathologique, la description d'un cas de fibrome du testicule, recueilli dans le service de Marjolin, à Beaujon. La tumeur avait deux fois le volume d'une glande normale ; elle était très lourde , dure à la coupe et criait sous le bistouri ; elle avait l'aspect d'un fibrome utérin, et était entièrement composée de faisceaux de tissu fibreux entre-croisés et disposés en lobules.

Curling qui rappelle ce fait en rapproche celui de Paget (2) ; la tumeur dans ce cas mesurait près de 6 pouces sur 4 ; elle s'était développée, en sept ans, chez un homme de trente-sept ans, bien portant d'ailleurs, et était contenue dans l'albuginée, qui l'enveloppait de toutes parts.

L'état de la substance glandulaire n'est pas explicitement indiqué dans ces deux observations. Dans celle de Warrington Haward, citée

(1) Cruveilhier (J.), Traité d'Anat. pathol. générale. Paris, 1856, in-8, t. III, p. 751 et Atlas d'Anat. pathologique. Paris, 1830-1842, in-fol., liv. Pl. I, fig. 3.

(2) Curling, Traité, etc., 4« édit. angl. Londres, 1878, p. 391.

TUMEURS DIVERSES. — FIBROME.

également par Curling, il est expressément dit que le fibrome, nédel'albuginée, avait laissé complètement intact le parenchyme glandulaire.

Sur une pièce conservée au musée de Zurich (Kocher), la tumeur avait évidemment pris naissance dans le rete testis ; de là elle avait pénétré dans la tête et le corps de Tépididyme, respectant la queue de cet organe et les parties restantes du testicule.

La disposition était analogue sur un testicule enlevé par Fergusson (i) à un jeune homme de 21 ans. La tumeur, du volume d'une noisette, occupait la partie supérieure et antérieure de la glande ; elle adhérait par sa face externe à l'albuginée, et pénétrait dans l'épaisseur du parenchyme testiculaire, dont elle était séparée par une limite très nette.

Péan (2) représente dans son Trailé des tumeurs de l'abdomen, et

Fig. 84. — Tumeur fibreuse du testicule Fig. 85. — Coupe de la tumeur précé- (schéma de la vue extérieure). deute (2/3 grandeur).

nous reproduisons ci-contre, d'après lui, un fibrome du testicule, développé chez un homme de trente-huit ans; la tumeur avait tous les caractères du fibrome pur.

A cette énuméralion pourrait se borner l'histoire du fibrome du testicule. Nous laissons évidemment de côté les cas de sclérose du testicule dans lesquels l'accumulation du tissu fibreux est d'origine inflammatoire (v. Orchite chronique. Atropine du testicule). Nous consi-

(1) Speucer Watson (F^ergusson), Disease of tlic testicle {Transact. of the patholog. Soc. ofLondon. Londres, 1869, t. XX, p. 248).

(2) Péan (J.), loc. cit., p. 449.

dérerons aussi à part (v. Tumeurs de la vaginale) les tumeurs, de même structure, développées à la face interne, ou dans l'épaisseur de la vaginale.

On voit, en somme, que les fibromes du testicule, observés le plus souvent chez des sujets relativement jeunes, prennent naissance, soit dans l'albuginée, soit dans le rele testis. Le testicule est ordinairement respecté en tout ou au moins en partie ; dans le cas de Péan le tissu fibreux paraissait cependant avoir envahi la glande entière. Ces tumeurs peuvent devenir gênantes par leur volume et par leur poids; elles ne causent pas d'autres troubles.

Le diagnostic que l'on en peut faire n'est jamais assez précis pour qu'il ne soit pas prudent de procéder à une intervention chirurgicale, dès que l'insuffisance du traitement interne aura été reconnue. Celui-ci sera, en effet, toujours au préalable mis en œuvre. Il sera dirigé dans le sens d'une tuméfaction de nature syphilitique; le testicule syphilitique étant de toutes les affections de la glande séminale celle qui a avec le fibrome le plus de rapports extérieurs.

Si le traitement spécifique échoue, c'est à la castration que l'on aura recours. Il sera, en effet, le plus souvent impossible de se borner à enlever la tumeur, en respectant la glande.

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