‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 10 sur 175 · II. — Surfaces pulmonaire et digestive · texte numérisé non relu

II. — Surfaces pulmonaire et digestive

De tout temps on a considéré les surfaces pulmonaire et intestinale comme les portes d'entrée principales des maladies infectieuses, en se fondant d'une part sur les localisations des premières modifications morbides (tuberculose pulmonaire, maladie des trieurs de laine à Bradford, charbon intestinal), et d'autre part sur les conditions étiologiques relevées par l'épidémiologie (propagation de la fièvre typhoïde ou du choléra par l'eau de boisson). La pathologie expérimentale a d'ailleurs maintes fois mis en relief le rôle absorbant de ces deux surfaces à l'égard des agents infectieux. Gamaleia a démontré que le vibrion Metschnikovi envahit l'organisme des poules et des pigeons par la voie pulmonaire (14), et Bucuner a communiqué le charbon à des souris blanches en les faisant respirer dans une atmosphère dans laquelle on avait répandu préalablement des spores desséchées de bactéridies (15). Enfin, l'on sait par des expériencee aussi nombreuses que précises , combien il est facile de réaliser l'infection tuberculeuse locale et générale en nourrissant les animaux réceptifs avec des aliments souillés de matières tuberculeuses.

Les tendances actuelles portent à réduire le rôle du poumon au profit de l'intestin dans l'absorption des agents infectieux. Nous persistons à croire que tous les germes morbides soulevés avec les poussières peuvent pénétrer par la voie pulmonaire; ces dernières ne traversent-elles pas les parois alvéolaires, et pourrait-on dénier aux agents virulents animés une aptitude qui appartient aux corpuscules inertes ?

A vrai dire, la voie par laquelle s'effectue la contamination est restée jusqu'aujourd'hui lettre close pour la plupart des maladies infectieuses. On ne peut se refuser à admettre que nombre d'agents pathogènes, notamment ceux des fièvres éruptives, pénètrent dans le corps par l'air atmosphérique. Mais sont-ils déglutis et absorbés par la muqueuse digestive, ou s'introduisent-ils dans les voies respiratoires pour forcer les parois bronchiques ? Le catarrhe pulmonaire qui prélude si constamment aux manifestations caractéristiques de la rougeole et de la variole, nous fait incliner vers cette dernière altornative. Mais on ne sait rien de précis à cet égard, et pourtant cette question est loin d'ôtre indifférente.

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