Nicolas, cité par Haeser, p
4. Rambaud. — Sw la fièvre putride et maligne qui a régné à Vhôpit. mil. de Scdm
pendant l'hiver de Vannée 1776-1777. (Journal de méd. mil., publié par ordre du roi, 1783, t. II, p. 480.)
o. Haeser, loc. cit., p. 571-572.
G. Eisenmann. — Die Krankheits-Familie Typhus. Er\3iX]gen, 1835.
§2. — HISTORIQUE DE LA FifiVRE TYPHOÏDE
Nous ne savons rien sur la fièvre typhoïde dans l'antiquité ou le moyen âge. Il est cependant certain que son origine n'est point moderne, comme ont essayé de l'établir quelques écrivains (1). Beaucoup moius expansive que la peste, le typhus exanthématique et la dysenterie, qui furent les maladies dominantes pendant les trois derniers siècles, elle resta comme
1)K \A KUOVUK TYPHOÏDE 347
efTacée an. milieu de ces grandes épidémies qui ;\ elles seules absorbèrent presque toute l'attention, et qui tiennent la plus large place dans les documents médicaux se rapportant à ces époques. Mais dans ces documents mêmes, nous trouvons à chaque pas son signalement esquissé dans des traits qui sulllsent à la faire reconnaître. Ici, c'est au nom de la clinique qu'on oppose au typhus exanthématique certaines fièvres qui s'en séparent par une durée plus longue, par la diarrhée, l'absence ou l'exiguïté de l'éruption, la faible contagion (Fkacastor, Willis, Hoffmann, Huxiiam). Ailleurs on fait ressortir cette opposition au moyen de caractères anatomiques destinés plus tard à devenir décisifs, tels que des pustules ou des perforations de l'intestin grêle, de la tuméfaction des ganglions mésentériques (Spigel, Willis, Lancisi). Eufin, il n'y a pas jusqu'à la thérapeutique elle-même qui, dans l'emploi du quinquina, n'apprît à discerner parmi les lièvres continues certaines formes qui n'étaient point justiciables de l'écorce du Pérou, et qui, d'autre part, étaient bien distinctes du typhus contagieux (Torti, Pringle).
On ne peut douter que depuis près de quatre siècles, la fièvre typhoïde ne fasse partie des maladies populaires, déguisée sous les diverses dénominations qui encombrent l'ancienne pyrétologie. Elle fut incontestablement mêlée à la plupart des grandes épidémies de typhus, depuis Fracastor jusqu'au commencement de ce siècle, ainsi qu'en témoignent les nombreux documents réunis dans le compendium de H veser (2).
Mais la pathologie humorale était impuissante à fonder l'individualité de cette affection; et malgré les tentatives réitérées de nos devanciers, elle devait rester confondue soit avec le typhus, soit avec les fièvres palustres jusqu'à la naissance de l'anatomie pathologique. C'est en effet à cette dernière qu'il appartenait de fournir une base solide à la nosographie des fièvres : la découverte de la lésion des plaques de Peyer fut le premier fruit des recherches anatomiques inaugurées à l'Ecole de Paris au commencement de ce siècle, elle constitue un des titres de gloire de l'Ecole française. C'est à partir de cette date que cesse l'imbroglio entretenu pendant si longtemps dans la pyrétologie, par les classifications fondées uniquement sur la symptomatologie ou les conceptions humorales. C'est un fait dorénavant acquis à la science, qu'à côté du typhus et des fièvres à quinquina, il existe une troisième pyrexie caractérisée par l'altération des plaques de Peyer, et à laquelle Louis impose le nom qu'elle a conservé depuis de fièvre typhoïde.
Les travaux de l'École française suscitèrent partout un véritable enthousiasme, et bientôt de nombreuses publications, qui surgirent sur tous les points de l'Europe, témoignèrent de l'extrême fréquence et de l'ubiquité de la fièvre typhoïde. Cette abondance des matériaux accumulés
^■^ IJES FIKVllliS CO.NTINUHS
sur la courte période de 1830-1840, fit croire un instant qu'il s'agissait d'une espèce morhide nouvelle; en réalité, c'était sa connaissance qui était de date récente, car la liôvre typi.oïde comprenait presque tout n que les temps passés nous avaient légué sous les noms de fièvres putride bilieuse, muqueuse, adynamique, ataxique, etc.
Pendant plusieurs années, ces dénominations sont encore employées par les épidémiologistes. Mais dans leur esprit, elles s'appliquent simplement aux nombreuses formes de la même maladie dont l'unité est admise par tous, en dépit de la diversité de ses manifestations cliniques.
Si l'histoire scientifique de la fièvre typhoïde ne remonte pas au delà de deux ou trois siècles, son expansion géographique est, pour ainsi dire, illimitée; elle a été observée sur presque tous les points du globe, depuis l'équateur jusqu'aux régions polaires, dans l'ancien comme dans le nouveau continent. Sa prédominance bien connue dans les climats tempérés relève de la densité plus grande des populations groupées sous ces derniers, ainsi que de la facilité avec laquelle les maladies infectieuses s'y répandent grâce à la rapidité des communications. Dans la conviction que rénumération des régions qui ont subi ou qui subissent les atteintes de la fièvre typhoïde serait plus fastidieuse que profitable à l'étiologie, nous nous bornerons à présenter quelques observations sur sa fréquence et sa répartition géographique en France.