DÉCÈS
1874 :parf.typh. 144; par paludisme 108
1881 :parf. typh.818; parpaludisme 214
1883 — ICo — 70
Enfin, la morbidité comparative des deux pyrexies typhoïde et palustre
Di:S FIÈVRES COiSTlNUES
pour ces dernières aimées, dépose exactement dans le même sens que la mortalité.
II nous paraîtrait oiseux de revenir ici sur la question si longtemps controversée de l'antagonisme entre ces deux affections. Si, parallèlement aux progrès continus de l'une, l'importance de l'autre n'a cessé de décroître, il ne faut pas en chercher la raison dans une action antagoniste entre elles, mais dans la lente substitution des causes de la dothiénentérie à celles de la malaria. Sur les surfaces marécageuses se sont élevées des cités florissantes ; de vastes territoires abandonnés à eux-mêmes pendant des siècles et justement redoutés pour leurs émanations fébrigènes sont devenus inoffensifs, grâce au défrichement et aux grands travaux d'utilité publique qui ont été exécutés après la conquête.
La civilisation a chassé le paludisme, mais elle aussi porte en elle ses causes de destruction, la fièvre typhoïde en est une des plus graves.
Il n'est aucune localité de l'Algérie où cette maladie ne soit endémique. Elle règne d'une façon presque ininterrompue dans les villes et dans les camps temporaires ou permanents ; elle suit les troupes dans les expéditions lointaines, où elle devient souvent imposante par le nombre et la gravité des atteintes.
Elle parait inégalement répartie dans les trois provinces : les dernières statistiques nous la montrent plus fréquente et plus grave dans la province d'Oran que dans les deux autres. Trois garnisons y sont surtout éprouvées par elle : Sidi-bel-Abbès, Oran, et à un moindre degré le Kreider.
Il est difficile de donner la raison de cette prédilection pour certaines localités ; elle est peut-être purement accidentelle. En ce qui concerne Bel-Abbès, les atteintes réitérées de cette ville tiennent sans doute à la composition de sa garnison, dans laquelle n'entrent guère que les deux régiments étrangers. Ouverts en permanence à l'enrôlement des jeunes soldats qui ont à subir la double épreuve de l'acclimatement et de l'entraînement militaire, ces deux corps peuvent être considérés comme un milieu éminemment propre à fomenter la fièvre typhoïde.
En Algérie comme en France, les foyers typhogènes varient d'une époque à l'autre; chaque année, l'implacable fléau porte ses atteintes sur une série de villes différentes de celles qu'il a éprouvées l'année précédente. Certaines années, comme et 1883, sont marquées par le nombre exceptionnel de garnisons frappées à des degrés divers par lui. Entre ces périodes d'expansion plus ou moins générale, il y a des accalmies, c'est-àdire des années privilégiées comme 1885, où il n'y a eu depidémie presque nulle part.
La fièvre typhoïde d'Algérie remporte par sa fréquence et sa gravité
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MALADIES Él'IDÉMiyUES.
sur celle de France, tel est son trait le plus saillant*. Il y a longtemps que la statistique militaire met en relief cette notion si contraire à l'hypothèse de Boudin, et les tracés que l'on trouve ci-contre (V. 433) l'expriment d'une manière saisissante.