‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 29 sur 175 · LIVRE II DES MALADIES DITES SAISONNIÈRES · texte numérisé non relu

LIVRE II DES MALADIES DITES SAISONNIÈRES

La subordination de la fréquence et de la nature des maladies annuelles à la succession des saisons est une des notions les plus anciennes de la médecine. Mais nulle part, sous aucun climat, cette relation n'est aussi étroite que dans ce grand bassin de la Méditerranée qui a été le berceau de toutes les sciences, et où furent relevées les premières observations médicales.

Le retour régulier des principales maladies dans les mêmes saisons devait profondément impressionner le plus grand observateur de l'antiquité. Il inspira à Hippocraïe une doctrine étiologique dans laquelle les influences météoriques sont constamment mises au premier rang. Bien que le traité des airs, des eaux et des lieux indique que le médecin grec connaissait ou du moins pressentait le rôle du sol et de l'eau dans la genèse des maladies populaires, il est cependant certain qu'il attribuait une action prépondérante aux modifications de l'atmosphère, telles qu'elles se succèdent à travers les saisons et les climats.

Dans sa pensée, ces modifications impriment au corps des changements successifs, plus ou moins profonds, dans lesquels les maladies puisent leur origine, leur cachet et leur gravité. C'est sur cette base qu'est fondée la doctrine des constitutions pathologiques, correspondant à des états particuliers de l'atmosphère. Une pareille conception a suffi à la médecine pendant de longs siècles, et, en vérité, elle était bien faite pour s'adapter au retour périodique des maladies les plus communes au cours des saisons et des années.

Cette doctrine est simple et grande; elle exprime un fait profondément vrai : la relation des maladies annuelles avec les saisons. La médecine antique, réduite aux seules données de l'observation clinique, préoc-

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cupée par nécessité de découvrir ce qui rapproche et non ce qui distingue les états morbides, ne pouvait aller au delà de cette formule générale; son étiologie devait être synthétique comme sa conception de la maladie.

C'est à la médecine moderne, armée des notions de la contagion, de l'infection, de la spécificité morbide, qu'il appartenait d'apporter la lumière de l'analyse dans cette étiologie si compréhensive de la médecine grecque.

L'infection et la contagion, à peine entrevues par les anciens, ont réduit peu à peu au cours de ces deux derniers siècles le rôle abusif des météores, et contribué puissamment à fonder au nom de l'étiologie la iamille de plus en plus envahissante des maladies spécifiques.

Mais ce lent travail d'analyse a laissé comme reliquat un groupe ■d'affections mal définies dans leur nature et dans leurs causes, auxquelles, ■en raison de cette circonstance, les doctrines régnantes ont dénié toute spécificité, et qu'elles ont continué jusque dans ces derniers temps à rapporter à des influences banales parmi lesquelles les météores tiennent le premier rang. Ce sont les maladies dites saisonnières. Elles figurent dans nos nomenclatures sous les titres de catarrhes aigus des muqueuses, de pyrexies légères (fièvres gastrique, herpétique, éphémère), {enfin de phlegmasies plus ou moins profondes, intéressant les parenchymes ou les séreuses. Elles représentent en quelque sorte le dernier vestige de l'étiologie antique , elles seules ne se sont pas encore complètement affranchies du dogme hippocratique, qui s'y est conservé avec toute sa signification primitive.

Nous commencerons leur examen par le groupe des affections catarrhales, peu graves en elles-mêmes, mais que leur importance numérique €t leur signification pathologique désignent tout d'abord à notre attention.

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