I. — Fièvre éphémère
Cette petite pyrexie, aux allures si vives, aux symptômes si bruyants, se termine toujours d une façon heureuse vers le deuxième ou le troisième jour. Assez commune au printemps, elle a pu, faute d'une étiologie plus précise, être rapportée aux perturbations météoriques si fréquentes en cette saison.
Mais elle survient à toutes les époques de l'année, et dans les conditions atmosphériques les plus opposées. Elle se montre d'autre part isolément ou associée au règne de la fièvre typhoïde, sans pouvoir être rattachée dans ce cas à cette dernière par des faits de transition de lune à l'autre.
Cette indépendance, d'une part vis-à-vis du froid et du chaud, d'autre part vis-à-vis de la seule pyrexie à laquelle elle pourrait ressortir, est significative. Jugeant par exclusion, nous sommes amené à voir dans cette entité fébrile la manifestation spécifique d'une cause encore inconnue, probablement infectieuse, peut-être d'un poison pyrogène sécrété par un des nombreux micro-organismes établis à la surface de nos téguments internes. Il est certain, du moins, que si le froid et le chaud peuvent jouer à son égard le rôle de causes occasionnelles, ils ne suffisent pas à l'engendrer.