‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 56 sur 175 · I. — Rapports de l'ictère avec les saisons · texte numérisé non relu

I. — Rapports de l'ictère avec les saisons

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Les comptes rendus oiïîciels de l'état sauitaire des armées française et allemande mentionnent chaque année l'ictère sporadique et épidémique parmi les maladies régnantes. L'un et l'autre s'observent indiflé-

reminent dans tous les mois de l'année, paraissent cependant avoir une certaine prédilection pour l'hiver et le printemps, comme en témoigne le tracé emprunté aux statistiques allemandes ci-joint.

Un certain nombre d'épidémies sont signalées chaque année sur les points les plus divers de notre territoire. Leur extension est généralement restreinte, leur évolution passablement lente, leur durée comprise dans une période de six semaines à deux mois. Les explosions soudaines et passagères sont exceptionnelles, la dissémination de l'ensemble des faits sur plusieurs semaines constitue la règle. Enfin, ce sont presque toujours les jeunes soldats de moins de un ou deux ans de service qui sont atteints, particularité relevée dans la plupart des affections infectieuses qui régnent dans l'armée, et à laquelle on peut rattacher les atteintes signalées dans la première enfance par Hennig.

L'évolution saisonnière et épidémique de l'ictère porte témoignage que cette affection ne relève pas dans sa cause prochaine de conditions organiques individuelles ; de pareilles causes n'introduisent guère dans la morbidité d'un groupe que des unités éparses.

L'ictère procède nécessairement de facteurs étiologiques extérieurs, qui seuls sont susceptibles d'agir à un moment donné sur l'ensemble d'une population et de réaliser des effets collectifs.

Et de fait, la cause de l'ictère a été cherchée tantôt dans les vicissitudes

Jcmxrier

Avril

Juillet

Septembre

7. — Évolution mensuelle de la morbidité par ictère essentiel, rapportée à 100,000 hommes d'effectif dans l'armée prussienne, pendant les années 1884-1889. (Établie d'après les Sanitals-Berichl iiber die Kœnigl.

Preussische Arm.ee, 1" avril 1884- 31 mars 1889.)

de l'atmosphère, le froid, la chaleur, l'humidité; d'autres fois dans les défectuosités du régime, dans l'alimentatiou grossière ou avariée ; quelques fois dans les fatigues imposées aux jeunes soldats au début de leur éducation militaire.

Ces différentes circonstances ont sans doute une signification pathogénique réelle, mais par elles-mêmes, qu'on les suppose agir isolément ou simultanément, elles sont impuissantes à produire l'ictère catarrhal.

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