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I. — Pleurésies secondaires

Nous ne nous arrêterons pas longtemps à marquer la signification des pleurésies dites secondaires. Leur nature ne saurait faire l'objet d'aucun doute : une simple énumération suffira à nous édifier à leur égard.

En première ligne, se placent les épancliements consécutifs aux affections de l'abdomen. Il n'est pas rare que des abcès de l'étage supérieur du péritoine perforent le diaphragme et se vident dans la plèvre; telles sont les collections purulentes produites par la périliépatite ou la périsplénite, par les ulcères perforés de l'estomac ou du duodénum, enfin par la périnéphrite ou la pérityphlite.

Dans l'extension de ces processus, l'inflammation du bas-ventre peut aussi se propager par contiguité ou continuité des tissus depuis la cavité abdominale jusqu'à la plèvre, sans que le diaphragme soit perforé, soit par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques de ce muscle, soit par celui du tissu cellulaire interposé entre ses digitations. A ce titre, une pleurésie simple ou double s'associe fréquemment à la péritonite diffuse aiguë.

Quel que soit le mode de propagation, la plèvre s'enflamme toujours au contact des matières septiques qui, de l'abdomen, pénètrent dans sa cavité.

. En deuxième ligne, viennent les états septicémiques généraux. lisse compliquent souvent de pleurésies dues aux agents pathogènes déposés dans la plèvre par la circulation sanguine et lymphatique, ou par les infarctus pulmonaires sous-pleuraux, produits eux-mêmes par des embolies originaires des foyers septiques.

En troisième lieu, nous mentionnerons ces pleurésies métapneumoniques sur lesquelles les recherches bactériologiques récentes ont jeté une vive lumière, et qui par leurs caractères cliniques s'opposent d'une façon si saisissante aux pleurésies ordinaires.

Personne ensuite ne méconnaîtra la véritable nature de ces épanchements qui se développent brusquement au cours du rhumatisme aigu, qui alternent avec les arthropathies, et prennent, en général, les allures fugaces des phlegmasies rhumatismales : ils ont, avec la maladie géuérale, la môme relation que l'endopéricardite, et méritent justement la qualification de pleurésies rhumatismales sous laquelle ils sont décrits.

Non moins connues enfin sont les pleurésies cancéreuses, faciles à reconnaître, non seulement par la nature hémorragique du liquide, mais

encore par les agrégats de grandes cellules graisseuses à vacuoles que l'examen hislologique y découvre (2), ou par les nodules indurés qui se développent parfois au lieu de la ponction (3).

L'histoire de ces pleurésies secondaires se perd dans celle des maladies générales qui les font naître. Elles ne méritent pas de fixer notre attention, car elles ne sont pas en cause, nous ne visons ici que les pleurésies protopathiques, dont la nosographie est encore en grande partie à faire.

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