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II. — Pleurésies primitives

Par l'intérêt de leur histoire clinique, ces dernières se sont de tout temps imposées aux préoccupations des médecins en général. Par leur fréquence dans l'armée et leurs suites possibles, elles se recommandent tout spécialement à l'attention des médecins militaires. Nous les comptons depuis de longues années parmi nos sujets d'étude de prédilection ; il y a dix ans que nous en affirmons la spécificité étiologique dans notre enseignement; et précisant davantage, nous avons démontré depuis longtemps que, dans la grande majorité des cas, elles relèvent de la tuberculose. Cette conclusion se dégage de l'étude de la pleurésie considérée dans ses rapports avec la saison, dans ses manifestations cliniques et dans ses caractères anatomo-pathologiques : triple enquête sur laquelle doit être fondée la nosographie de cette affection.

A. Pleurésies dues à la tuberculose. — a). Leur indépendance relative A l'égard des météores. — Nous avons tout d'abord été frappé de l'indépendance relative de la plupart des pleurésies vulgaires à l'égard des influences météoriques.

Sans doute, il n'est guère de malades qui ne rapportent leur affection à un coup de froid, et cette étiologie banale a suffi au médecin lui-même pendant de longs siècles. On ne peut, il est vrai, méconnaître que la pleurésie, comme la pneumonie, se développe souvent à la suite d'un refroidissement; il n'est jamais venu à la pensée de personne de nier le rôle de ce dernier, il s'agit seulement de préciser son mode d'action. Or, nous avons la conviction qu'il ne peut par lui seul produire la phlegmasie de la plèvre, pas plus qu'il ne suffit à déterminer la pneumonie.

D'ailleurs, si cette cause peut être mise en avant pour une pleurésie qui surprend un individu exposé aux vicissitudes des météores, elle n est plus de mise à l'égard des récidives, très fréquentes, qui surviennent au cours du traitement ou pendant la convalescence d'une première atteinte pour laquelle le malade garde encore le lit ou la chambre.

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b). Leur marche annuelle. — Mais la marche annuelle de la pleurésie est particulièrement instructive à cet égard. Cette maladie n'est point soumise aux poussées épidémiques de la bronchite, de l'angine, de la pneumonie. Sa répartition entre les dilîérents mois de l'année est beaucoup plus égale que celle de ces dernières afiections. Son tracé annuel dans l'armée française, comme dans l'armée prussienne, s'élève un peu plus haut dans les six premiers mois de l'année que dans les six derniers, et son sommet embrasse d'ordinaire les mois de mars, avril et mai. (Voir le tracé n° 8), .

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