MOIS
Fig. 8.
Évolution annuelle de la pleurésie dans l'armée à l'intérieur et en Algérie pendant la période quinquennale 1881-1885.
(Les chiffres représentent des unités morbides rapportées à 10.000 hommes présents.) Intérieur. . . . . , Algérie. „ „ „
Mais la différence entre les deux périodes est loin d'être comparable à celle que comportent sous ce rapport la pneumonie, l'angine, la bronchite.
Ces aiïeclions augmentent d'une manière constante à partir du mois d'octobre jusqu'en avril, qui marque leur fastigium toujours très élevé, f)oijr diminuer ensuite assez brusquement et affleurer la ligne 0 pendant h:^ mois chauds.
De telles allures sont tout à fait étrangères à la pleurésie : sou tracé, toujours assez éloigné de l'abscisse 0, est d'ordinaire représenté par une ligne plusieurs fois brisée que marquent des ascensions brusques ou lentes qui atteignent des hauteurs variables, sans jamais dépasser iO-lo pour 10.000 hommes d'efïectif. L'examen comparatif de son évolution pendant plusieurs années dans une région déterminée montre des maxima €t des minima échelonnés sur les mois les plus divers; rien n'est plus irrégulier ni plus atypique que ces courbes annuelles dont nous donnons ici un exemple pris au hasard dans notre dossier : il concerne la marche de la pleurésie dans la garnison de Paris pendant les années 1881-1884. (Voir le tracé n° 9.)
Avec ces graphiques, nous somme bien loin de cette évolution cyclique qui est le trait dominant des maladies vraiment saisonnières. De toutes les affections rapportées aux perturbations atmosphériques, la pleurésie est certainement celle qui se subordonne le moins à leur influence. 11 y a donc autre chose encore à faire ressortir dans son étiologie que le refroidissement.
c). Leurs caractères cliniques. — La clinique dépose dans le même sens, ses enseignements ne sont pas moins précieux que ceux de l'étiologie. Pour nous en inspirer, nous avons interrogé non pas seulement nos observations personnelles, mais la plupart de celles qui ont été rapportées dans les thèses ou les publications périodiques depuis une soixantaine d'années, soit plus de trois cents faits dus aux médecins les plus autorisés de notre époque. Cette enqu-ête nous a montré combien, dans le plus grand nombre de cas, la pleurésie s'écarte des allures d'une affection purement phlegmasique, combien elle en diïïère par son mode de début, sa marche. c|uelques-uns de ses symptômes, enfin par sa durée et sa terminaison.
Tantôt elle est insidieuse, presque latente dans une partie ou la totalité de son évolution. D'autres fois, ses symptômes locaux et généraux sont bien ceux d'une phlegmasie aiguë, mais la fièvre, par sa marche rémittente, sa ténacité, donne l'image de la fièvre tuberculeuse ; l'épanchement, par ses recrudescences, ses tendances aux récidives, rappelle les allures paroxystiques de la phtisie pulmonaire. Le malade s'anémie, maigrit, et quand enfin il se relève, il est paie, alangui, impropre au service pour le moment', quelquefois pour toujours.
DE LA rLEURl'^SIE
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