IX. — CARACTÈRES CLINIQUES COMMUNS DES MALADIES SAISONNIÈRES
Cliniquement, les maladies saisonnières présentent un certain nombre de caractères communs au plus grand nombre d'entre elles, mais qu'on a voulu trop gratuitement leur imposer à toutes. De ces caractères, le principal est l'irritation hypérémique des muqueuses, thoracique en hiver, intestinale en été ; il en résulte la sécrétion d'un liquide muqueux, généralement limpide au début, prenant peu à peu les apparences de muco-pus ; cette sécrétion constitue, aux yeux mêmes du vulgaire, le caractère spécial du groupe saisonnier calarrhal ; l'irritation sécrétoire des muqueuses est en général très-étendue, comprenant tout un appareil, mais elle est trop superficielle pour entraîner, ordinairement, des lésions bien tenaces ; l'exfoliation épilhéliale, l'élimination des glandes superficielles peuvent en être la conséquence, mais l'altération ana-, tomique ne devient profonde et définitive que dans les conditions
climaliques susceptibles de perpétuel- l'inflLience palhogénique.
11 est facile de voii' que ces caractères cliniques ne sont susceptibles d'application qu'à celles des maladies saisonnières qui affectent les muqueuses, aux maladies catarrhales proprement dites : bronchite, dysenterie, angine. Ilssont complètement nuls dans une masse d'autres affections, qui cependant proviennent des vicissitudes atmosphériques : rhumatismes articulaires, musculaires, névralgies, érysipèles, etc., et qui appartiennent aussi légitimement que les précédentes au groupe des maladies saisonnières.
Les partisans de la doctrine catarrhale (1) ont cherché à unir plus intimement encore les différents processus morbides entraînés par les météores, en insistant sur la prétendue constance de certains phénomènes généraux, qui accuseraient l'atteinte de l'organisme entier, avant la manifestation des lésions locales ; ce serait un mouvement fébrile plus ou moins violent, à rhylhme intermittent, accompagné d'érélhisme nerveux, et d'une extrême sensibilité aux agents atmosphériques. Il est certain que, dans nombre de ces affections : bronchite, angine herpétique, fièvre gastrique, érysipèle, rhumatisme articulaire, etc., le début de l'affection locale est marqué fréquemment par des troubles généraux, dont le principal est la courbature fébrile, et dont la lésion locale semblera plus tard être la crise. Mais que d'affections saisonnières: dysenterie, choléra noslras, angine, phlegmon, et même bronchite et rhumatisme, dans lesquelles il n'existe aucun de ces symptômes généraux, et où, d'emblée, la maladie se révèle par les phénomènes locaux. L'organisme ne subit donc pas d'une manière uniforme l'influence des météores, et l'on a exagéré, en considérant les diverses maladies saisonnières comme les résultats, variés seulement dans leur localisation, d'une même affection générale.