‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 121 sur 195 · I. — AFFINITÉ ENTRE LES ÉPIDÉMIES ET LES ÉPIZOOTIES · texte numérisé non relu

I. — AFFINITÉ ENTRE LES ÉPIDÉMIES ET LES ÉPIZOOTIES

Cette affinité est certaine et date de fort loin.

Durant la grande épidémie qui ravagea l'Egypte l'an 2243 de l'ère ancienne, il y eut simultanément épizootie : et erant super honn'nes et quadrvpeda, ulcéra., vesicx effervescentes (1).

De même dans la maladie peslilenlielle qui ravagea la campagne de Rome en l'an 461 avant l'ère chrétienne, épizootie meurtrière sur les chevaux, les bœufs, les chèvres et les moutons : pene omne quadriipedum genus absumpsit (2).

« D'après un rc'evé fait par divers auteurs, notamment par Paul Heusinger et Verheyen, la chronologie des épidémies et des épizooties, depuis l'antiquité jusqti'au quatrième siècle de notre ère, offre ce fait remarc uable, que sur 18 maladies générales dont l'histoire a conservé la tradition, 16 furent communes aux hommes et aux animaux. De l'an 376 de noire ère jusqu'à la fin du quinzième siècle, les chroniques mentionnent 134 maladies épidémiques ou épizooliques, qui se sont généralisées. Sur ce total, 29 sont exclusivement épidémiques, 43 épizooliques, et 62 communes aux hommes, aux animaux domestiques et même aux bêtes fauves (3). »

L'histoire des grandes épizoolies, comme celle des grandes épidémies, est étroitement liée à l'histoire des nations. Le professeur J. Reynal en donne la preuve en retraçant les phases principales de la peste bovine ; depuis sa première apparition en Europe, où il fut importé par les Huns, en l'an 376 de notre ère, ce fléau s'attache • aux armées comme une véritable épidémie de guerre, les suivant dans leurs marches et leurs contre-marches ; il devient commun surtout à partir de l'époque oti la Russie, son foyer originel, prend ua rôle important dans les événements européens, renouvelant à chaque lutte les chances de contamination des troupeaux de toutes les puissances alliées ou ennemies.

En certains cas la coexistence des épidémies et des épizoolies

n'a rien de mystérieux.

(1) Moïse, Exode, cliap. ix.

(2) Denys d'Halicarnasse, Opéra omnia, t. I, p. 594.

(3) Keynal, Traité de la police sanitaire des animaux domestiques. Paris, 1873, p. 82.

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