‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 130 sur 195 · IV. — AFFECTIONS RÉNALES ET CUTANÉES DES PAYS CHAUDS · texte numérisé non relu

IV. — AFFECTIONS RÉNALES ET CUTANÉES DES PAYS CHAUDS

l' Reins. — D'après ses recherches sur le poids des reins de quelques personnes qui avaient résidé plusieurs années aux Indes orientales, Dundas a considéré comme une loi l'atrophie de ces organes par le fait du séjour dans les climats chauds. Cette diminution fonctionnelle et anatomique des organes uro-poïéliques, conséquence principale de la suractivité de la peau, ne suffit pas à placer l'individu à l'abri de manifestations pathologiques vers ces organes ; mais, dans la majorité des cas, ces manifestations sont secondaires ; les altérations les plus graves des reins ou de leurs fonctions sont surtout, en ces pays, les conséquences de deux maladies générales : 1" d'une pari, la fièvre pernicieuse hématurique, dont l'une des principales lésions est l'augmentation de voume des reins avec foyers apoplectiques interstitiels; d'autre part 1 affection connue sous le nom d'hématurie endémique.

Il suffit de remarquer que, dans la fièvre pernicieuse hématunque, la congestion et l'hémorrhagie rénale ne résultent point d un processus actif comparable à celui de l'inflammation, et qu elles se produisent, comme les hypérémies dyscrasiques, sans douleur locale, sans tendance à la suppuration, qu'elles dépendent de Imtox.cation palustre, pour admettre qu'elles ne se ratachent nullement à une lésion originelle du rein. Quant à l'hématurie endémique des pays chauds, le point de départ est loin aussi d en être local; les divers hématozoaires auxquels il semble rationne de la rapporter ne sont même pas spéciaux aux réseaux vas-

l °" paraissent constituer une

infection générale de l'organisme {filariose).

aL^T' r; observations, résumées par A. Hirsch,

démontrent la bénignité relative de certains traumalismes dans les pays ctiauds. Les plaies non contuses, sans dilacération des tissus, les blessures par arme blanche, les plaies d'amputation, guérissent plus rapidement en ces cUmats que dans les climats tempérés et

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surtout que dans les climats froids. Pendant nos campagnes d'Afrique, la mortalité des amputés a été souvent remarquablement faible.

Des faits du même genre ont été cités récemment par Jules Rochard, qui, d'après des exemples empruntés aux expéditions récentes des Français dans le Sénégal, des Anglais en Guinée, et des Hollandais contre l'empire d'Atchin, a prouvé la rapidité habituelle du travail de cicatrisation, la rareté des érysipèles, des phlegmons diffus, de l'infection purulente (1) : nous ne pensons pas que cette influence climatique tienne à la destruction par la chaleur des parasites auxquels on a attribué la fréquence en nos pays des complications traumatiques ; nous attribuons ces heureux résultats, d'une part à la douceur de l'atmosphère (Voy. p. 285, n. 2), comme paraissent l'indiquer les succès obtenus en France par l'élévation de la température autour du membre amputé (incubation de Guyot); d'autre part, à la possibiUlé d'entretenir une aération constante autour du malade, et de le soigner en toute saison sous la tente, et presque en plein air.

Nous verrons néanmoins que la peau devient souvent, dans les pays chauds, le siège anatomique de lésions parfois très-graves, que ces lésions soient constituées par des boutons (2) ou par des plaies de mauvaise nature (3).

Nous n'avons à parler ici que des éruptions qui, ne dépendant d'aucune influence endémique, d'aucune cachexie, sont la conséquence à peu près exclusive de la chaleur, et qui, par conséquent, se retrouvent, à des latitudes égales, avec des caractères analogues au point de vue de leur fréquence et de leur détermination anatomique.

La plus commune, parmi ces éruptions, est une variété d'eczéma connue sous les noms d'eczéma tropical, de lichen tropicus, et plus vulgairement, suivant les pays où on l'observe, de bourbouille, de gale bédouine, de bouton du Nil; c'est le prickly-heat des Indes orientales. Déterminée par la suractivité des fonctions de la peau, sous l'influence de la température ambiante, cette affection est entretenue et aggravée par la sueur elle-même ; les démangeaisons défi) Jules Rochard, Influence du climat et de la race sur la marche des lésions traumatiques et la gravité des opérations chirurgicales, iii Bulletin de l'Acad. de méd., t. VI. p. 439, 1877.

(2) Voy. chap. x, Boutons de biskra, etc.

(3) Voy. chap. vu, Phagédénisme des pays chauds.

viennent plus vives chaque fois que le moindre exercice ou seul ment la chaleur du lit occasionne un mouvement su'doral nl„« marqué. ^

L'éruption se manifeste avec des degrés différents de fréquence et d'mtensité suivant les latitudes. A la limite méridionale des climats tempérés, en Espagne, en Italie, elle est constituée par une efflorescence vésiculeuse reposant sur des surfaces rosées quelquefois sur des papules ; elle n'apparaît que pendant les jours es plus chauds de l'année, en juillet et en août ; elle ne dure é<^aement que quelques jours, cinq ou six en moyenne, comme Dauvé

d^.8"q M r Lombardie durant l'été

de 18o9 (1). Ce n est donc qu'une indisposition très-passagère et qui même, durant cette guerre, a semblé conférer une cer lame immunité à l'égard de maladies plus graves, notamment de là djjentene Elle n'atteint en général, à cett^e latitude, que es nd ! vidus privés d'abri contre l'irradiation solaire, ou n'ayant po" e pro éger que des tentes en toile dont l'atmo;phère devi ntTus brûlante que l'air ambiant; d'où sa fréquence relative en Se dermere campagne, sur divers corps obligés de bivoJaler dan des beux entièrement privés d'ombra^ Pendant nn .. de trois ans à Rome et à Civita^Yecchia. nous ' n ZolnZ . ussi cbez nos soldats, mais relativement beaucoup p^ r e qu el e ne 1 avait été en Lombardie; iniquement sans dou I p "e

P. aieTméV^r^ ^^"^ occupaient Rome et Civile L } passaient 1 été dans leurs casernes

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mnee. Au lieu de suflusions scarlatiniformes et de LÉON CoLm. - Malad. épidém. 33

papules vésiculeuses, l'éruption devient souvent buUeuse, echthymateuse. En général, cependant elle demeure apyrétique, mais elle occasionne d'insupportables démangeaisons nocturnes; et souvent, aulieu de conférer quelque immunité pathologique, elleajoute une insomnie complète aux autres causes de débilitation subies par l'organisme.

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