‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 134 sur 195 · al.ondance d p„ en s"dtrT · texte numérisé non relu

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(2) N. Guéneau de Miiq«v m.-^s ....

éclatent subitement. On comprend que la nature de l'excitation qui entraîne ces accès puisse varier, vu la différence des symptômes observés, tel individu étant plus spécialement atteint de conjonctivite, tel autre de coryza ou de bronchite, en sorte que, suivant les cas, l'impression de la lumière ou celle de l'atmosphère chargée de poussières irritantes sera plus ou moins pénible.

A côté de ces influences variables, il en est dont la constance plus grande paraît indiquer le rôle prédominant dans l'étiologie de la fièvre de foin et dans ses paroxysmes. Ce sont les variations thermiques et hygrométriques de l'atmosphère. Les chutes ou les élévations brusques de température, les brouillards agissent indifféremment sur les manifestations oculaires, nasales, laryngées, bronchiques de l'affection ; comme si, en toutes ses formes, elle était surtout une maladie à frigore.

Y a-t-il une cause plus spécifique ? On connaît le fait d'Helmholtz ; atteint depuis plusieurs années de fièvre de foin, ce physiologiste aurait, par l'emploi topique du sulfate de quinine, détruit les vibrions dont fourmille le mucus nasal dans cette affection, et obtenu ainsi une rapide guérison (1).

Cet exemple est devenu célèbre ; quelques autres ont été publiés (2), et ont servi d'appoint aux auteurs qui ont prétendu expliquer l'action des sels de quinine par leur vertu parasiticide. Nous sommes loin d'être convaincu par ces observations : indépendamment de leur puissance toxique sur les organismes inférieurs, les sels de quinine agissent topiquement sur les muqueuses enflammées, et nous en avons donné la preuve (3). A la surface d'une muqueuse soumise au contact de l'air, comme celle du nez et des voies respiratoires, on aura toujours chance de rencontrer grand nombre de microorganismes; il en est, à cet égard, des sécrétions de la coqueluche et de la diphthérie comme de celles de la fièvre de foin; mais ici surtout la théorie parasitaire semble d'autant moins admissible que sa consécration principale fait défaut, la maladie n'étant pas contagieuse.

2° Catarrhe automnal. — "En 1872, un médecin américain, M.^\y-

( 1) ytVc/iOw'J i4»'c/"'f , Band 4G, 18G9.

ti) Patton médecin américain, aurait reconnu la présence de granulations arrondies, jaunâtres, très-réfringentes et réunies en chapelet dans le mucus nasal d'une femme atteinte d'une fièvre de foin [Revue des se. méd., t. \, 1877,

^' Stéon Colin, Éludes sur les sels de quimne,lia Bull, de thérap. méd. chir., 15 et 20 juillet 1872.

ÉPIDÉMIES D'ORIGINE MÉTÉORIQUE. 53g

man, a publié sous le litre de Catarrhus autumnalis, auiumnal catarrh (1), la description d'une affection connue, celle-là aussi dans le peuple, sous le nom de Hay fever, fièvre de foin, mais qui, au lieu d'apparaître aux approches du solstice d'été, se manifeste à la fin des chaleurs, au début de l'automne, du 20 août à la dernière semaine de septembre.

Suivant l'auteur, cette affection constitue une espèce morbide spéciale, que l'on ne doit confondre ni avec les formes vulgaires du catarrhe, ni même avec le catarrhus œstivus, la fièvre de foin d'Angleterre; pour cette dernière distinction, il ne s'appuie pas seulement sur la différence de date des manifestations annuelles de ces deux formes de hay fever, mais il invoque tous les éléments (symptômes, étiologie, indications diagnostique, prophylactique, etc.) qui constituent la physionomie de Vautumnal catarrh, et qui peuvent concourir à en faire une affection sui generis (voy. ci-après, p. S37).

Cette maladie est remarquable, en premier lieu, par l'exactitude de son retour annuel, vers le 20 août. Des (naïades ont vu, durant de longues séries d'années, leurs catarrhes reparaître constamment le même jour (parfois à la môme heure?). L'auteur, qui figure au nombre des patients, est un type de cette régularité des atteintes annuelles depuis 1833.

Même régularité, tous les ans, dans la durée de l'affection qui accompHt son évolution en quatre semaines, et se termine à la fin du mois de septembre, à l'époque des premières gelées.

Il en est de même, d'après Wyman, des Hmites géographiques du catarrhe automnal qui serait assujetti à de véritables lois d'endémicité. Il ne se manifeste ni dans le nord de l'Amérique septentrionale (Canada), ni dans les provinces du sud et de l'ouest des Etats-Unis. Nous ne pouvons indiquer, point par point, les barrières que ne franchit pas cette affection; mais nous résumons d'une manière à peu près exacte les détails géographiques fournis par notre confrère, en assignant à Vautumnal catarrh les limites suivantes : i''AVest: la partie du littoral atlanlique des États-Unis comprise entre le 37o latitude nord (côtes de Virginie) et le 45° latitude nord (hastport, Maine); Boston et New-York sont les deux principales villes englobées dans cette zone du littoral.

2° Au nord : la ligne des montagnes Blanches, puis celle des grands lacs qm séparent les Étals-Unis du Canada. 3° A l'ouest: une ligne descendant de Saint-Paul (Minnesota),

(1) MorriU Wyman, Autumnal catarrh. New- York, 1872.

près du lac Supérieur, jusqu'à Saint-Louis (Illinois), presque au confluent du Missouri et du Mississipi.

4° Au sud: une ligne parallèle h l'Équateur, se dirigeant de Saint- Louis vers les côtes de Virginie.

Cette influence pathogénique des lieux serait telle que, chez celui qui a été atteint une fois, le catarrhe reparaîtra fatalement chaque automne suivant, quelle que doive être la durée de l'existence, mais à une condition: c'est qu'à l'époque de la rechute annuelle, l'individu réside en un point quelconque du foyer endémique. Si, au contraire, il a la prudence d'émigrer avant le moment critique (août et septembre), et qu'il se trouve alors soit en Europe, soit dans n'importe quelle localité d'Amérique soustraite à l'endériiie, il échappera, fatalement aussi, à cette rechute.

Les prédispositions individuelles rappellent celles que nous avons indiquées pour le catarrhe estival. Ainsi Wyman démontre que l'affection est plus commune chez les hommes (1). Il établit que ses malades appartiennent, presque tous, à la classe aisée de la population; et, si le roi Georges IV d'Angleterre a figuré parmi les sujets atteints du catarrhus œstivus de J. Bostock, quelques illustres citoyens des États-Unis ont fourni au médecin américain leurs observations personnelles de catarrhus aulumnalis. L'auteur est du nombre des malades, nouvelle ressemblance avec J. Bostock qui, aussi, avait étudié sur lui-même la fièvi^e de foin d'Angleterre.

Quant à l'évolution clinique, chaque accès annuel offrirait trois stades : 1» stade catarrhal en août; 2° stade bronchique au début de septembre; 3° stade spasmodique à la fin de ce dernier mois.

Il y a des démangeaisons excessives autour du conduit auditif externe, autour du nez et des paupières ; parfois l'irritation de la peau ne se limite pas au voisinage des orifices muqueux ; le prurit devient général, et peut s'accompagner d'éruptions papuleuses ou vésiculeuses.

Les symptômes locaux, angine, coryza, conjonctivite, s'exagèrent en paroxysmes subits et très-intenses sous l'influence des excitations les plus variées: action directe des rayons solaires, odeur de telle ou telle fleur, parfois un simple mouvement, un changement d'attitude; mais la cause la plus fréquente de ces paroxysmes, c'est la sécheresse de l'atmosphère, et la présence, dans l'air respiré, de

(1) Cette différence (54 liommes pour 25 femmes) est identique à la différence de prédisposition des deux sexes ii la ftèvre de foin d'Europe; ici, d'après les 154 cas réunis par Phœbus, le rapport est également :: 2 : 1 (104 hommes pour 50 femmes).

poussières organiques ou minérales. Aussi les malades redoutentils particulièrement les voyages en chemin de fer, en raison des propriétés irritantes de la poussière et de la fumée que plusieurs d'entre eux considèrent comme cause originelle de leur affection.

3° Nature de ces deux catarrhes. — M. Wyman résume dans le tableau suivant leurs prétendus caractères distinctifs.

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