IV. — VARICELLE
La varicelle diffère cliniquement de la variole (2), elle en diffère étiologiquement. La varicelle ne produit que la varicelle chez les
(1) Il peut arriver à celui qui n'a pas l'iiabitude de traiter des varioleux, de prendre pour une variole noire d'emblée une éruption de i-as/i qui est parfois liémorrhagique, donnant des ecchymoses qui ne s'effacent pas à la pression, et s'accompagnant souvent aussi d'éplstaxis.
Il faut d'abord tenu* compte do la diversité du siège de l'éruption :
A. Dans le rash, le maximum en est toujours aux plis de l'aine, au bas- ventre,à la partie supérieure des cuisses ; quand il y a des macules hémorrhagiques, elles se trouvent surtout au centre des régions colorées par la sufTusion scarlatiniforme, et jamais sur les parties de la peau qui ont conservé leur teinte habituelle.
B. Dans la variole noire, l'hémorrhagie sous-cutanée n'a pas de siège aussi précis d'élection : on constate des plaques ecchymotiques sur le tronc, sur la face, aux extrémités des membres; ces plaques ne reposent pas toujours sur un fond rose ou violacé comme dans le rash; elles constituent souvent toute l'éruption; parfois la suffusion hémorrhagique donne à la surface entière du corps une teinte rouge bleuâtre, couleur lie de vin.
Les hémorrhagies concomitantes, par les diverses cavités naturelles, ont une grande valeur diagnostique : il n'est guère que l'hémorrhagie nasale, l'épistaxis, que l'on puisse rencontrer aussi bien dans les cas bénins que dans les cas graves, et qui n'indique pas, à elle seule, l'existence ou l'imminence d'une variole noire, primitive ou consécutive ; il en est tout autrement des hémorrhagies rectales, vésicales, symptômes propres à cette forme do variole. Il faut, en outre : l» examiner l'urine des malades qui, dans les varioles hémorrhagiques, renfermera du sang ou de l'albumine; 2° tenir compte de l'état du pouls et de la température périphérique qui, déprimés dans la variole noire d'emblée, présenteront, s'il y a simplement éruption de rash, la réaction accoutumée (Léon Colin, la variole, etc. . Voy. aussi Legroux, art. Rash, in Dicl. encycl. des se. méd.).
(2) Trousseau a spécialement insisté sur la différence clinique de la varicelle dont l'éruption à forme plutôt huileuse que pustuleuse ne s'accomplit point mo tenore comme celle delà variole, niaisse décompose en plusieurs poussées successives en chacune desquelles la tache rose initiale se transforme rapidement (vingt-
MALADIES VIRULENTES. ggg
enfants non vaccinés; la vaccination n'en préserve pas. Mais les affinités sont considérables entre ces deux maladies dont les explosions coïncident dans la majorité des cas. En 1869, au Val-de- Grâce, en même temps que l'épidémie hivernale habituelle de variole, se manifestait une petite épidémie de varicelle sur le personnel des élèves de l'école. Ces coïncidences épidémiques peuvent avoir de fâcheux résultats, en inspirant la pensée que ces deux affections sont susceptibles de se suppléer réciproquement ; une preuve entre mille :
En 1839 régna à Castellane une double épidémie de variole et de varicelle. Beaucoup d'enfants contractèrent la varicelle, et les parents, croyant à la variole, refusèrent de les faire vacciner ; quelques mois après, la plupart furent enlevés par la variole (1).