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IX. — COQUELUCHE

1° Hisiorique. — L'épidémie observée par Baillou en 1.578 est la première que l'on puisse, sans hésitation, rapporter ;\ la coqueluche (1). Depuis, celle affection s'est répandue à la surface du monde, sans avoir encore, elle non plus, terminé son cycle d'envahissement. La Californie, la Polynésie, ont élé atteintes pour la première fois, il y a vingt ans, et suivant Lombard, le Labrador ne l'a été qu'en 4875.

2° Pathogénie. — Quelles sont les maladies connexes avec la coqueluche? Suivant Monneret, elle constituerait, aveclagrippeet la diphthérie, le groupe des fièvres catarrhales, groupe confinant et aux fièvres éruptives, et aux affections rhumatismales.

Nous reconnaissons, nous aussi, dans la constitution même de la coqueluche, dans son éliologie etdans ses symptômes, des analogies profondes avec les affections spécifiques accompagnées d'une détermination locale vers la muqueuse aérienne, comme la diphlhéne. comme la rougeole ; mais ce que nous reconnaissons surtout à cette affection, c'est un caractère d'individualité propre qui ne permet ni de la confondre avec aucune autre, ni surtout de la rapprocher, comme la grippe, des catarrhes vulgaires des voies respiratoires (2).

Divers auteurs, notamment Rokitanski, Germain Sée, l'ont considérée comme une variété de la rougeole. Non-seulement elle offre quelque analogie clinique avec le catarrhe morbilleux, mais elle présente les caractères généraux des fièvres éruptives (expansion épidémique, transmission par conlage, immunité par une première atteinte). Ces deux affections, rougeole et coqueluche, apparaissent spécialement l'une et l'autre en hiver et au printemps;

(1) Voy. Hirsch, loc. cit. — Brochin, art. Coqueluche du Dic<. encycl.dessc.méd. — Bouchât, Traité pratique des maladies des nouveau-nés. 7" édition. Paris, 1878, p. 412.

(2) Suivant Gendrin, les accidents de la coqueluche s'expliqueraient par un état catarilial de la muqueuse pharyngienne spécialement au niveau de l'ouverture supérieure du lai'ynx ; c'est l'accumulation de matière muqueuse sécrétée et tendant à s'engager dans les voies aériennes par les inspirations qui deviendrait la cause immédiate des accès de toux ; il y aurait crise chaque fois qu'une goutta de mucus tomberait sur l'orifice glottique, absolument comme quand on avale de travers- suivant cette doctrine la coqueluche ne serait que le catarrhe des cryptes pharyngo-épiglottiques ; mais il suffit de réfléchir que les quintes convulsives sont habituellement précédées de râles dans la trachée et les bronches, râles témoignant de l'existence dans le conduit aérien d'une certaine quantité de liquide, pour démontrer une origine plus profonde.

MALADIES VIllULENTES.

dans grand nombre de cas (107 fois sur 416, d'après Hirsch), les épidémies de coqueluche ont été accompagnées d'épidémies de fièvres éruptives (dont 60 fois de rougeole). Comme les fièvres érup- Uves et notamment comme la rougeole, elle s'accompagne d'adénopathie bronchique (Noël Guéneau de Mussy). II y a donc affinité entre ces maladies, mais celte affinité ne prouve point identité de nature. Rien de moins étonnant que la concomitance, en hiver et surtout dans les climats froids, de deux affections dont le catarrhe bronchique est un élément symptomatique dominant (p. 212).

Les épidémies de coqueluche, contrairement à celles de rougeole, au lieu de disparaître ou de s'atténuer à la fin du printemps, continuent habituellement pendant l'été ; et l'atteinte de l'une de ces maladies ne confère aucune immunité contre l'autre.

La contagion de la coqueluche est la cause essentielle de sa propagation épidémique. Des faits nombreux ont établi la réalité de ce contage et son extrême subtilité, au point qu'on a admis sa transmission par imitation. Il n'est point nécessaire que les enfants cohabitent dans un appartement, qu'ils vivent côte à côte dans l'enceinte d'une salle d'école; l'aff-ection se transmettra en plein air, à la suite d'une rencontre dans une rue, dans un jardin, etc.

II y a quelques années (Ij, un médecin français, Poulet, signalait la quantité considérable d'infusoires renfermés dans les vapeurs de l'exhalation pulmonaire des enfants atteints de coqueluche. Depuis lors, quelques observateurs (2) ont rapporté, à la nature parasitaire de cette affection, les avantages que l'on aurait retirés contre elle de la médication quinique; bornons-nous à remarquer que les jnfusoires signalés ici par Poulet [monas et bactermm lermo) n'ont rien de spécifique, vu leur abondance dans tant de maladies et dans certames sécrétions non pathologiques; nous avons prouvé d'ailleurs que l'action de la quinine sur les muqueuses enflammées est indépendante de sa puissance parasiticide (3). Les parasites invoqués par d'autres auteurs méritent à peine d'être mentionnés (4).

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, 5 août 1867 BoniTsos."''"' if/mùc;.eBe,Y.«^e zur Kennlniss md Heilung des Keuchhusten.

cSr. ParTs '''' ^"'"'""^

(4) Tels les spores trouvés par Letzericli, et dont le dépôt sur la muqueuse trachéale Jes lapins aurait donné lieu à des résultats positifs? On a constaté récemment leur identité avec des cliampignons qui se développent à la surface de ertnns fruits (pommes, citrons, oranges), sous forme de poussière noirâtre; l'in- ' '^^'^^'O" celte poussière aurait entraîné, chez deux expérimentateurs, une irri-

3° Caractères épi'détm'ques. — Lsl coqueluche s'est accVimalée définiUvemcnt, comme les Hèvres érupLives, dans les pays assez peuplés pour assurer le renouvellement incessant de ses germes; comme les fièvres éruptives, elle ne fait que passer dans les localités trop restreintes pour entretenir le contage ; c'est ainsi qu'aux îles Feroë il n'y a eu, depuis un siècle, que deux épidémies de coqueluche (en 1778 et en 1836), toujours pénétrant par importation, et rappelant par leur intervalle et leur expansion les deux épidémies de rougeole de 1785 et de 1846.

Sa fréquence, parfois même sa permanence dansles grandes villes comme Paris, semblent avant tout le fait de sa contagiosité. La régularité de son retour multiannuel constatée en quelques localités peu importantes (p. 4o8), est aussi exceptionnelle que pour la scarlatine. Comme en celte dernière affection, de longues périodes de disparition presque absolue succéderont parfois dans les mêmes milieux à des phases d'endémicité très-prolongées. A Genève, la coqueluche qui, en telle année, a occasionné, d'après Marc d'Espine, le trentième des décès (34 décès par coqueluche sur 1 ,000 décès en 184(1) a été complètement nulle pendant d'autres années.

4° Morbidilé et mortalité. — Au point de vue de l'expansion, le mal frappera tantôt un village, un quartier d'une ville, tantôt la ville entière ; jamais il ne se restreindra au point de constituer une épidémie de maisons. Il est inexact de dire que tous les pays et tous les âges y soient également disposés. Comme la scarlatine, comme la grîppe, elle est plus commune dans les régions septentrionales. Bien qu'elle ait apparu plusieurs fois dans la zone intertropicale, elle y est relativement rare, se limitant presque aux régions dont l'altitude est compensatrice, comme sur les hauts plateauxduBrésil et du Pérou.

Au nord de l'Europe, la coqueluche entre régulièrement chaque année en ligne de compte dans la mortalité générale : elle occasionne en Belgique plus de 2,000 décès par an ; il en est de même en Angleterre,'et surtout en Irlande, en Suède et en Norwége, et sur le nord du littoral atlantique des Etats-Unis. Dans ses périodes de recrudescence, elle prend un rôle plus considérable encore : de

t alion laryngienne qu'on s'empressa de comparer à la coqueluche. Et de ces expériences on conclut à la nature parasitaire de cette affection (a) I comme si la banalité de pareils germes, constatés en tout temps sur les fruits en quesUon, répondrait aux allures d'une maladie épidémique caractérisée par une série incessante d'explosions et de silences.

[a] Taschmer, Jahr. fur Kinderheilk, t. X, p. 174, ao.H 1876.

1749 à 1764 elle aurait tué en Suède 43,000 enfants, et en Ande terre, de 1818 h 1855, fait plus de 72,000 victimes (1) Plus au" nord enfin, elle atteint son maximum de fréquence et de gravité et Groenland""' P"""P^'«« ««"^es mortuaires du premier âge au

Quant aux âges, si l'on a observé cette affection à toutes les nénodes de la vie, elle n'en constitue pas moins une maladie de la première eiifance ; les neuf dixièmes des atteintes ont lieu avant cinq ans (2), et presque toutes les autres avant dix. Elle constitue même avec le choléra infantile et malgré sa contagiosité, une des rares affections de l'enfonce qu'on n'observe pas dans l'armée

Certames conditions anatomo-physiologiques, plus marquées au

libil te des ganglions bronchiques interviennent peut-être en cette

r : nr"é'd'' "'"^ ''^^'^'^"^ nerveux expliqu !

rait sa prédominance chez lespersonnes du sexe féminin.

§ X. — DENGUE.

^"^'■^^«^''^•^«^•-Ladengue(3^ o.s, par Rush, à Philadelphie, en 1780 (4). C'était là sans dou^e un épisode d'une épidémie plus générale qui s'étendait, en 17 4 jusqu à Cadix ou el e reçut les noms de Feôris Gadùam, de P^doZ

cJe. 1 de 1824 à 1828, période où l'atfection apparaît d'une nart

Td ctuU P^^^^'-- de Bombay

et de Calcutta), d'autre part aux Antilles el sur le littoral atlantique

(0 Lombard, Trailé de ClimaMogie médicale, t. H [i) Sur 1,367 malades de la coqueluche :

41,2 p. JOO avaient moins de 2 ans 92,9 5

{We^t Leçons sur ies maladies des enfants, trad. d'Archambault 1

J!> .';;;raS,rr °r ■* "

.01. 1. m.„ife.,.L„ d'û„ La" '^^^^^^ -»b«u,.l,, etc.,,

W IKisch, [Jand. der Ihst. géog. path., t. I, p. 273.

UoN Colin. — ualad. epidkh. 3-,

:m ÉVOLUTION des épidémies en PAUTICULIEU.

des États-Unis; 2° en 1846, année où elle reparaît encore sur ce littoral, spécialement à la Nouvelle-Orléans, mais après avoir débuté dans l'Amérique du Sud, et frappé pour la première fois le Brésil; 3° en 1870, enfin, la dengue éclate sur la côte orientale d'Afrique, Zanzibar, pour remonter pendant les deux années suivantes (1871 et 1872) vers le littoral de la mer Rouge, gagner Aden, et de là les villes maritimes de l'Inde, notamment Bombay, Madras, Calcutta ; puis, continuant sa marche vers l'est et vers le sud, elle atteint d'une part l'Indo-Chine, faisant explosion (septembre 1872) à Pondichéry où l'observe Martialis, puis la Gochinchine (octobre 1873); d'autre part, l'île Maurice d'où elle gagne Saint-Denis (Réunion) au mois de mars 1873.

A côlé de ces expansions générales, il en est de plus restreintes qui témoignent de l'affinité de l'affection pour la zone intertropicale; elle est commune surtout : 1° en Océanie; nos collègues de la fiottê l'observent annuellement à TaïLi (Jules Rochard) et aux îles Sandwich où elle est connue sous le nom de bouhou (p. 267^ ; 2° dans le centre de l'Afrique, d'où elle a été importée plusieurs lois au nord, à Ténériffe, à Cadix et à Port-Saïd.

En dehors des climats tropicaux, la dengue n'a touché, en notre hémisphère, que les points les plus méridionaux de l'Europe (Cadix 1784 et 1867). Il n'en est pas ainsi dans le nouveau monde où elle a pénétré jusqu'à New-York, en 1828. Dans cette expansion plus facile de la dengue vers le nord de l'Amérique, sur son littoral oriental faut-il reconnaître une fois de plus l'influence des conditions de 'climat excessif de ce littoral, entraînant la fréquence relative à ces mêmes latitudes de maladies des climats chauds? Quant à sa limite sud, la dengue paraît n'avoir pas franchi l'île de la Réunion. Ses manifestations seraient donc, jusqu'à l'époque actuelle, bornées au nord par le 43« degré de latitude environ, au sud par le 21».

2» Pathogénie. - La dengue est-elle purement épidémique? A-telle des foyers d'endémicité ? Suivant Dauvin, elle serait endémique à l'île Maurice, y apparaissant chaque année; il en serait de même suivant des médecins anglais, à Calcutta. Sauf la gravité, elle serait donc comparable aux endémo-épidémies : choléra, fièvre jaune, à foyers originels intertropicaux.

Des conditions climatériques bien définies favorisent son apparition- ce sont l'extrême chaleur et l'extrême humidité. Celte influence a été mise hors de doute partons les observateurs, et récemment encore par Cotholendy qui a vu l'aOection régner à Saint- Denis (Réunion) de février à mai 1873, c'est-à-d.re au moment des

plus fortes chaleurs de l'hivernage ; en cette année 1873 à nariir h 7 janvier, le thermomètre s'est maintenu à 29 et même 30° in7 qu'en avril; le ciel a été souvent couvert et nuageux, les pluies très-ahondantes, ce qui donnait un caractère exceptionnel d'intensité aux conditions météoriques de l'hivernage

Gotholendy a apporté d'antres preuves plus particulières et tout aussi convaincantes de cette influence (1)

On en a conclu à la spontanéité de la dengue sous la simple influence de exagération des conditions thermiques et hygrométrl

PuL 1876 ^'T'^i de Fouque (ThèTes de

dentale H-aI développée en mer, sur la côte occi-

den aie d Afrique, à bord de la Comète, sans que rien démontrât la contamination antérieure de ce bâtiment par un germe vTru^n

riq e"w T"^' ''r'"^^^" '"^^^^'^^ '^tmosphé- Z n,o ' ""'"^"^ ^P^'^^^'ï"^ la contagiosité

pauiculieis. Le rôle des communications humaines a été snrtonf nus en évidence durant la dernière épidémie (1870 STsfn. r portation de la maladie à Aden, puis à BonlV ^^^^^^^^

a«UO. milles, .te qL^^^

..'a atteint que deux peLnnes qu V„ avaiem n ''"'^ '"^'-die

n'a pu s'y propager. Le même fa tïest ' lî V^^ ' Saint-Denis; elle

l'altitude est de 2,000 mètres ^ ^ P'^'"^ '^^^ Cafres dont

personnes que leurs affaires appe ai Ln "'^ ''^"^"^ '^"«^

iadie avait perdu son pouvo r de enrod^ ""^ auraient pas été atteints. -i-"""ci'on, et les habitants du quartier n'en

Le climat relativement froid de cp^ Inn.i;,^ sion de la dengue (Gotholendy, ^.ct ! f .L'^'^STf t" X^f '"'^ '

(2) Dans la ville proprement ditn » ' '

de jardins plus ou moins étendus nt V''"'^"'' "i'ieu de clôture. Ici la dengue sévissait'n?. ? ' P^"" '"'"'s

■nais dès qu'elle pénéfrait da un'mn f''' """'^'"'^

aans un emplacement, on pouvait prédire que, sauf dé

3° Morbidité et mortalité. — Il n'esl pas de maladie dont le principe contagieux se trouve h un pareil degré de diffusion immédiate dans l'atmosphère (Voy. p. 399).

De toutes les affections contagieuses, la dengue est celle qui est susceptible du plus haut degré d'expansion et de densité; sa morbidité la rapproche de la grippe (p. 375). Dans la garnison anglaise d'Aden, elle frappe 700 hommes sur 900 ; à bord de la Comète (1870), 59 hommes d'équipage sur 66. A la Réunion, en 1873, elle constitue une véritable pandémie (1).

Gomme dans la grippe encore, mortalité minime (un décès sur 200 ou 300 cas) et pronostic grave seulement chez les plus i\gés parmi les vieillards, chez les plus jeunes parmi les enfants.

4° Affinités. — Aussi le rapprochement de la grippe et de la dengue s'est-il imposé instinctivement, pour ainsi dire, d'après les allures épidémiques des deux affections, et a-t-il été formulé par les écrivains les plus autorisés : Jules Rochard (2) et Marlialis (3).

La dengue est-elle l'inQuenza des pays chauds, ayant son foyer d'origine et de rayonnement dans la zone interlropicale, comme la grippe a le sien dans les régions circumpolaires? i^on-seulenient ces deux affections diffèrent par l'ensemble de leurs caractères cliniques (4) ; mais, malgré quelques similitudes de leurs allures épidémiques, elles sont loin de se confondre sous ce dermer rapport. La dengue ne franchira pas, comme la grippe, les latitudes voisines de son berceau, et, sans doute, ne constituera jamais

très-rares exceptions, maîtres et serviteurs allaient payer, leur tribut (Cotholendy,

ion. cit.). , ,, r >. i„ .vn

(1) L'épidémie a frappé indistinctement toutes les races, 1 enfant à la mamelle n'a pas été plus épargné que le vieillard, la femme pas plus que l'homme. Sur un effectif de 509 militaires composant la garnison de Saint-Denis, il y a eu 320 cas de dengue. A l'hôpital, tous les infirmiers ont été frappés; les sœurs ont payé un large tribut ; et, sur un effectif de 1 1 médecins, pharmaciens et élevés 9 ont eu la maladie. On peut dire, sans crainte d'être taxé d'exagération qu à Saint. Denis seulement, sur une population de 35,0U0 âmes, 20,000 ont été atteints de la fièvre dengue (Gotholendy, loc. cit.). , , , -^x

(21 « L'étendue de son parcours, la rapidité de sa marche, le nombre considérable de personnes qu'elle frappe à la fois, sa bénignité qui contraste avec la gravité aooarente de ses symptômes, la rapprochent do la grippe, la seule affection quipuisse lui être comparée sous ce rapport. » (Jules Rochard, avt. Dengue, in D,ct. ,1e méd. et de chir. pvot.)

f\) Martiahs, Arch. de med. nav., 18.4, t. X.\l.

4 la fièvre initiale de la dengue, le brisement des membres, la prostration consécutive, ont été rapprochés des symptômes de la grippe ; mais ce ne sont pas à igne spécifiques de l'affection dont l'éruption est plus caractéristique.

MALADIES VIRULENTES. ggl d'épidémie générale à la surface du monde ; dans un même pays, elle s'arrête devant les altitudes. Mais la différence capitale c'est que la marche et la direction de la dengue sont subordonnées aux courants humains (1); subordination telle qu'on lui a appliqué avec succès telles mesures restrictives (quarantaine à la Réunion, isolement à Aden) dont la grippe se serait jouée.

Dans les pays à fièvre jaune, aux Antilles, au Brésil, à la Nouvelle- Orléans, le diagnostic sera difficile parfois, à la période d'invasion, entre la fièvre jaune et la dengue; de là des méprises nous expliquant les conclusions erronées de ceux qui ont cru trouver entre ces deux maladies une parenté originelle.

A la Réunion, la dengue a été prise quelquefois pour des accidents d'intoxication palustre; ailleurs elle a parfois été confondue avec le début de la fièvre bilieuse des pays chauds. La rapidité du mouvement fébrile initial, la congestion de la face, les douleurs rachidiennes, symptômes communs aux deux affections peuvent faciliter cette confusion, et nous nous demandons malgré l'autorité des observateurs, s'il n'y a pas lieu à éliminer du cadre de la dengue quelques faits dans lesquels on a noté : 1° la non-épidémicité du mal; 2» l'absence de l'éruption, et à les rapporter à la fièvre bilieuse des pays chauds (2).

La ressemblance parfois frappante de l'éruption avec celle de la scarlatine, ne prouve aucune similitude originelle. Jamais la scarlatine n'offre une telle expansion épidémique ; jamais elle n'a €onferé la moindre immunité contre la dengue. Elle se manifeste à peu près exclusivement dans les climats froids et tempérés ne trouvant pas ses conditions de développement dans la zone des climats chauds, c'est-à-dire sur le théâtre de la dengue (p. 567).

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