‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 156 sur 195 · III. — DIARRHÉE FAMÉLIQUE (ENTERITE DE FAMINE · texte numérisé non relu

III. — DIARRHÉE FAMÉLIQUE (ENTERITE DE FAMINE

C'est un des accidents les plus communs parmi les troubles morbides groupés sous le nom de fièvre de famine (2) ; elle est le prodrome des épidémies de scorbut, souvent d'ergotisme et de pellagre; elle en est un symptôme ; elle constitue le trait d'union de la dysenterie et des maladies alimentaires. Elle a joué un i ôle considérable dans les souffrances et la morlalilé de notre armée en Crimée (18S4 56) (3), dans la lamine d'Algérie (1867-68), et Meersmann l'a signalée dans la famine des Flandres (1846-1848), époque où, sous l'influence des mêmes misères, O.Brien l'observait en Irlande.

C'est à l'épuisement par un mauvais régime et des privations que Grellois rapporte la fréquence de la diarrhée dans l'armée assiégée à Metz (1870). Dans quelques maisons particulières où il restait encore des ressources, on vit renaître à la vie, grâce à une alimentation réparatrice, quelques-uns des malheureux épuisés par cette diarrhée (4).

Elle a été la cause principale de la mortalité de certaines prisons ; c'est elle qui tue chaque année des milliers d'Indiens.

Elle précipite le développement de la cachexie famélique, s'accompagnant alors de la sécheresse et de l'odeur fétide de la peau, et parfois d'infiltralion du tissu cellulaire {hydrops famelicus), comme Broussais l'a vu en Andalousie, à la suite de la famine entraînée par l'invasion de l'armée française (S), comme on Ta constaté encore durant la famine des Flandres et plus récemment en Hongrie (1830).

Elle enlève toute résistance à l'organisme contre les abaissements de la température extérieure, et souvent alors, à Paris même on l'a vu, en 1870-1871 (p. 231), la mort survient dans l'algidité.

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