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CLASSIFICATION DES ÉPIDÉMIES

Ceci est une lâche ingrate devant laquelle nous avons maintes fois reculé. Les bases d'une telle classification sont bien difficiles à déterminer. S'appuyer sur les symptômes, ce serait rapprocher les affections les plus disparates comme nature et faire œuvre de confusion. C'est en général aux caractères étiologiques des épidémies qu'on a eu recours pour leur classement, méthode philosophique entre toutes puisqu'elle répond le mieux au but pratique par exellence, à la prophylaxie, qui en serait la simple déduction. Mais l'application en est très-difficile, et ne peut amener que des résullals approximatifs, des distinctions sans caractère absolument exclusif. Car, dans chaque épidémie, la difficulté s'augmente du fait de la complexité des causes; répartir les épidémies en épidémies saisonnières, alimentaires, infectieuses, contagieuses, c'est oublier que nul de ces groupes n'est astreint à un mode pathogénique exclusif; quoi de plus saisonnier qu'une maladie alimentaire qui revient toujours à l'époque de l'année correspondant à l'épuisement des ressources d'alimentation? qu'une maladie infectieuse, fièvre intermittente, fièvre jaune, n'apparaissant jamais que dans certaines périodes de l'année mathématiquement déterminées? Quoi de plus alimentaire, si l'on peut s'exprimer ainsi, que telle affection parasitaire dont le germe pénétrera par les voies digestives, ou que telle maladie infectieuse, comme les typhus, dont le miasme originel surgit surtout de constitutions appauvries par de longues privations, etc. ? Aussi les classifications basées sur l'étiologie, même par les auteurs qui ont donné moins d'ampleur que nous au cadre de ces affections, Fodéré, Anglada, etc., sont-elles toutes imparfaites. C'est dire combien peu nous-même reconnaissons de précision à la partie de notre classification qui est fondée sur les analogies et les différences palhogéniques des épidémies.

Nous avons eu une autre raison de baser notre première division sur une considération étrangère à l'étiologie elle-même. L'épidémie représentant surtout pour nous le fait de la fréquence de certaines maladies, c'est d'après la diversité des chances de fréquence de ces affections à la surface du globe, que nous les répartirons en quatre classes principales. Dans la première, nous plaçons : les épidémies de maladies vulgaires ; dans la seconde :

2i CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET DÉTERMINATION DES MAL. ÉPIDÉM.

les maladies pestilentielles, puis viendront endémies proprement dites, et enfin les épidémies accidentelles.

Première classe. — épidémies de maladies vulgaires comprenant:

A. Les maladies météoriques, soit brusques : congélation, insolation ou coup de cha-

leur; soit saisonnières, soit climatiques : fièvre de foin, ophthatmie des neiges, choléra estival, érythème tropical, mat des montagnes, soit pandémiqaes : grippe.

B. Les maladies virulentes à virus diffusible: fièvres éruptives, oreillons, coque-

luche, dengue; à. virus fixe ou fausses épidémies: sypinlis. G. Les maladies telluriques ou miasmatiques non virulentes : fièvres iniermiltentes.

D. Les maladies infectio-contagieuses ou miasmatiques virulentes : fièvre typhoïde ,

typhus, ophthatmie purulente, stomatite ulcéreuse, diphthérie, infection purulente, érysipèle nosoconnal, pourriture d'hôpital, fièvre puerpérale.

E. Les maladies alimentaires : lèpre, diarrhée famélique, scorbut, béribéri, ergo-

tisme, pellagre, héméralopie.

F. Les maladies parasitaires : a. cosmopolites, b. endémiques, c. faux parasites.

G. Les maladies à causes mixtes: dysenterie, fièvre bilieuse, fièvre typhoïde

palustre, abcès du foie, furoncles, phagédénisme des pays chauds, fièvre à rechutes, maladies nerveuses.

Deuxième classe. — épidémies de maladies pestilentielles.

Sous ce terme que nous employons dans le même sens que Galien (maladies frappant et tuant beaucoup de monde), nous comprenons les maladies qui répondent habituellem.ent à l'appellation de grandes épid^nves : peste à bubons, choléra, fièvre jaune, offrant ce caractère dislinctif de n'apparaître qu'éventuellement et de ne pouvoir s'entretenir en dehors de leurs foyers ; cette origine exotique les rend spécialement susceptibles d'être combattues ou entravées par des mesures quaraiitainaires.

Troisième classe. — endémies proprement dites.

Ces affections, strictement limitées à leurs foyers originels, jouent un rôle plus restreint encore dans la morbidité et la mortalité générale du globe :

Suette mi.liaire, diarrhée de Cochinchine, goitre, boutons, éléphuntiasis des Arabes, véruya. Fausse endémie : coliques de Madrid, des pays chauds, de Poitou, etc.

Quatrième classe. — épidémies de maladies accidentelles.

Considérées dans la série des temps, ces épidémies sont de toutes les plus rares et comprennent comme types principaux: les pestes anciennes, la peste noire, la suette anglaise, la méningite cérébro-spinale épidémique, Facrodynie.

Dans notre description des épidémies en particulier, nous ne nous assujettirons que d'une manière très-générale à cette classification, et nous rapprocherons parfois, pour la commodité et la simplicité du travail, certaines affections séparées dans ce tableau.

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