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VIII. — PROPHYLAXIE DES MALADIES A CAUSES MIXTES

Comme l'étiologie, la prophylaxie de ces affections sera multiple.

1° Dysenterie. —Celle de la dysenterie doit s'adresser aux éléments étiologiques capitaux: météores, infection, alimentation vicieuse, altération des eaux de boisson. Cette dernière cause est peut-être celle dont la suppression a donné les plus merveilleux résultats (p. 7G8, note 2) ; mais elle ne représente qu'une part du danger à combattre et ne peut faire négliger les autres.

Les épreuves subies au cap de Bonne-Espérance, par l'armée

(1) Fjord et Krabbe, in Davaine, loc. cit. (p. TOI). — Voy. Vallin, in Bull, de la Soc. des hôp., 1876. — Voy. aussi plus haut, p. 758.

(2) A. Proust, Rapport sur l'altération des cours d'eau. Paris, 1878.

Hollandaise, en 1805, alors qu'elle campait sans le moindre abri, celles qu'asubiesnotre armée expéditionnaire enÉgypte (1798-1800) dans les mêmes conditions, et qu'elle subit chaque jour encore en Algérie, quand elle quitte la vie de garnison pour la vie des camps, démonlrent l'avantage, en ces pays, de l'installation des soldats dans les villes (p. 767, note 1); ils y trouvent nonseulement plus d'abri contre les influences atmosphériques, des eaux de consommation pluspures, mais encore moins de chances d'infection par les résidus excrémentitiels. Celte dernière cause acquiert son maximum de nocuité dans les camps permanents ; c'est à l'infection du sol par un séjour prolongé de masses humaines, qu'est dû l'ancien précepte des généraux romains de faire changer fréquemment l'emplacement des troupes.

C'est également à la pureté des eaux, à la suspension des travaux pendant les heures les plus chaudes du jour, à la suppression des foyers putrides locaux, autant de mesures dont l'application rapprochera l'habitant des campagnes de celui des villes, qu'on aura recours contre les épidémies de village.

La fréquence et la gravité du mal ont diminué dans l'armée française en Algérie grâce à la distribution faite aux soldats de ceintures de flanelle, moyen simple, discrédité même parfois, vu cette simplicité, mais si important à nos yeux que nous ne saurions trop engager le commandement à en exiger l'emploi.

La dysenterie enfin, précédée, dans l'immense majorité des cas, d'une phase de diarrhée prodromique, est justiciable d'un traitement préventif. En cas d'épidémie de dysenterie, dans un village, un lycée, un régiment, on doit instituer un service de visites médicales en faveur de tous ceux qui sont atteints de cette diarrhée; par des moyens simples et efficaces en cette période, notamment l'opium et le bismuth, on aura grande chance d'empêcher le développement complet de la maladie.

2° Autres affections. — Pour les abcès du foie, la prophylaxie de la dysenterie constitue une première sauvegarde ; on insistera sur la sobriété du régime, l'abstinence des boissons alcooliques, la diminution du travail et des fatigues pendant les heures les plus chaudes de la journée. Soustraire, autant que faire se peut, les régiments étrangers à l'influence des météores et du soi, c'est également les préserver de la fièvre bilieuse. La prophylaxie de la fièvre typhoïde palustre [rentre, dans les chapitres consacrés aux deux affections que rappelle son nom ; quant à la fièvre à rechutes, sous ce rapport encore, elle s'associe au typhus.

L'alimentation, l'hygiène morale, et surtout les progrès de la civilisation, constitueront la base de la prophylaxie des épidémies nerveuses.

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