ART. IV. — CONCLUSIONS
Qu'on ne se méprenne point sur le sens de notre critique ; nous aussi, nous croyons au génie ou plutôt à l'influence épidémique, et le chapitre suivant le démontrera ; mais nous lui récusons une existence séparée soit des malades sur lesquels elle sévirait, soit des conditions morbifiques qui entourent ces malades ou qui en résultent; nous admettons l'épidémicité, mais sans croire qu'il faille se contenter du mot, ou lui attribuer une personnalité, en lui donnant, ou non, comme aux génies allégoriques, une figure et des ailes.
Nous ne craignons pas le reproche de demeurer terre à terre en soumettant à l'analyse scientifique un dogme réputé supérieur à la raison humaine, d'autant plus que le progrès, suivant nous, est en sens inverse de la croyance à une telle puissance.
Au lieu de constituer un être immatériel, univoque, agissant envers et contre toutes les circonstances pathogéniques habituelles, j'y vois un groupe d'influences multiples, diverses, difQcileraent appréciables peut-être, mais parmi lesquelles il en est de dominantes que chaque jour on reconnaît davantage, qui ne sont le plus habituellement que l'infection et la contagion, et auxquelles il faut demander le pourquoi non pas surnaturel, immatériel, mais parfaitement matériel de la permanence et de la propagation épidémiques. C'est en l'action de ces deux influences : infection et contagion, qu'on a le plus de chances de trouver le trait d'union entre tous les cas morbides dont l'ensemble constitue l'ictus épidémique, au lieu d'en être le résultat.
Dans les épidémies môme indépendantes de contagion et d'infection, comme la grippe, il faut également, aux yeux de la raison, un intermédiaire matériel agissant simultanément sur tous les or-