I". — DIVISION DES MIASMES INFECTIEUX
La distinction des émanations putrides, suivant qu'elles sont denature animale ou végétale, est formelle dans nos écoles, et baséed'ailleurs sur une masse imposante de faits. A la série des affections typhiques, résultat principal du miasme animal, on opposeavec autorité la série des fièvres intermittentes, engendrées par le miasme tellurique qui, suivant la majorité des auteurs, n'est qu'un, produit de décomposition végétale.
On retrouve des linéaments de cette division aux diverses époquesde la médecine, et elle a été nettement formulée dès la fin du siècle dernier, par Robert Jackson, qui attribue aux miasmes animaux les fièvres cordagieuses, et aux miasmes végétaux les fièvres endémiques non contagieuses (d). L'antagonisme, formulé par Boudin (2) entre la fièvre typhoïde et la fièvre palustre, a été la plus vive expression de cette dualité pathogénique.
Cette distinction a pris tellement force de loi que nous verronsdes hommes fort autorisés traiter, à priori, d'erreurs les observations contradictoires, et refuser le diagnostic de praticiens con-
(t) Jackson, An outline of the liislory and cure of fever endémie and contafftou?. Édimbourg, 1798.
(2) Boudin, Géographie médicale. Paris, 1857.
sciencieux qui affirmaient avoir constaté des épidémies de fièvre typhoïde dans des localités palustres.
Dans une publication récente, nous avons déjà attaqué cette intolérance dogmatique, contre laquelle nous aurons à protester dans les articles consacrés à la fièvre typhoïde et aux fièvres intermittentes.
Nous nous bornons ici à l'énumération des causes principales de l'infection, causes auxquelles nous donnons le nom générique de miasmes et qui comprennent les quatre espèces suivantes :
1° Les ém.anations putrides résultant de la décomposition des matières animales mortes ou séparées de l'être vivant;
2" Les miasmes pi^oprement dits, provenant de l'homme sain ou malade ;
3° Les miasmes provenant du sol ou effluves;
4° Les miasmes rapportés par analogie aux influences du sol.