‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 42 sur 195 · I. — DÉFINITION · texte numérisé non relu

I. — DÉFINITION

On donne habituellement le nom de constitution médicale à l'in. fluence qui, pendant une certaine période de temps, imprime un cachet commun aux affections des habitants d'un pays ou d'une localité. Quand ces affections sont en rapport évident avec les saisons, qu elles naissent, s'accroissent et disparaissent en même temps que celles-ci, la constitution est dite saisonnière; elle est remarquable par la régularité de son retour annuel, son caractère transitoire ; nous en décrirons à part et l'évolution et les conséqu ences pathologiques (I). ' ^

Quand, au contraire, cette influence semble indépendante du cours des saisons, qu'elle en dépasse notablement la durée, «étendant parfois à plusieurs années consécutives, on dit que 1^ con tf tufon médicale est fixe, régnante, stationniire; c'esrd' lie seut que nous avons à nous occuper ici.

On sait le rôle considérable attribué, depuis Sydenham aux constitutions médicales dans le développement des maladies ^onu aires Pénétrer dans cette étude, ce n'est pas satisfaire à un simpTe désir de curiosité rétrospective; c'est, avant tout, recherche sU influences, considérées comme supérieures aux moyens de l'homme ne peuvent être décomposées en éléments qui soient du T. sort de l'hygiène et accessibles à la prophylaxie (2 Jltl '^^^^^^^^^^^^ c'est-i-dirè l'existence de périodes

parfois de plusieurs années, durant lesquelles la nature l'évoInHnr: et la gravité des maladies diffèrent de ce an'nn nh évolution périodes, est incontestable. observe en d'autres

C'est surtout dans les temps modernes et Pn nnc „r . / doctrine des constitutions régnantes a grandi aux d. ' \ des constitutions saisonnières ^ "^^^'"^ '

Hippocrate n'avait pas à recourir au dogme de cette influence

(1) V, Liv. III, Maladies saisonniehes

occulte : en Grèce, comme en Algérie, comme en Italie, les affections annuelles sont d'une régularité absolue ; chaque année reviennent fatalement les maladies de la période eslivo-aulomnale que le nombre de ces affections a fait qualifier de période endemo-épidémique ; puis régulièrement et brusquement aussi les maladies, ou plutôt l'accalmie de la période intercalaire; il n'y a, à vrai dire, que ces deux saisons, mais elles sont extrêmement tranchées, au point de \ue médical, et toujours d'une similitude frappante avec •les saisons correspondantes des années antérieures.

Dans nos climats, au contraire, à Paris comme à Londres, l'empreinte de ces influences périodiques est bien moins vigoureuse; elles n'arrivent pas, chaque année, au même degré d'énergie; leurs caractères absolus et respectifs sont moins invariables; il semble parfois qu'une influence plus durable tende à en atténuer les diilerences en leur imposant un cachet commun.

C'est à la prédominance de telle ou telle constitution régnante qu'on attribue cette modification de l'évolution normale des maladies annuelles.

Le côté délicat sera d'analyser cette influence et de la ramener aux proportions d'une question accessible à la raison.

Page 1