III. — CLIMATS TEMPÉRÉS
Les climats tempérés offrent des caractères complexes au point de vue de leur influence sur les maladies épidémiques. En ces climats, les affections qui trouvent leurs conditions de développement originel parfaites dans les zones voisines, n'apparaîtront que sous une forme amoindrie; les influences météoriques du nord, et les affections pulmonaires et rhumatismales qui en résultent, les influences météoriques et telluriques du sud , et leurs conséquences pathologiques principales , nolam-
MILIEUX ÉPIDÉMIQUES
ment la dyssenterie et la fièvre intermittente, perdent de leur fréquence et de leur gravité aussi bien par le fait de l'atténuation climatique de la cause morbide, que par celui des progrès de l'hygiène et de la civilisation qui, dans la zone tempérée, sont à leur maximum de développement.
Mais, en revanche, diverses causes favorables à la naissance ou à la généralisation des épidémies se développent dans les climats lempérés, et de ces causes les plus importantes sont les deux suivantes : l" densité générale, de la population, et, de plus agglomérations humaines dans des centres considérables et rapprochés; 2» fréquence des relations entre tous ces centres, relations facilitées de plus en plus chaque jour par le nombre et la rapidité croissante des moyens de communication.
On comprend dès lors quelles chances d'expansion trouvera quand elle pénétrera dans un semblable milieu, toute épidémie transmissible par les relations humaines dans les conditions de température habituelle à ces climats. Si la fièvre jaune dans ses expansions épidémiques ne remonte guère au delà des régions méridionales de la zone tempérée, c'est parce que plus au nord les germes de celte affection ne trouvent plus la température nécessaire à leur développement. Mais, autrefois pour la peste comme aujourd'hui pour le choléra, on a vu cette influence des conditions d'agglomération sociale de la zone tempérée sur leur généralisation : alors que ces maladies avaient traversé avec peine, lentement, en plusieurs années parfois, des régions relativement désertes et dépourvues de moyens faciles de communication, elles prenaient souvent, une fois leur pénétration en nos pays une effrayante rapidité d'allure et une tendance à la pandémicité; transition qui a été évidente surtout lors des premières invasions en Europe de ces affections, alors qu'elles avaient l'une et l'autre la puissance d'expansion des maladies complètement nouvelles en nos climats.
Ces mêmes conditions d'agglomération sociale nous expliquent la raison de l'entretien, en nos climats, à l'état permanent endémique, des germes des maladies contagieuses. Quand, dans une peuplade de la zone tropicale, ou des climats polaires, la variole ou la rougeole, a accompli son évolution épidémique, elle disparaît souvent pour de longues années, n'ayant de chance de réapparaître qu'autant que des circonstances complètement exceptionnelles en rapporteront le germe.
II en est tout autrement dans nos climats; que la variole ait
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frappé, par exemple, Londres ou Paris, lorsque le cycle épidémique aura été accompli, qu'il n'y aura plus de sujets prédisposés dans l'un ou l'autre de ces grands centres, le mal disparaîtra aussi ou s'atténuera au moins pour quelque temps; mais les populations avoisinantes, atteintes à leur tour, entretiendront les germes morbides, et les communications incessantes qui existent entre elles et les villes dont elles l'ont reçu, leur permettront de rendre à leur tour ce germe morbide qui enfantera de nouvelles épidémies urbaines dès qu'un certain nombre d'individus, grâce au temps écoulé depuis l'invasion antérieure du mal, seront redevenus aptes à le contracter (1).
Môme rôle, mais plus marqué enfin, pour les affections qui sont non-seulement transmissibles de l'homme à l'homme, mais faisables de tontes pièces par les réunions humaines; telle la ûèvre typhoïde ; ici l'influence de l'homme est double; il fait le mal et le communique, et nous verrons, à propos de cette afl'ection, pourquoi et comment les conditions sociales des climats tempérés jouent un si grand rôle dans sa prédominance sous notre zone.
Enfin, dans les climats tempérés, les maladies saisonnières plus variées (â) ajoutent de nouvelles raisons à la diversité des espèces morbides.