‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 60 sur 195 · I. — IMPORTANCE DES PRÉDISPOSITIONS INDIVIDUELLES · texte numérisé non relu

I. — IMPORTANCE DES PRÉDISPOSITIONS INDIVIDUELLES

La part qui revient aux infiuences individuelles dans la consti- LÉON Colin. ■- Mal. épidém. j 9

lulion du Milieu épidémique est affirmée chaque jour par la limitalion des alleintes à certains groupes d'individus. Il y a des affections populaires qui ne frappent qu'une classe de la société. Sans l'armée, aurions-nous vu en France la méningite cérébro-spinale? Il n'est guère que quelques épidémies d'origine météorique : catarrhes pulmonaires et grippe, catarrhes intestinaux et dysenterie, puis le choléra et les fièvres intermittentes, qui ne reconnaissent pas la diversité des prédispositions individuelles et qui parfois se généralisent à toute la population. La plupart des autres maladies populaires sont limitées par les différences de réceptivité de chacun.

Les causes morbides réputées les plus puissantes : les virus ne viennent-elles pas échouer ordinairement contre certains organismes préservés soit par l'action antérieure du même virus (variole, rougeole, scarlatine, oreillons), soit par celle d'un virus d'une autre nature (préservation vaccinale contre la variole)? c'est ce qu'on a appelé les lois d'auto- et d'éléro-antagonisrae des virus.

Parfois le motif de la préservation nous échappe aussi bien à l'égard des maladies virulentes d'origine humaine qu'à celui des maladies virulentes d'origine animale, comme la rage, dont les chances de développement sont si diverses chez les individus mordus par un même chien,

La prédisposition simultanée de certains individus à subir les maladies populaires est évidemment le résultat d'une similitude ; non pas de cette similitude originelle ou consanguine, qui faisait admettre l'identité de prédisposition des membres d'une même famille, atteints simultanément dans des locaUlés diverses (1) ; non

(1) « Diemerbrœck a connu plusieurs familles dont les membres, bien qu'ils fussent fort éloignés les uns des autres, môme dans différentes villes et dans des maisons de campagne, avaient été attaqués de la peste à l'époque où cette maladie exerçait ses ravages dans les lieux où ces familles avaient leur domicile. Ce fait est rapporté à l'occasion de la famille Van Dans:

« Le pèie, craignant la peste pour deux de ses enfants, les envoj a à Gorcum en Hollande; le troisième resta avec lui à Nimègue. Les deux enfants qui étaient à Gorcum, où la peste n'existait pas, restèrent pendant deux ou trois mois dans un état parfait de santé ; mais tout à coup ils furent pris de la peste, et moururent au moment où le père, avec le troisième enfant, succombait de la même maladie, à Nimègue.

« La mère en fut également frappée, mais elle n'en mourut point. A la môme époque, une sœur de Van Dans, et deux ou trois enfants d'une seconde sœur qui étaient très-éloigués les uns des autres; non moins que plusieurs autres parents: qui se trouvaient dispersés, furent aussi moissonnés par cette cruelle maladie, m

Nous empruntons cette citation à Schnurrer pour la rapprocher d'observationsi

MILIEUX ÉPIDÉMIQUES

pas de cette similitude extérieure qui avait fait dire à Lydell Bar tholin, Fracastor, que les personnes dont les formes extérieures offraient quelques ressemblances, avaient les mômes dispositions pathologiques ; mais d'une analogie créée par des conditions multiples, dont les principales sont : iMa race; 2° le sexe; 3° l'âge- 4° la préservation conférée par une atteinte antérieure, ou en cas de variole, par la vaccination ; 5» la préservation conférée par l'iiccoutumance à la cause morbide; 6Me degré d'aisance et de santé antérieure ; 7° les conditions morales ; 8° la profession.

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