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II. — PRÉDISPOSITIONS DE RACE

Certains milieux épidémiques ne pourront apparaître que grâce à la présence, dans un foyer miasmatique, des individus de la l ace prédisposée spécialement à l'influence morbifique de ce foyer. Ou sait que le vomito, quoique susceptible de développement spontané sur le littoral atlantique de l'Afrique centrale, ne s'y manifeste que très-rarement, tandis qu'il est relativement commun sur celui de l'Amérique. Nous pensons que la rareté des épidémies de fièvre jaune sur la côte africaine tient précisément à ce que sur celte côte, la race blanche, qui fournit au vomito son principal ahment, n'est représentée que dans des proportions minimes comparativement à l'importance de cet élément ethnologique dans les populations du nouveau monde.-

Les épidémies de fièvre jaune, en Afrique, n'ont donc pu apparaître que dans quelques rares circonstances, créées par la guerre ou le commerce, circonstances qui entraînaient vers ce littoral des masses plus ou moins considérables d'individus de race blanche et donnaient ainsi, à un foyer en apparence inerte, l'élément qui lui manquait pour manifester sa puissance morbifique et se transformer en milieu épidémique.

rr"°x été, pour ainsi

dire, le réactif nécessaire pour déceler un milieu typhique dont la population indij^ène semblait impuissante, par sa race, à démontrer à elle seule 1 existence ? (Epidémie de 1867.) Avant d'admettre une immunité ou une prédisposition de race,

TvTnTT'frr. ^''P^'''^'^^^ ^'ipidémie de choléra de 18C5-18Gfl iMé,». <5,A 1 • '"^ ' ^^'^^< t- XXX, p. 3iO), Barth mentionne comme avant

ete plusieurs fois remarquée la communauté de prédispositioDS de personnes de la même famille ; ces personnes étaient atteintes simultanément, quoique logées dans des maisons différentes.

il faut cependant rechercher s'il n'existe pas d'explication plus naturelle de l'inégale répartition d'une épidémie, et en demander compte, par exemple, à la non-idenlilé des conditions hygiéniques au milieu desquelles, en une même ville, se trouveront placés, suivant leur provenance, leur nationalité, les individus de race différente.

L'immunité des étrangers dans la peste de Bâle, dans celle de Copenhague, des Français et des juifs dans la dysenterie de Nimègue, ne tenait-elle pas surtout aux conditions d'installation relativement favorables de ceux qui furent ménagés ? Nous avons démontré l'immunité de la population juive de Rome à l'égard des fièvres palustres, mais en prouvant en même temps que c'était là un résultat de la salubrité, au point de vue de la malaria (p. 243), du quartier occupé par celte population.

Nous avons dit également, dans l'article consacré aux endémies, que la préservation relative des étrangers à l'égard de certaines affections locales n'est souvent que le résultat des précautions hygiéniques adoptées par ces étrangers, et néghgées par les indigènes. (Voy. p. 270.)

L'immunité, attribuée à certaines races, n'est parfois elle-même que le fait d'une influence bien plus générale, que nous étudierons ci-après (§ vi), celle de l'accoutumance des individus de cette race aux conditions morbifiques de leur propre pays. Quand on voit les indigènes du Mexique perdre leur immunité contre la fièvre jaune par un changement momentané de résidence, on a la preuve que leur race ne les préservait pas, puisqu'en se mettant, comme les étrangers, dans la position de nouveaux venus, ils sont atteints comme eux.

On a cru que les nègres, dont nous venons de rappeler l'immunité contre le vomito, étaient également réfractaires à la fièvre intermittente; nous verrons combien cette opinion est trop absolue (voir liv'. lY, Fièvres mtennit(entes) ; on a dit qu'en revanche ils étaient prédisposés spécialement à la variole, et en efi"et cette dernière affection fait de terribles ravages parmi les peuplades noires de l'Afrique centrale. Mais celte prédisposition esl-elle autre chose qu'un vice hygiénique, le manque de préservation vaccinale ?

11 faut toujours analyser les faits avant d'accepter de telles différences originelles, au point de vue des aptitudes morbides. Nous démon trerons combien on s'est exagéré, à l'égard même du typhus, la prétendue immunité de certaines races.

MILIEUX ÉPIDÉMIQUES

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