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mune des accès pernicieux en pareilles circonstances. Ces faits nous rendent compte de ce que des auteurs italiens ont voulu faire entendre par l'expression : febbre dimutazione d'aria, fièvre de changement d'air (1).
Le danger se rattache-t-il entièrement alors à la condition de nouveau venu même en un lieu salubre? Nous ne saurions trop énergicjuement protester contre une conclusion ainsi formulée ; ce nouveau venu est arrivé intoxiqué, et nous avons établi que de semblables accidents devaient être sans doute rapportés à la diminution d'activité des fonctions éliminatrices de la peau par le simple fait des impressions atmosphériques subies pendant le déplacement. (Voy. p. 86.)
Il en est de même du choléra ; le nombre est relativement assez élevé d'individus qui, fuyant une locahté atteinte de l'épidémie, sont victimes, à une distance plus ou moins grande, de cette affection.
Mais ici encore l'imprégnation morbide existait avant le départ, et les fatigues du voyage ont pu contribuer à accélérer, peut-être même à déterminer l'explosion de la maladie.
Nous pourrions citer plusieurs faits analogues pour la fièvre typhoïde: en 1874, les élèves du lycée de Lyon sont atteints dans leurs familles, quelques jours après leur départ en vacances. Bien qu'aucun de ces élèves n'ait été frappé de la maladie au lycée même, ils avaient évidemment subi à Lyon l'action de la cause typhoïgène, car la population de la ville était atteinte, elle aussi quelques jours après leur départ, et en môme temps qu'eux.
Il est des cas où l'on peut se demander si le fait du déplacement n est pas venu ajouter beaucoup plus à la somme d'imminence qui pesait sur l'mdividu, et, comme pour la fièvre pernicieuse et le choléra, compléter sa prédisposition à la fièvre typhoïde. Woillez a rapporté (2) l'histoire d'une épidémie observée en 1873 par Boursier parmi les élèves d'un pensionnat de Chantilly. « Cette épidémie se serait produite, non pendant le séjour scolaire des jeunes personnes, mais seulement huit ou dix jours après leur sortie au moment des vacances. Sur 112 élèves jeunes filles, 21 furent atteintes chez elles de fièvre typhoïde grave et 3 succombèrent. t>
L état sanitaire avait été excellent pendant toute l'année dans le pensionnat... ; donc il est difficile, ajoute le rapporteur, d'admettre 1 mlluence de quelques causes d'insalubrité invoquées par Boursier,
XV ^n^^" ^°"'^' '^"^^'■'«^^'''«fi «"/^e Mbri di mutazione d'aria. Napoli, 1755. (^j VVoiriez, Rapport sur les épidémies de 1873, in Mém. de l'Acad. de méd.
d'autant plus qu'il ne se manifesta rien d'analogue sur les personnes restées dans la maison pendant les vacances.
Les faits de ce genre semblent indiquer au moins que des changements de résidence peuvent prendre leur part dans la détermination de certaines maladies, alors môme qu'ils éloignent l'individu d'un foyer morbifique. Ne peut-on en conclure que dans les conditions opposées, alors qu'une personne quittera une localité quelconque pour un milieu épidémique, elle pourra subir, par le fait même de ce déplacement, certaines impressions qui augmenteront encore sa léceptivité morbide, et grâce auxquelles le fait d'êlre nouveau venu, ou néocomie, entraînera plus de danger que la simple condition de non-accoutumance à ce milieu?