VII. — AISANCE ET SANTÉ ANTÉRIEURE
Les conditions d'aisance et de santé antérieure ont une influence absolue sur le développement de certaines maladies populaires.
Les maladies d'alimentation sont strictement limitées dans leur expansion aux individus qui subissent soit la famine, soitl'usage d'aliments toxiques ; ce qui nous explique la variabilité considérable de ces affections, dont les atteintes peuvent se borner à une famille, à une prison, et dans les grandes périodes de misère frapper toute une population.
Les prédispositions spéciales des classes pauvres de la société aux influences miasmatiques ne tient pas seulement à la défectuosité des conditions hygiéniques de leurs habitations, mais également à l'insuffisance du régime, dont on connaît l'importance comme élément de résistance aux émanations morbifiqiies.
Nous verrons, dans l'article suivant, à quel degré peuvent s'élever les prédispositions morbides du soldat après de longues périodes de souffrances et de privations.
Il en est de même des prédispositions créées par des maladies antérieures, prédispositions non-seulement redoutables par leur efficacité, mais par la gravité loutè spéciale de l'affection qu'elles provoquent. Il est des maladies épidémiques qui ne tuent habituellement que les individus débilités déjà soit par l'âge, soit par d'autres affections, telle la grippe; quant à la mortalité du choléra, de la dysenterie, etc., elle est effrayante chez les personnes cachectiques, n'importe l'origine de cette cachexie.
Il est cependant quelques affections populaires qui, au lieu de rechercher les organismes détériorés par la misère et la maladie,
MILIEUX ÉPIDÉMIQUES
paraissent réclamer comme terrain apte et fécond, des consLiiuiions robustes, des tempéraments sanguins. Telle est la fièvre lyphoïde telle est la méningite cérébro-spinale, telle surtout la fièvre jaune'
L'immunité relative, à l'égard de la fièvre jaune, constatée jadis cbez les femmes par Rush, par Bailly, par Carrey (1), n'est-elle pas une preuve de la nécessité d'un tempérament vigoureux pour le développement de cette affection.? De même celte autre observation de Carrey, à savoir qu'il y a moins de vieillards et de valétudinaires frappés que d'hommes d'un âge moyen et d'une constitution robuste
D où les différences de danger de transmission d'unemaladie suivant les conditions de santé du milieu où pénètre le germe morbide. Unmdividu atteint de typhus exanthématique sera dan^^ereux pour les malades d'un hôpital, quelle que soit leur affection en raison de 1 aptitude créée à ces malades par leur aflaiblissement antérieur; Il en sera de même d'un cholérique. Au contraire, la fièvre typhoïde se propage peu parmi les populations nosocomiales ; elle se transmettra plus en ville, parmi les individus prédisposés plutôt par des affections légères, par de simples fatigues que par des maladies antérieures. iciu^ues,
Les fatigues jouent un rôle considérable dans les prédispositions lt :T; L-/Pidémies les plus diverses, notamment' I d choiera de dysenterie, de peste, de méningite cérébro-spinale ont rouvé des conditions de dé veloppement toutes spéciales dans le régiments soumis à des marches forcées.