IX. — INFLUENCE DE L'AGGLOMÉRATION
Les agglomérations dans les casernes doivent être distinguées de ce qu'on entend habituellement par encombrement, c'est-à-dire réclusion dans un local proportionnellement insufflsant d'un nombre plus ou moins considérable d'individus. L'encombrement n'en est qu'un résultat éventuel, mais d'une importance considérable, et dont nous avons affirmé déjà le rôle dans la pathogénie des maladies du soldat (Voy. p. H2); c'est même dans les atteintes de l'armée qu'on en a trouvé les preuves les plus nombreuses ; en maintes circonstances on a vu et l'on voit encore la fréquence de la fièvre typhoïde en une même caserne varier parallèlement aux oscillations du chiffre de l'eifeclif. L'atténuation de certaines épidémies militaires, comme la stomatite ulcéreuse en France, l'ophihalmie militaire en Belgique, tient suivant nous, en grande partie, à un aménagement plus large des locaux occupés par les troupes. Quelquefois les miasmes de l'encombrement ne proviennent pas seulement de l'homme, mais des objets d'équipement imprégnés d'autres substances animales, surtout dans les casernes de cavalerie (1). Il faut néanmoins se rappeler combien l'influence de l'encom.brement dans l'armée a été exagérée (pages 113 et 114). ^ Mais les agglomérations de soldais, indépendamment des conditions de dimension et de salubrité des locaux, difl"èrent en ellesmêmes par le fait de leur sélection, de toute autre agglomération. Ces difl"érences tiennent : 1° à l'identité des individus agglomérés; 2^ au chifl"re élevé des agglomérations.
(Ij Les cavaliers, dit M. Haro, se trouvent, par leurs fonctions, dans des conditions spéciales d'insalubrité; ils apportent, dans leurs chambres, avec leurs cliaijssures, toutes les déjections de l'écurie : boue imprégnée d'urine, crottin, etc., etc., et cela a lieu du matin au soir, car à chaque instant ils sont obligés d'aller de l'écurie h la chambre, soit pour y chercher le harnachement des chevaux, soit pour le nettoyer, le nettoyage de la bride, du mors couvert de la salive, et de la selle pénétrée de sueur du cheval, ayant lieu sur le lit de chaque homme ; il en est de môme du nettoyage des bottes, des armes et des diverses pièces d'habillement; enfin le lit sert de table pour manger la soupe. On conçoit, d'après cela, que, la nuit venue, le cavalier s'enveloppe dans une couverture qui, en dépit d'un battage superficiel, reste imprégnée d'une multitude de détritus de toute provenance (Rapport cité dans notre Étude sur la fièore lyphoïde.)
1° Jdeniité. — Quand des individus identiques ou analogues par ieur sanlû, par leur âge, par leur arrivée simultanée dans une local.lé nouvelle pour eux, par leur régime, leurs exercices, leurs fatigues, et môme leurs impressions morales, sont réunis en nombre plus ou moins considérable, chacun concourt parallèlement vu 1 Identité de ces prédispositions, à l'uniformité des maladies' qui frapperont ce milieu, fournissant matière au développement d'une constitution médicale souvent différente de celle de la population avoisinante, et dont nous"avons, pour notre compte, donné plusieurs fois la démonstration. Nous avons insisté déjà (p. 113) sur les dangers de ces agglomérations d'individus identiques dont l'armée va nous fournir la meilleure preuve.
Dans nos casernes, par exemple, la fièvre typhoïde, les fièvres érupiives, se développeront plus facilement que dans une demeure où seraient réunis, en proportion aussi considérable, des individus différents entre eux et par leur âge et par les autres éléments de leurs aptitudes morbides, individus parmi lesquels ceux qui seraient réfractaires à la fièvre typhoïde contribueraient à restreindre le développement de l'épidémie et par leur propre immunité, et par leur innocuité plus grande pour les autres.
Il en est, jusqu'à un certain point, de ces casernes comme de ces services d'hôpitaux où l'on ne reçoit que des blessés ou des femmes en coucbes, malades tous de même catégorie, de même réceptivité, contribuant parallèlement à l'élaboration d'un miasme commun, dangereux au même degré pour chacun d'eux, que ce soit le miasme typhique, chirurgical ou puerpéral.
Ce fait de la réunion de sujets identiques ne parait jouer actuellement, dans la majorité des épidémies de caserne, un rôle aussi considérable que l'encombrement proprement dit dont en somme les progrès de l'hygiène diminuent chaque jour les chances de production. C'est ainsi que nous nous expliquons la fréquence et la ténacité relatives de la fièvre typhoïde dans certaines grandes casernes largement installées, bien ventilées, proportionnées à l'effectif nombreux qu'elles abritent, taudis que la maladie est plus rare, où même nulle dans des casernes relativement moins bien aménagées, mais tiont les dimensions plus modestes n'admettent qu'un chiffre plus restreint d'habitants.
2" Chiffre de l' agglomération. — Le danger ira croissant avec le chiffre même de l'agglomération, dont toute augmentation accroîtra les chances de contagion parla présence dans un même milieu d'individus malades ou commençant à l'être, et d'une masse rela-
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livement considérable d'autres individus aptes à contracter la môme affection. Dans la population civile d'âge correspondant, il n'y a pas de catégories d'individus réunis en aussi grand nombre que les soldats; lellé caserne, comme la Part-Dieu à Lyon, renferme plus de 5,000 hommes.
On comprend la ténacité des épidémies de maladies contagieuses dans ce milieu, par le fait seul du chiffre de ceux qui s'y trouvent. Dans une famille, le danger de contamination durera autant que la maladie des divers membres de cette famille, pendant quelques jours, quelques semaines, rarement davantage; les épidémies de maisons, quelle qu'en soit la nature, représentent en général les minima de durée des épidémies, vu le nombre restreint des sujets qui peuvent les entretenir ; dans une caserne renfermant des centaines de soldats, le nombre des atteintes successives pourra, au contraire, perpétuer, durant des mois, les chances de maladie pour l'ensemble de la population de cette caserne ; et tel individu qui avait résisté, faute de prédisposition, à la première impression du contage, se retrouvera, après une période souvent assez longue, en présence de la même influence morbilîque, à laquelle, cette fois, il n'échappera peut-être pas.
s X- — INFLUENCE DE LA MOBILITÉ.
Sous les trois rapports précédents : âge, expatriation, agglomération d'unités similaires, la population des casernes se rapproche de quelques groupes d'individus, comme ceux qui constituent la population des lycées et des écoles, comme certaines associations ouvrières, et l'on comprend ainsi la similitude des affections propres à ces derniers groupes et de celles du soldat.
Les soldats arrivent dans leurs casernes, comme l'élève dans nos lycées, avec les imminences morbides de l'adolescence ; ils viennent habiter un milieu propre à recevoir et à entretenir les germes des contages volatils en raison de l'agglomération d'organismes jeunes et de leur résidence dans de grandes villes, foyers de tant de causes morbides spécifiques.
Mais ces prédispositions communes sont augmentées dans l'armée par une dernière condition propre celle-ci aux soldats, et qui ne permet plus de les rapprocher de ces autres groupes de la société : leur mobilité, c'est-à-dire leur passage fréquent à travers les milieux morbifiques les plus divers.
C'est celte mobilité qui s'oppose à un rapprochement absolu en-
tre l'armée et les catégories de la population civile comparables comme âge, sexe, agglomération, et môme expatriation.
§ XI. — AUTRES CONDITIONS PATHOGÉ.MQUES.
Les autres prédispositions morbides du soldat, moins importantes que les précédentes, correspondent, en partie, aux faits analogues observés dans la population civile.
La dose plus considérable de bien-être nous rendra compte des immunités de divers régiments, mieux payés, mieux installés que certains autres, et ici encore on trouverait des preuves à l'appui de l'axiome émis par Yillermé : que le riche meurt moins que le pauvre.
Les fonctions spéciales de diCTérents corps nous expliqueront leur disposition particulière aux affections d'origine météorique ou tellurique.
La répartition des épidémies de fièvres exanlhématiques, en dehors des conditions d'âge qui en feront spécialement l'attribut des plus jeunes, sera influencée par les facilités plus ou moins considérables de contage, comme le démontrent les atteintes relativement si nombreuses des infirmiers militaires qui, vivant au foyer même de toutes les contagions, présentent les chiflres les plus élevés d'atteintes et de mortalité, par maladies spéciûques, aux premiers temps de l'incorporation (1).
§ XII. — coNCLusiOi\s SUR LES phédispositions siorbides du soldat en temps de paix.
Conclusions. — Les considérations précédentes nous permettront d'apprécier à leur juste valeur une série d'arguments banalement invoqués, et empruntés soit aux adversaires du système des armées permanentes, soit aux littérateurs qui ont prononcé sur ces questions sans les approfondir. On a cru devoir rapporter exclusivement à l'infériorité des conditions hygiéniques imposées aux soldats les deux circonstances suivantes reprochées surtout aux armées : 1° d'une part, de créer un danger pour la population civile, en retardant ou diminuant les mariages, et par conséquent en diminuant aussi la natalité, en important des maladies épidémiquos et contagieuses, et enfin en rejetant, par les reformes, dans cette population, des éléments d'augmentation de sa morbidité et de sa
(1) L. Laveraii, loc. cit.
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mortalité; 2° d'autre part, de déterminer pour le soldat lui-même, dans une proportion souvent considérable, un accroissement analogue de chances de mort et de maladie.
Nous avouons que notre raison ne peut accepter, sans réserve, une pareille interprétation de ces deux faits incontestables. Il est évident que la constitution même d'une armée, c'est-à-dire l'isolement de la classe la plus jeune, la plus virile, la plus féconde de la population mâle, immobilisera forcément, au point de vue de la reproduction légitime, un nombre considérable d'individus plus spécialement aptes à cette reproduction; il est évident que l'on ne pourra empêcher l'homme d'être véhicule des contages les plus divers, qu'il soit soldat ou non, et que du moment qu'il y a une armée, que cette armée est mobile, elle représentera forcément, par ce fait même, une augmentation de chances de transmission morbide, absolument comme les caravanes, les colonnes d'émigrants, comme toutes les masses, en un mot, dont la mobilité, en temps d'épidémie, peut être si dangereuse pour les populations des pays qu'elles traversent. Il est non moins évident que jamais on ne songera à séquestrer de la population civile les individus renvoyés de l'armée par retraite ou réforme, et susceptibles, parla détérioration de leur santé, de compromettre à un certain degré la vitalité de cette population. On peut demander et obtenir, et on l'a obtenu déjà, une diminution considérable de ces dangers du soldat pour la population civile ; mais en demander la suppression complète, c'est demander la suppression des armées, et sortir entièrement de la question pratique qui nous occupe.
Par son âge, son expatriation, son agglomération sous forme de collectivités identiques, et enfin par sa mobilité, l'armée contracte des aptitudes morbiflques indépendantes, jusqu'à un certain point, de l'hygiène qui lui est imposée.
Dans nos études sur la morbidité en général q{ sur la morbidité militaire, nous avons démontré combien était incomplète l'assimilation qu'on avait voulu établir entre l'armée et différentes autres professions au point de vue des conditions pathogéniques. Quant à comparer l'armée aux groupes stables de la population civile de même âge, c'est supposer résolues, dans le sens d'une indifférence complète à cet égard, les influences si réelles cependant sur la santé : du changement complet de vie et de résidence ; du passage de l'individu dans des milieux morbifiques nouveaux; tle son existence non plus en famille, mais au centre d'une collectivité dont chaque membre a les mômes aptitudes morbides que
lui, Cl par conséquent centuple, pour lui, les occasions de contracter les maladies contagieuses.
Les imminences morbides croissent pour chacune de ces individualités ; jadis le soldat n'était exposé qu'aux maladies contagieuses qui pouvaient frapper sa famille, son village ; aujourd'hui , sans que sa force de résistance soit accrue, sa chance de contracter une maladie contagieuse est multipliée par le nombre de ceux avec lesquels il vit ; et, comme ces affections contagieuses sont aussi communes chez les forts que chez les faibles, on comprend que 1 examen du conseil de révision ne fournisse à cet égard aucune garantie de préservalion ultérieure.
Voilà ce qu'oublient trop fréquemment ceux qui affirment que la sélection imposée par la révision devrait suffire à abaisser la mortalité de l'armée au-dessous du niveau de la mortalité civile. Cette sélection ne diminue en rien la prédisposition aux maladies spécifiques ; nous verrons même qu'elle l'augmente peut-être pour quelques affections, notamment pour la fièvre typhoïde.
Lacollectivité militaire différera enfin à peu près loujoursdesautres groupes auxquels on a cherché à la comparer en ce qu'elle est mobile, passant de foyers morbides en foyers morbides, et plaçant, à chacun de ces changements, des milliers d'organismes, prédisposés en qualité de nouveaux venus, sous l'imminence de causes pathologiques auxquelles la population acclimatée est devenue indifférente.
11 serait donc étonnant que ces conditions spéciales de la vie militaire ne créassent pas des aptitudes morbides différentes de celles du reste de la population.
En résumé, le fait de la constitution d'une armée entraînera toujours, à un degré plus ou moins considérable, suivant les systèmes adoptés, la création de certaines influences morbifiques dont aucune profession civile n'imposera aussi complètement les dangers à la totalité de ses membres. Ces dangers consistent spécialement suivant nous : 1° dans l'expatriation plus ou moins brusque, plus ou moins complète, du jeune soldat appelé sous les drapeaux ; 2° dans son exposition aux influences morbides des grandes villes de garnison, auxquelles la plupart des soldats, originaires de la campagne ou de villes secondaires, fussent demeurés étrangers; 3° dans l'influence de la vie en commun d'individus tous du même âge, ayant encore en partie les aptitudes morbides de l'enfance, et prédisposés par conséquent à nombre d'affections spécifiques qui , dans ces réunions d'hommes jeunes, trouvent un excellent terrain pour leur germination et leur reproduction.
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§ XUI. — DE L'AnSlÉE EN TEMPS DE GUEnilE.
1° Comparaison entre les maladies du soldat en campagne et celles du soldat en gaimison. — Les régiments en garnison dans une même localité offrent, au point de vue de leur état sanitaire, ce double caractère : 1° de prendre leur part, dans une certaine mesure, des affections qui sévissent sur la population à laquelle ils sont mêlés ; 2" de ne pas être d'ordinaire simultanément atteints de la môme maladie ; habitant des quartiers différents, n'ayant pas toujours une installation comparable, ils subissent, en somme, chacun dans sa cnserne, l'influence de la localité dans laquelle ils se trouvent. Or il suffit de suivre l'évolution épidémique de telle ou telle affection dans une même ville, pour reconnaître la différence ou tout au moins la variabilité des conditions de réceptivité de tel ou tel quartier de cette ville, conditions qui, dès lors, varieront également dans les divers groupes de la garnison.
En campagne, au contraire, le milieu militaire s'affirme plus complètement. Tout à fait distinct de celui de la population civile et laissant derrière lui les germes contagieux qu'il trouvait dans l'atmosphère des grandes villes, il s'identifie dans toutes ses parties ; sauf quelques différences individuelles sur lesquelles nous reviendrons, une armée en campagne nous représente, en somme, une masse d'unités similaires, soumises à l'influence uniforme du même sol, d'une même atmosphère, d'une même alimentation, des mêmes fatigues, unités, en outre, toutes rapprochées les unes des autres ; de façon à ce que, d'une part, tous subiront presque simultanément l'action des influences morbifiques qui pourront naître du milieu où ils vivent ; à ce que, d'autre part, s'il surgit en cette masse une affection transmissible, la généralisation du mal devra s'accomplir plus complètement et plus rapidement qu'en aucun autre milieu. Cette identité des prédispositions nous explique la rapidité habituellement plus grande dès épidémies qui frappent les troupes en campagne : l'opportunité est la même pour tous, tous sont arrivés parallèlement au degré voulu de réceptivité ; une armée en plaine subira en quelques jours une maladie qui pèsera, durant des mois, sur la population d'une ville. Citons, à titre d'exemple frappant, la rapidité d'expansion des épidémies de choléra dans une armée en marche ; elles y seront aussi courtes, vu l'identité du milieu, que des épidémies de maisons, tandis que, lorsque cette ■• aladie pénètre dans une grande ville de garnison,
elle y trouve souvent une masse de milieux divers par leur population, leur hygiène, les conditions du sol, et ne frappe que successivement, en raison de leur diff(^rence de réceptivité, les diverses casernes de cette ville (Voy. page 230).
A l'époque actuelle, il n'y a pas lieu peut-être de maintenir aussi rigoureusement qu'autrefois une profonde diû'érence entre les causes pathologiques qui sévissent sur les armées en campagne et celles qui nous rendent compte de leur morbidité en temps de paix.
Les affections virulentes sont certainement plus communes, en généra], en garnison qu'en marche ou en campagne. Il suffit souvent, pour dissiper ces épidémies, de quitter l'habitation des villes, des casernes, et de faire camper les troupes.
Mais ici encore il ne faut pas s'empresser de généraliser et conclure qu'en temps de guerre ces maladies ne pourront apparaître ; rappelons que la plupart des tribus guerrières indigènes soit de l'Afrique, soit de l'Asie, qui ont ec à lutter contre des forcés européennes, ont presque toujours suh\, à la suite de ce contact, de terribles épidémies contre lesquelles ne les préservaient aucune vaccination ni aucune atteinte antérieure, épidémies qui ont souvent arrêté la guerre, et même anéanti ces tribus, comme en 1824 lors de l'expédition anglaise de sir Charles Maccarthy contre les Ashantes de la Côte d'Or du Sénégal (1). En Europe, ce sera surtout dans les guerres de siège, comme en 1870-71 à Paris, comme déjà en 1688 à Philisbourg, que ces épidémies trouveront le plus naturellement leurs conditions de développement par le maintien des troupes dans les foyers épidémiques.
La dernière guerre, celle de 1870-1871, dans laquelle les maladies les plus graves ont élé : pour nous la variole ; pour les Allemands, la fièvre typhoïde et la dysenterie, et où les grandes pestes de guerre, typhus et scorbut, n'ont en somme apparu qu'à l'état d'imminence, est une preuve évidente de la similitude des prédispositions morbides actuelles des armées soit à la guerre, soit pendant la paix. Et cette analogie a deux raisons principales:
1° En temps de paix, les armées sont actuellement beaucoup moins complètement installées dans les villes qu'autrefois ; résidant dans les camps, elles y éprouvent,- à un degré moindre que dans la vie habituelle de garnison, quelques-unes des afi"ections
(I) Voir Léon Colin, l'Expédition anglaise de la Côte d'Or (GuZ. hebd, de méd. et de chir. Paris, 1874).
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plus communes dans la résidence des grands centres de population fièvre typhoïde, fièvres éruptives ; elles y éprouvent davantage, au contraire, certaines maladies fréquentes lorsque l'homme subit plus complètement l'action du sol et des météores, surtout les fièvres intermittentes et la dysenterie. De cette installation en temps de paix résulte une transformation de leur état sanitaire, un acheminement vers les deux affections précédentes qui, de tout temps, bien avant les calamités passagères causées par les fléaux pestilentiels, constituent, et dans les climats chauds, et dans les climats tempérés, le fond de la pathologie du soldat en campagne.
2° D'autre part, quand la guerre s'accomplit au milieu de pays sillonnés de routes et de chemins de fer, autour de mers parcourues par des bateaux à vapeur, deux causes pathologiques sont singulièrement atténuées aujourd'hui : 1° l'encombrement, vu la rapidité possible des évacuations sur la mère patrie ; 2" les maladies d'alimentation, vu la possibilité d'un ravitaillement incessant ; on voit ainsi diminuer les causes dominantes des deux fléaux principaux d'une guerre prolongée : du scorbut et du typhus.
§XIV. — IMPORTANCE DES CAUSES PATHOLOGIQUES SUR LA MORTALITÉ DES ARMÉES