UU
ISi.OliO
12o.Ol'0 •
On voit, en ce tableau, combien les Anglais ont relativement souffert durant le premier hiver, la proportion des malades dépassant quelquefois le tiers de l'effectif; pendant le second hiver, au contraire, alors que la morbidité de l'armée française allait croissant, celle de nos alliés diminuait dans une proportion remarquable. C'est que les Anglais avaient été' instruits par leurs souffrances.
c( Le gouvernement anglais, éclairé par les rapports du médcciu directeur du service de santé, reconnut combien il importait de bien traiter, pour les conserver, des hommes représentant un capital considérable, augmenté du prix du transport i\ une aussi grande dislance ; il prit immédialement une décision suprême, et montra
ce que peut une grande nation pour la conservation et le bien-être de son armée. » (Chenu.)
Aussi pendant le second hiver, les Anglais n'ont plus que les maladies saisonnières, alors que les Français ont le typhus et le scorbut. L'infection a été croissante dans nos ambulances, par suite de leur immobilisation entraînant l'accumulation sur place d'une masse d'éléments de putréfaction animale, provenant de près de 200 mille malades (198,225), blessés et fiévreux, reçus dans ces mêmes locaux, du mois d'octobre 18o4 au 30 avril 1836.
On peut, d'après cette expérience, reconnaître la puissance de l'homme contre les fléaux de lu guerre. On y voit une armée, d'abord menacée d'être détruite par les maladies, passant presque sans transition à l'état sanitaire le plus florissant, et cela toujours dans | les mêmes circonstances de guerre, de climat, de saison. • '
§ XXII. — INFLUENCES PATHOGÉNIQUES HÉSULTANT DES CIUCONSTANCES DE LA GUEURE.
Les circonstances de la guerre diversifient singulièrement les chances de maladie des armées en campagne. Parmi ces conditions il en est de fixes, inhérentes au pays où se fait la guerre. D'autres sont éventuelles ; ainsi dans les campagnes actives, aux chances prévues de morbidité, d'après le climat, la saison, la localité, etc., viennent s'ajouter les conditions imprévues créées par les faits de guerre, conditions si variables elles-mêmes ; la preuve de cette variabilité ressort de la comparaison de certaines campagnes accomplies dans le même pays, en la même saison, par conséquent dans des circonstances de milieu en apparence identiques, et dont les unes se sont effectuées sans occasionner un chiffre considérable de maladies, dont les autres ont été entravées par le développement d'affections assez graves et assez nombreuses pour transformer l'expédition en un véritable désastre.