‹ Traité des maladies épidémiquesChapitre 94 sur 195 · I. — IMPORTANCE DE CETTE DURÉE DANS LA CONSTITUTION DE L'ÉPIDÉMIE · texte numérisé non relu

I. — IMPORTANCE DE CETTE DURÉE DANS LA CONSTITUTION DE L'ÉPIDÉMIE

La durée des épidémies est une de leurs conditions importantes. C'est en raison de la simultanéité d'apparition, ou de l'apparition en un temps très-court des cas d'insolation et de congélation, dans les armées en marche par exemple, que des auteurs hésitent fréquemment à donner h l'ensemble de ces cas le nom d'épidémie ; l'influence morbide a offert, suivant eux, un caractère trop transitoire, trop fortuil, pour autoriser cette appellation qui nous semble cependant tout aussi bien applicable, vu la communauté de la cause, que dans les circonstances où une brusque vicissitude atmosphérique produira des dysenteries ; en l'un et l'autre cas, la durée de Vicius épidémique est limitée à celle de l'intempérie dont il jésuite.

En bien des circonstances l'expression ne devra être au

contraire employée qu'à la condition d'une limitation relative de la période pendant laquelle ont apparu les atteintes morbides.

Qu'un corps de troupes subisse, dans tout le cours d'une année, 20 à 30 atteintes de fièvre typhoïde, réparties sur l'ensemble de cette année, on ne dira point qu'il y a épidémie, bien que cette morbidité soit peut-être double ou triple de la morbidité moyenne annuelle entraînée par cette affection.

Il en sera tout autrement si un nombre de cas, analogue et même inférieur au précédent, se manifeste en très-peu de temps :

cinq ou six cas de fièvre typhoïde, survenant coup sur coup, indiqueront le début d'une épidémie.

§ n. — BAPPOnT ENTRE LA DURÉE ET LA MOBILITÉ DES ÉPIDÉMIES.

Contrairement aux maladies alimentaires, aux fièvres intermittentes, aux maladies saisonnières, le plus grand nombre des épidémies sont douées d'un caractère de mobilité qui rend bien difficile l'étude de leur durée sur une surface territoriale étendue, que cette mobilité soit due à leur faculté de propagation contagieuse, ou à un déplacement plus obscur de leurs causes, comme dans la marche de l'influenza. Grâce à ce changement incessant de théâtre, ces épidémies se continuent sur les lieux voisins de ceux qu'elles ont d'abord envahis, et leur cycle, au lieu de s'accomplir surplace, ce. qui permettrait d'en constater mathématiquement le début et la fin, devient bien plus difficile à déterminer.

Cette distinction échappe aux médecins dont le champ d'observations est limité à telle ou telle ville; tandis qu'elle constitue un objet d'études pleines d'intérêt pour ceux qui suivent l'ensemble des grands mouvements épidémiques (1).

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