I I. VARIATIONS DE LA DIRECTION DES ÉPIDÉMIES
En étudiant la durée des épidémies, nous venons d'indiquer déjà les conditions de rapidité plus ou moins grande de la marche des épidémies mobiles. Il nous reste en ce chapitre à en étudier plus spécialement la direction.
On a prétendu reconnaître à ces épidémies une impulsion fatale en tel sens, spécialement de l'est vers l'ouest. PUne avait remarqué déjà que les maladies pestilentielles se dirigeaient toujours vers
l'occident. ,
Il n'est vraiment pas étrange que les habitants de 1 Europe occidentale aient, pendant des siècles, vu venir grand nombre de leurs maux de l'Asie, ce berceau du monde d'où les peuples et les armées se déversaient, entraînant avec eux la guerre, la rume et les maladies contagieuses, sur les populations relativement slationnaires des Gaules, de l'Angleterre et de l'Espagne. Ainsi nous sont venues la lèpre, la variole et sans doute la rougeole. Rien non plus d'étrange à ce que la peste d'Egypte et le choléra des Indes, dont les foyers d'endémicité sont à l'est de l'Europe, nous soient arrivés toujours en marchant vers l'ouest.
Mais on a certainement forcé les faits pour assujettir la marche des épidémies à la direction qui leur était doctrinalemenl assignée vers l'ouest. On a prétendu surtout l'imposer aux manifestations: initiales de certaines maladies populaires, à leurs premières épidémies. On a par exemple appliqué cette doctrine au typhus. Ainsi,,