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CHAPITRE XXVI

ALCOOLISME

Il esl difficile d’apprécier la fréquence de l’alcoolisme dans l’armée, car l’alcoolisme ne figurait pas dans l’ancienne nomenclature (la seule qui ait servi jusqu’ici pour la statistique de l’année) ; on trouvait seulement, sous le titre XIII (maladies du système nerveux), § :203, le delirium tremens, et sous le titre VH (maladies des organes de la digestion), § 104, l’ivresse. Il est clair que les décès qui se produisent à la suite d’ivresse ou de delirium tremens ne représentent pas la mortalité par alcoolisme, il faudrait y ajouter un certain nombre de décès par hépatite (cirrhose du foie), néphrite albumineuse, apoplexie cérébrale, athérome, paralysie générale, etc. La nouvelle nomenclature, adoptée le i3|novemhre 1874, échappe à ce reproche; on y trouve en effet, sous le titre I (maladies générales), § 9 bis, l’alcoolisme aigu et chronique; il est à désirer qu’on range dans ce casier de la statistique toutes les maladies qui sont dues bien évidemment à l’intoxication aiguë ou chronique par l’alcool, sans plus se préoccuper de la classification qui faisait figurer dans trois ou quatre cliapitres différents des maladies qui relevaient de la même cause, sous prétexte que les localisations n’étaient pas les mêmes. Malgré ce progrès, la statistique n’arrivera jamais, pour la mortalité par alcoolisme, à une exactitude parfaite; comment apprécier à l’aide de chiffres l’influence de l’alcool sur la marche des maladies, des blessures? Un alcoolique meurt de pneumonie, la statistique enregistre un décès par pneumonie, cependant l’alcoolisme a joué un rôle important dans l’évolution de la maladie.

Si la statistique médicale de l’armée nous renseigne très-mal sur la fréquence de l’alcoolisme, les chiffres qu’elle nous donne ont cet avantage d’êire comparables à ceux de la statistique anglaise, qui range aussi l’alcoolisme sous ces deux titres : ivresse, delirium tremens, que nous réunirons en un seul; nous pouvons donc comparer la fréquence de l’alcoolisme dans les armées française et anglaise, comparaison qui est, comme on va voir, tout à notre avantage.

MALADIIiS KT ÉPIDÉMIES DF.S ARMÉES.

Armée française. — Eu 18G9, pas de décès par ivresse; 7 décès par delirium ireinens (I sous-officier, 6 caporaux ou soldats). Eu 187î2, 3 décès par ivresse (soldats), 9 décès par delirium tremens (4 sous-ofliciers, *2 ol'liciers, 3 soldats) ; ce qui donne en 1809 une mortalité de 0.010 sur 1000 hommes, en 1872 une mortalité de 0.027 sur 1000 hommes par ivresse et delirium tremens.

Armée anglaise (1). — De 1859 à 1800, 3191 hommes sont entrés aux hôpitaux pour ivresse et 819 pour delirium tremens, ce qui, pour ces huit années, donne une proportion de 0.4 pour 1000 hommes. Dans la même période il y a 30 décès par ivresse et 50 par delirium tremens, soit 80 décès par alcoolisme aigu et 0.13 décès par an pour 1000 hommes d’ellèctir, chiffre près de 10 fois plus fort que celui de l’armée française en 1809.

L’armée anglaise des colonies fait encore des pertes bien plus fortes par l’alcoolisme ([ue l’armée de l’intérieur; aux Antilles, à Ceylan, aux Bermudes, la mortalité par ivresse et delirium tremens est excessive ; l’Anglais transporté dans les climats chauds ne veut pas renoncer à ses habitudes, et le climat exagère l’action toxique de l’alcool.

FnÉQUF.NXE UE L'aLCOOLISME DANS LES PRINCIPAUX POSTES DE L'AUMÉE ANGLAISE.

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