GUÉRISONS
Les deux tiers.
La moitié.
Un di.xiènie.
Un vingtième.
Presque aucune Très-peu.
Beaucoup.
Dans la plupart des cas.
La maladie, tout en diminuant de gravité, conserve ses caractères; l’épidémie observée par Cbalin de Vinario en 1382 à Avignon est bien la peste à bubons : d’après cet auteur la conlagion était la principale cause d’extension de la maladie.
Pendant tout le cours du xv“ siècle, les épidémies de peste se succèdent rapidement, elles sont fréquentes surtout en Allemagne; les principales sont celles de 1440, de 1 iOO, de 1473 et de 1482.
Au XVI® siècle la peste est endémique en Allemagne; en Hollande, en Italie; l’épidémie de Milan est connue, par les relalions de Manzoni et de Maebiavel, elle gagna Padoue et ^enise en k)D7 (A. Massa). L’épidémie la plus considérable du xvi® siècle est celle qui a été dé-
fit L. Colin, .irt. Quarantaines, Diction, enr.ijdop. dc.i sc. méd. (2) Ilaeser, Op- cil., p. IÜ9.
PESTE A BUBONS
, crite en Ilollamlc par P. Foreslns (157^2-1574) ; elle s’élendii à une ^ grande partie de l’Ènrope, fil échouer l’expédUion du sultan Amurat » contre Venise, ravagea l’Italie, Malte et la Sicile, et alla se temiinei I en 1585 à Breslau.
A partir de la fin du xvP siècle, la peste commence à devenir plus I rare en Europe, cependant au temps de Sydeidiam la peste s’ol)servait I encore tous les vingt ou trente ans a Londres.
Lors de l’épidémie do 1005, 8000 habitants de Londres périrent; i il est intéressant de voir que Sydenham admet l’importation, et que s’il invoque une constitution atmosphérique particulière, il dit aussi ► qu’elle n’est pas snITisantc pour expli(fuer l’apparition de la peste.
« J’ai de grands soupçons, dit-il (1), que la disposition de 1 air, quelque pestilentielle qu’elle soit, est incapable d’elle-même de causer la peste, et que cette maladie subsistant toujours en quelque emlroit, ou ‘ par un foyer ou par sa communication avec (piehpie pestiléré, elle est apportée des lieux infectés dans les autres, ou elle ne devient epidémi(pie qu’au moyen d’une certaine disposition de 1 air qui la lavorise. Sans cela je ne comprends pas comment il peut se faire que «i dans un même pays une ville est afiligée de la peste, qui y lait de grands ravages, tandis (pEune antre ville peu éloignée de la première s’en garantit absolument en s’interilisant tout commerce avec la ville J pestiférée. C’est ainsi que par les soins et la prudence du grand-duc
j de Toscane la peste qui ravageait il y a peu d’années presque toute
'! l’Italie ne pénétra point dn tout dans la Toscane. » Nous verrons plus tard que la coidagion de la peste a été niée par un grand nombre d’auteurs, nous tenions à constater que Sydenham se range dans le camp des contagionistes.
La maladie commençait presque toujours par un frisson analogue a •ceux de la fièvre intermittente, puis survenaient des vomissements; les malades se plaignaient d’une douleur précordiale et d’une fièvre ardente qui duraient jusipi’à la mort ou jusqu’à l’apparition irun bubon; à côté de ces formes régulières il y avait des cas foudroyants dans lesquels la mort survenait en quelques heures par suite d une véritable sidération, et des cas légers dans lesquels les bubons se manifestaient sans lièvre et étaient pour ainsi dire les seuls signes de l’infection; ces variétés se retrouvent dans presque toutes les épidémies.
Sydenham avoue le plus naturellement du monde qu'il quitta Londres pour écbaiiper à la contagion; on se figurait encore à cette
(1) Sydenham, Médecine pralique. Traduct. de A. F. Jault, in Encyclop. des sc. méd., p. C6.
époque que la peste était envoyée par la Provitlence pour punir les hommes; partant île ce principe, on s’étonne même de voir Sydeiiliam discuter le meilleur traitement de la peste, pourquoi ne pas laisser s’accomplir le chàliment céleste? Dans un autre chapitre Sydenham discute très-sérieusement la question de savoii' s’il Tant traiter les maladies vénériennes, ([uestion qu’il résout, il l'aut le dire, par l’affirmative.
La longue série des épidémies de |)este se termine en Angleterre par celle de lOcSS à Londres, en France pai' celte dite de Mai'seille ou de Provence (17iD); Aix, Toulon, Marseille, eurent fort à soulfrir de celte épidémie, dont l’origine suscita de vives controverses entre les partisans de la coutiigion et de rinqiorlation et leurs adversaires.
En Uussie la dernière maniléstatioii épidémiijue est la peste de Moscou ( 1770); la maladie régna en Hongrie et en Gallicie jusqu’en 1797.
Lors de l’expédition française d’Egypte la peste sévit sur notre armée; peu après le débaripiement quelques cas de peste furent observés ;ï Damiette, mais c’est à .laffa seulement que la maladie prit une extension considérable. Les malades mouraient au cinquième ou au sixième Jour, quelquefois plus nipidement; les bubons se montraient en général aux aines, queb[ues malades en avaient dans les aines et dans les aisselles ; les charbons n'avaient pas de siège bien déterminé, ils étaient souvent au nombre de deux ou trois chez le meme malade.
On a cité plus d’une fois l’exemple de Desgenettes s’inoculant impunément la peste pour démontrer ipie la maladie n’est pas inoculable; on va voir que lui-même n’attribue pas une bien grande importance scientifique à l’expérience faite sur lui-même et qu’il ne nie nullement la transmission de la maladie : « Ce fut pour rassurer les imaginations et le courage ébraidé de l’armée, ipi’au milieu de l’hôpital je trempai une lancette dans le pus d’un bubon ap|)artenant à un convalescent de la maladie au premier degré et ipie je me fis une légère piqûre dans l’aine et au voisinage de l’aisselle sans prendre d’autres précautions que celle de me laver avec de l’eau et du savon qui me furent ofl'erls. .l’eus pendant plus de trois semaines deux petits points d’iiillammation correspondants aux deux piqûres, et ils étaient encore très-sensibles lorsipi’au retour d’Acre je me baignai eu présence d’une partie de l’armée dans la baie de Césarée.
» Cette expérience inconqilèle et sur laquelle je me suis vu obligé do donner qiiebpies détails à cause du bruit (pi’elle a fait, prouve peu de ebose pour l’art; elle n’iiifirme point la transmission de la contagion démontrée jiar mille exemples; elle fait seulement voir que les
PESTE A BEP.ONS.