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LA MÉDECINE MILITAIRE, ROLE ET DEVOIRS DU MÉDECIN DANS LES ARMÉES

Les médecins grecs el romains passent connilétement sun.s silence l’iiisloire des maladies des armées; c’est dans les liistoriens qu’il nous faut reclierclier la trace de (jiielques grandes épidémies militaires dans l’antiquité.

'1 liu(*ydide (l)nous a laissé une belle description de la peste qui sévit à Athènes et dans l’Altique de 430 à 425 avant .l.-C., et qui fit un grand nombre de victimes pendant la guerre du l’éloponèse.

Xénopbon parle dans la Cyropédiede la nécessité où sont les généraux d emmener avec eux des médecins (2) ; dans sa mémorable relation de la Retraite des Dix-Mille (3) le même auteur lait mention de la perte de la vue, des congélations provenant de la neige el du froid excessifauxquels furentexposées ses troupes dans les montagnes après le passage de l’Eupbrate.

Nous devons à Diodore de Sicile (4) la relation de l’épidémie qui, trois cent qualre-vingl-quinze ans avant J.-C., sévit cà Syracuse (peste de Syracuse, maladie des camps de Sicile); Tite-

(1) Tluicydidc, livre II.

(2) Tradiicl. d’Ablanc, liv. I, p, 34.

(3) Amhasis, livre IV, p. “21'J; édil. d’Oxford.

4) Diodore Sicid., lih. XIV, l I, p. (197. F,x eilil. Wessel. Ani$l, ITlfi

INTRODUCTION

Livc parle aussi d’une maladie peslilenlielle qui fit, en Sicile de grands ravages dans les armées romaine et carthaginoise. La peste de Galien (105 à 180 apres J. -G.) débuta dans une armée envoyée en Syrie pour réprimer une révolte et c’est l’armée qui transporta la peste à Rome lorsqu’elle vint y triompher.

Pline le Naturaliste lait mention d’une maladie qui affligea l’armée romaine en Germanie et dans laquelle plusieurs auteurs ont cru reconnaitre le scorbut (1).

Dion Cassius (52), Hérode (S), parlent des grandes pertes que fit l’armée de Sévère dans les marais de la Calédonie (:208 après J. -G.).

C’est à CCS grands épisodes, aussi intéressants pour riiistorien qu'c pour le médecin, que se bornent nos renseignements sur les maladies des armées dans l’antiquité; l’organisation de la médecine militaire à cette époque ne nous est pas mieux connue. « Il semble, dit Peyrilbe, que les historiens se soient concertés pour cacher à la postérité tout ce qui concerne l’exercice de l’art de guérir dans les armées de la Grèce et de Rome ( i). » Des écrits de Xénopbon il est permis de conclure qu’il y avait des médecins dans les armées grecques, mais ilesl]U’obableqiic la médecine militaire ne fut organisée que très-tard dans les armées romaines. Titc-Live ne parle jamais de médecins militaires et quand il mentionne la peste de Sicile qui régna sur les armées romaine et carthaginoise, il se contente de dire que de part et d’autre on adressa des prières aux Dieux. A Rome mémo pendant de longs siècles il n’y eut pas de médecins proprement dits, mais seulement des empiriques, des rehoutcurs diiaonsnous aujourd’hui ; les sorciers et les prêtres avaient aussi une nombreuse clientèle. Les médecins grecs s’établirent diflicile-

(T) Pline, livre XXV, ch. lu.

(2) Xiphilin, Excerpla, p. 307.

(3) llcrodian, étlit. de IlaiT, p. lèS et ITii.

(1) Histoire de la chirurgie, par Dujardin et Peynlhe.

INTRODUCTION

inciil à Rome; Caton, dans une lettre à son fils, lui recommande de SC délier des savants grecs et particulièrement des médecins (jiii commençaient seulement alors à s’acclimater à Rome (1). César le premier conféra aux médecins le droit de cité. Cependant on ne trouve dans les Commentaires aucun [)assage qui ju’ouve que César eût organisé le service de sanlé dans les armées.

Yégèce, ([ui écrivait sous le règne de Valentinien le jeune, l)arle des soins qui sont dus au soldat malade, sans fournir aucun détail sur la façon dont le service médical était organisé dans les armées romaines. Les conseils qu’il donne pour en tretenir la santé dans une armée sont fort remarquables (“2), mais il n’est pas question des maladies qui y sont les plus communes.

Ilyginus, dans son livre sur la castramétation, indicpie l’em- |)lacement qui était assigm; dans le camp au valeludinariuni, c’est-à-dire à l’intirmeric des hommes (d).

Galien parle de médecins qui suivaient l’armée romaine dans la guerre contre les Germains (107 à 175 après J.-C.) (i); au \f siècle, le code Justinien exempte le médecin de légion (medicum legionis) de ses devoirs civils quand il est absent pour le service pidjlic (5).

En plusieurs endroits, notamment en Italie cl en Angleterre, on a trouvé des pierres luniulaires dédiées à des médecins de culiorte et à des médecins de légion. La légion se composait de dix cohortes, et la cohorte, qui ne comptait que six cents hommes, possédait à un certain moment plusieurs médecins; une

(1) J. M. Guardia, Le service de sanlé des armées dans l’Anliquilé, in Iteniedes méilecins des années.

(-1) Végùcc, De re militari, liv. III, cliap. ii. Qiiemadmndum sanilas qtibernelur e.rerciliis.

(3) Ilygiui Gromatici, De caslramelalione liber, p. li t, t. X; Anliquii. roman. Juan. Grævii.

(•t) De composilione medicamenlnrum per généra, liv. III, ch. ii, et De composilione medicamentonim secundum Incos.

(ü) Corpus juns civilis, liv. X, litre 5“2. De professoribus et medicis.

iNTnonur.TioN.

lablcUe volive dédiée à Marcus Aurelius donne les noms dii- • inalre médecins allacliés à la cinquième cohorte de la garde ( 1 ).

Il est donccerlain qu’à la lin de l’enq^irc romain la médecine mililaire était organisée dans les armées (i^); mais l’invasion des Barbares vint bientôt bouleverser le monde, et la médecine mililaire, à peine fondée, disparut pour longtemps.

Le sire de Joinville nous a transmis l’iiistoire du scorbut (pii ravagea en Egypte rarmée des croisés; nous savons aussi par les historiens ipie la lèpre était très-fi’équente dans cette armi'c et qu’on fonda des établissements spéciaux, où les lazaristes soignaient les croisés liqu’ciix. On accusa même les croisés d'avoir importé la lèpre en Europe; accusation sans fondemeni, car, dès 560, il y avait des léproseries en Erance (('in-goire de Tours), et en 757, le roi Pépin admettait la h'qire comme cause de divorce, disposition contre laquelle l’Eglise s’éleva.

Au xvP siècle, le typhus éclale en Italie, et dès lors il s’allacbe aux armées; aussi les écrits des médecins militaires du temps sont-ils consacrés presque tout entiers à la lièvre des camps ou maladie hongroise (0). A la môme époque, la syphilis fait de grands ravages dans l’armée franeaise d’Italie, si bien qu’on lui donne le nom de mal fran(;ais(Eracastor) ; la syphilis l'xislait eu Italie avant l’arrivée des troupes françaises, mais il est certain que l’armée contribua jniissamment à la répandre.

Parmi les principaux ouvrages sur les maladies des armées ({ui parurent à la tin du xvir' siècle et au commencement du

il) Des médecins altachès aux années romaines, par .1. Y. Simpson, Iradnit ilo l'aiijjlais |iar Itnllnra. iGaielle méd. de Paris, 18.V7.)

Ci) Oiilrc lus ouvra;;es cilés pins liani, voir aussi pour l’iiistoiro de la médcriiu' mililaire dans l'anliipiilé : le ini'inoire do l'erev et Willanine ronronne- on I8li pai' la Société dos scionoos do I\lào.on. — Kiilin : Ile medieime inililaris apnd relrres fineros, romanosque condiHone. I.oipsii k, 18il-18i7. — 1’. (',h. Ilookcr, llisloire de la médecine, l. II. — (’li. Zimmermann, lliosi' qui r(‘snmo l'onvrage do Kiilin.

(8) ],an"ins, 1538; Thomas .lordan, 157(1; Codronrlii, 151)5; Tobias Cober, 1(10(1; lUiland, KlUü; lihnmol, ont publié des Iravanx sur la lièvre h.an;;roiso.

IN T ItOlKlCTI ON.

xviii°, nous citerons ceuK de Willius (1 ), de Utin. Liido\icn> (2), de Slald (Ivo. .loan.) (d), de Dezon (4), de .luch (llcnn. Paul) (,)).

Ilainazzini consaci-e un cliai>Ureaux malarlies des années (li); il avoue (ju’il n’a jamais pratiiiué dans les camps, et cela se voil de reste, car il se l'ait une très-lausse idée de la médecine d’armée. Les cpieUpies détails cpi’il donne lui ont ete lournis, dit-il.

par un médecin militaire lianovrien, Tontes les maladies des camps peuvent.

(1. Ericus HernstorlV.

dit Hamazzini, se rap-

porter à deux principales : la lièvre maligne et la dysenli'rie ; l’auteur énumère les causes multiples d’infection qui existent

dans les camps; il fait mention de la nostalgie comme d’une maladie assez fréquente parmi les soldats.

Kn terminant la première partie de cet historique, si jiauvre en travaux importants sur la médecine des armées, nous citerons ([uelques lignes d’nn petit ouvrage très-original, [uihlié à Pai'is en 1081, par Remy Fort. Il a pour litre ; La médeciae d’ariiu-e ou les enlrelieiis de Polenuali'e cl de Leoeo>>le sur les maladies des soldais. Remy Fort avait observé dans Rs armées, et il avait j)u se rendre compte de la grande moi'talit(î occasionnée par les maladies. Polemiatre, le princi[tal interlocul(‘ur, comme son nom l’indique (7ro>i[/ou enseigne à Leocestc quelles sont

les maladies qui régnent le plus souvent sur les armées, leurs causes et les moyens de h'S guérir; de là, trois dialogues.

Au début du premier dialogue Leocesle dimiandc à Polemiatre ce (pi’il a été faire à la guerre :

« Polemialre. .l’y étais poui' combattre.

Leocesle. Pour combattre! Eb ! qui?

( i l Dp morhis caslrensibus inlernh llafnue, 11)70, iii-l.

(i) Dp mnihis r.asirpn.'iihiis liber et de dijsevleria librl duo. Dp. oiiinia l'jli, 17 U2.

(:îj De mililnm inorbis pnecipuin borumque puviüionp, Ki'lbi'd, 1730.

(Il Lellres sur les principales maladies qui nul rérjné. ilans les hnpilaux de l'arwee du roi en Italie pendani les années I73i, 173.V, 1730. l’iiris, 17il.

(.■)) De inorbis caslrensibus, lios|). Wngiicr, Mil'oril, 1712.

(0) Traité des maladies des artisans, Inulni't. de l'oiirrrny, cli. \i..

TNTHODUCTION.

Polemialre. L’ennemi.

Lcoccstc. Quel ennemi ?

Polemialre. Le plus dangereux qu’aient les troupes.

Leocesle. Vous voulez dire peut-être les maladies; mais à mon avis le fer et le feu sont beaucoup plus à craindre.

Polemialre. Sachez pourtant que les maladies diHruisent d’ordinaiie plus de monde dans les at'mées que les armes mêmes et que souvent elles font plus de ravages que les batailles les plus sanglantes.

Leocesle. Quelle apparence qu’il meure plus de soldats de maladie que de blessures ? car on ne compte que par dizaine ou centaine de mille les morts d’une bataille.

Polemialre. On ne tue pas si facilement tant de gens ai'inês

et l’on ne donne pas si souvent de ces batailles Ce n’est pas

dans les combats qu’il meurt le plus de monde et l’on remarque d’ordinaire que parmi un assez grand nombre de combattants, pour trente blessés dans une occasion, on compte à peine dix

morts, encore meurt-on rarement d’une seule blessure Il

est constant que parmi les troupes les maladies font des ravages d’autant plus grands qu’il est difficile d’éviter leurs embûches et de se défendre contre leurs attaques. Elles ne donnent guère de trêve, quoique à l’armée on en donne souvent, elles s’introduisent comme des espions et des ennemis déguisés dans tous les quartiers d’un camp; elles entrent dans les tentes des soldats, les surprennent et leur coupent la gorge sans qu’ils puissent s’opposer à leur violence : ce sont elles enfin qui affaiblissent et ([ui ruinent les armées (1). »

(juand nous étudierons les causes de la mortalité des armées en campagne nous verrons qu’en eflet les maladies ont fait souvent plus de victimes (jue le fer et le feu de rennemi, comme le dit très-bien Remy Fort.

(1) Op. cil., p. -4-8

INTRODUCTION

Parmi les maladies les plus communes aux armées, Polemiatre cilo les fièvres, la diarrhée et la dysenterie, qu’il compare à deux sœurs « qui ont pour père les mauvais aliments et pour mère les entrailles » (Op. cit., p. 17"2); le scorbut, les maladies vénériennes.

Avec Pringle commence une nouvelle période historique aussi lâche en documents importants sur les maladies des armées que la première était pauvre. En 1742, Pringle suivit rarrnéo anglaise dans les Pays-Pas et fut nommé successivement médecin du duc de Cumherland, puis médecin général des armées anglaises; son magnilique ouvrage parut pour la première fois en 1752 sous ce titre : Observations on tlie diseases of lhe army. London, 1752 (1).

Dans la première partie de son livre, Pringle décrit succinctement les maladies qui ont régné pendant les campagnes de 1742 à 1748. Toutes ces campagnes, à l’exception d’une seule, celle de 1745-1740 qui se lit en Ecosse, avaient eu pour théâtre les Pays-Pas, aussi Pringle consacre-t-il le premier chapiire de son ouvrage à la topographie médicale des Pays-Pas; il signale l’inlluence des nappes d’eau souterraines sur la production des fièvres palustres; il note l’insalubrité particulière des marais où l’eau douce se môle à l’eau salée, et apprécie très-justement l’influence des pluies..., etc. Pringle passe ensuite à la relation des campagnes dans lesquelles il a suivi l’armée anglaise; la dysenterie, le typhus ou fièvre d’hôpital, les fièvres palustres sont les principales maladies qui régnèrent pendant les campagnes des Pays-Pas ; nous aurons souvent dans le cours de cet ouvrage à cilor les faits si bien relatés par Pringle, ainsi que les opinions qu’il a émises sur la nature et les causes des épidémies ([u’il oh- .servait.

Dans la seconde partie de son livre, Pringle, prenant les choses

(1) Nous nous sommes servi de la traduction publii'C dans V Encyclopédie des sciences médicales.

^ i.NTiiO nu f/n n.\.

tlo plusluuil, l'echerclic quelles sont Icsr.aiiscs des maladies des années et ([uellcs soni, les mesures prophylactiques ca|)ables de les prévenir; sa division des maladies des armées est basée sur 1 étude éLiülop'i(pic. Pringle étudie successivement :

1“ Les maladies occasionnées par le chaud et le Iroid.

Les maladies occasionnées par rimmidité.

.d'’ Les maladies (jui proviennent d’un air putride.

Celles qui proviennent d’un délaut dans le régime.

O" Celles enfin (pii sont occasionnées jiar fe.vcès du repos ou du mouvemenl, du .sommeil et des veilles et par la malprojnvté.

Nous aurons à apprécier plus tard cette division étiologique qui ne nous paraît pas applicable à l’bistoiro générale des maladies des armées, mais qui fournil un cadre suffisant aux faits oliscrves par Pringle. Pringle n’étudie en effet que les maladies des armées en campagne : « Les soldats, dit-il (op. cil., ji. 37), se trouvent en temps de guerre dans des circonstances bien différentes de celles des autres personnes en ce qu’ils sont exposés davantage aux injures de l’air et en ce ({u’ils sont pressés les uns contre les autres dans les camps, dans les casernes et dans les hôpitaux. C’est pourquoi la division la plus générale de ces maladies est en celles qui proviennent de l’intempéiae de la saison, du mauvais air et de la contagion. On peut réduire à deux sortes les maladies militaires qui dépendent de la saison, savoir, a celles d’eté, et à celles d’hiver, ou ce qui est la même chose, aux maladies des camps et à celles des garnisons. » Il huit SC souvenir qn’à celte époque les campagnes ne se continuaient pas pendant l’hivei-.

Le chapitre intitulé ; Des moyens généraux pour prévenir les maladies dans les armées, est un excellent résumé d’hygiène militaire. Les mesures ipie préconise Pringle pour jirévenir le dévelojipemeni de la dysenterie et de la fièvre d’hùjiital sont |)armi les meilhmres dont nous disposons encore aujourd’hui maigre tous les progrès accomjilis en hygiène depuis 17Ù3.

INTROnUCTION.

Voici quel(iucs-iiiis des sages conseils que donne l'i ingle. Quand la dvsenlcrie connncnce à faire des progrès, qiiiller le lerrain où l’on campe avec les lieux d’aisances, la paille ponri'ie el les antres immondices; défendre aux soldats de sc décharger le ventre partout ailleurs qu’aux lieux d’aisances. Rendre les lieux d’aisances plus prolonds qu a 1 ordinaire, y laiie jelci une fois par jour une couche épaisse de terre; ne pas mettre les malades dans un hôpital général; les médecins de régiment doivent traiter anlant que jiossihle leurs malades au camp; disperser de côtés et d’autres les hôiiitanx de régiment et ne point les placer les uns à côté des autres dans le même village; mettre peu de malades dans une même salle, l’aérer continuellement.

« J’ai toujours remarqué, dit Pringle {op. cil., p. ûO), que les salles dont on ne pouvait pas exclure l’air extérieur parce que les fenêtres étaient brisées, se trouvaient les plus saines. » ha môme remarque a été faite à Constantinople lors de la guerre de Crimée.

La troisième partie de l’ouvrage de Pringle est consacrée à l’étude des maladies en particulier; en y trouve d’excellentes descriptions des lièvres rémittentes, de la dysenterie et de la lièvre d’hôpital ou de prison (typlies); nous aurons souvent à revenir sur le livre de Pi ingle, c’est pourquoi nous ne croyons pas devoir en donner ici une analyse plus complète.

Rientôt après l’apparition de l’ouvrage de Pringle, les traités de médecine d’armée se multiplient tant en France qu’en Angleterre et en Allemagne, mais tous les auteurs qui entrent dans la voie si hrillamment ouverte par Pringle restent au-dessous de leur modèle; on ne trouve pas dans leurs ouvrages ce talent d'observation, cette analyse ingénieuse des causes, ces réflexions si vraies et si prati(pic.s qui font du livre do Pringle un cheld’œuvre; trop souvent sous ce titre de : Traité des maladies des armées, les auteurs se bornent ài'-crire un résumé de pathologie

INTnODUCTION.

interne et ils semblent oublier eux-mèmes le litre qu’ils ont ]bacé en tète de leurs ouvi'ages.

Kn 17,)i de Mcyserey publie à Paris deux volumes qui ont ])üiir titre : La médeciiic d’armée. Tout le premier volume est consacré à l’bygicne du soldat, nous n’avons pas à l’analyser ici; dans son second volume de Meyserey passe en revue la plupart des maladies connues en Commençant par les lièvres, on ne trouve rien absolument au sujet des maladies des armées et des caractères iiarticuliers qu’elles présentent; l’auteur ne cite aucun lait int(’'rcssaulà ce jioint de vue, cependant il avait exei’cé la médecine aux armées (-1).

Van Swieten, médecin en chef de l’armée autrichienne, publie en 1758 un petit manuel qui n’a pas de bien grandes prétentions, on voit que van Swieten a cherché à faire une œuvre pratique; dans sa préface il annonce que son livre s’adresse aux personnes qui n’étant pas versées dans l’art de la médecine sont appelées à soigner les malades aux armées, c’est dire que ce petit manuel ne traite que superüciellement le sujet (1). La préface est consacrée à quelques préceptes d’hygiène militaire très-simples mais très-sages; van Swieten ne craint jias de descendre aux moindres détails : manière de dresser les tentes, habillements, chaussures, etc.; les principaux chapitres sont consacrés à la dysenterie, à la fièvre continue et au scorbut.

Les ouvrages de Baldingcr ("2), de lllocklesby (8) cl de Monro ne marquent aucun progrès sni‘ celui de Pringlc.

(1) La médecine d'année, par M. tlo Meyserny, médecin ordinaire du roi, ancien médecin des armées de Sa Majesté en Italie et en .Vllemagne. Paris, 1751.

Van Swieten (Gi'i'ard), Urevis descriplio morhonim cnrandonim qui sœpius in caslris observanlur, Pragæ, 1758. Tradnct. fi'ançaise sons ce litre : Descriplion uhréqée des maladies qui reqnenl le plus communémenl dans les années, |)ar Van Swieten, premier médecin de S. M. 1. la reine de Hongrie. Amsterdam, 17(11.

(.')) lîaldinger (Krn. Godof.), De militum morhis iinprimis vero c.vercilus reqis Prussiœ. Itesp. lîosc. Vitemb., ITlîd. In-i.

(I) l’.locklesby (lücbaril ), Æconomical and medical obserralions from Ibe ijear 17o<8 lo the year 1761) inclusive — Tending lo the imprnvemenl of militani Itospilals and lo lhe cure of canip diseuses incident lo soldiers, etc. London, 1764. In-S».

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