MALADIES SAISONNIÈRES
traversa l’électorat ilc Mayence; la dysenterie lit dans celte armée de nombreuses victimes cl se communiqua aux populations (1). A la meme époque, les troupes prussiennes et impériales en étaient ravagées en Bohême.
Le docteur Chamseru, médecin de l’armée française, a écrit l’iiistoire des maladies (pu régnèrent sur les troupes pendant la guerre de 179^, en Champagne. A un été pluvieux succéda un automne frais et humide ; l’apparition de ladysenterie coincidaavec ce changement de température. L’armée ennemie, composée de Prussiens, d’Aulrichiens, de llessois et d’émigrés français, était déjà parvenue à Sainle- * Menehould et à CIfâlons lorsqu’elle fut arrêtée dans sa marche par l’affaire de Grand-Pré, le 20 septembre. Dix jours après, celle armée 1 était obligée de battre en retraite; la mortalité par dysenterie était énorme parmi ces troupes; les hôpitaux de Longwy et de Verdun furent encombrés de dysentériques, et la maladie ne tarda pas à envahir l’armée française, où elle exerça ses ravages jusqu’au mois d’octobre (2).
En 179:5 la dysenterie régna sur l’armée française d’ilalie; des chaleurs excessives pendant le jour, les brouillards et l’humidité de la terre durant la nuit, furent, d’après Desgenettes (3), les causes de cette épidémie. Nos soldats, man([uant de tout et exposés h des fatigues continuelles, présentèrent des dysenteries très-graves et souvent mortelles. Les volontaires des départements du Cantal, du Puy-de- Dc'mie et de l’Aveyron furent pa'iiculièrement frappés.
La garnison de Mantoue eut à souffrir en 1811 d’une dysenterie épidémi(iue; plus de 1000 soldats en furent atteints. La maladie, au (lire de Pisani (i), prit un caractère infectieux bien manifeste dans les salles de l’inàpital; elle se communiqua aux malades entrés pour d’autres affections et surtout aux convalescents, ainsi qu’aux médecins et aux infirmiers.
En 1812 l’armée française traversant la Pologne fut frappée d’une épidémie de dysenterie.
Pendant la guerre de Crimée les diarrhées et les dysenteries furent très-communes dans l’armée française; elles contribuaient à alfaihlir’ les hommes, qui étaient pris ensuite de scorbut, de typhus, do congélations. De mai à septembre 18r)r), 9919 diarrhéi([ues furent traités dans
il) Dcliorne, J'oiovia/ tie méilechie mililaire, 1781-.
(2) niiaiiiseru, Journal (/énéral de médecine, t. LX.V. C.ilt; [>ar Ozaiiain, o/i. cil., t. III, p. 303.
(3) Nota |ioiir servir à l’iiistoii'c de la médecine militaire de 1 armée d'Italie. Ozanam, op. cil., t. III, p. 301-.
{■il Cité par Ozanam, op. cil., t. 111, p. .307.
"'■1 MALADIKS KT ÉPlDfiMIES DES ARMÉES.
les hôpitaux de Conslanliiiople et donnèrent 1478 décès, ou K) 0/0. On voit que dans les conditions déplorables où se trouvait notre année la diaiihée avait pris une gravité exceptionnelle (1).
Le tableau suivant montre i|iie la diarrhée et la dysenterie ont fait un grand nombre de victimes dans l’armée américaine, surtout pciidanl la deuxième amié(' de la euerre.
NOMIIUK DKS M.M.AmUS HT DI'.S I>Kcf:S l'.\U mAlUlllKE ET DYSENTKUIK DAN.^ C.IIACCXE DES TUDIS llÉr.ION.S (2).
A.NNÉE FINISSANT I.E 30 JUIN dS02.
ANNÉE FIMSS.ANT