‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 4 sur 129 · N T no DU CTI ON · texte numérisé non relu

N T no DU CTI ON

1 ouvrage. Ges six volumes de Colombier ne valeiil pas le moimin' eliapili'c de Priiigle.

Imi 1805 a. K. lleckor publie uii manuel de médecine praliipie militaire fpii est traduit en 1808 par Crassier et Rampont, médecins de la Grande Armée. Nous avons cherché en vain dans cet ouvrage un passage original qui méritât d’ètre cité. A celte e|)0([ue les médecins manquaient pour l’armée Irançaise et c’est dans le but d’instruire les médecins appelés aux armées que Orassier et Rampont jugèrent à projios de traduire un livre bien peu digne de cet honneur. Voici comment les traflucteurs s’expriment dans leur prélace rédigée tout enlièi'c dans le style pompeux de l’époipic ; «. Tandis que les armées (rançaiscs en portant au loin leurs pas victorieux, éloignent les frontières de l’Empire, il se forme dans l’intérieur de nouvelles légions qui bientôt vont occuper les pays conquis jiar la valeur des pi'emières. Chaque nouveau succès demande une nouvelle armée, et chaque nouvelle armée la mise en activil(d’ofticiers de santé qui instruits d’ailleurs manquent encore de celle habitude, de ce tact que la j)ratique seule donne ( I ) ».

Ceux-là étaient bien mieux inspirés qui, au lieu de traduire les élucubrations d’un auteur allemand, observaient par euxrnemes et jour par jour, écrivaient dans leurs Mémoires Thisloirc médicale si digne d’intérêt des grandes guerres de la Révolution et de l’Empire. Les écrits de Resgenettes et de Larrey sont })lcins d’utiles enseigncmenls, on sent qu’avec eux on est rentré dans celte voie féconde de l’observation délaissée ]iar les successeurs de Pringle; nous aurons souvent à citer la belle histoire de l’armée d’Orient si bien pensée et si sobrement écrite par Desgenettes ; plus souvent encore nous puiserons dans les .Mémoires de Larrey, l.arrey ne se conlcnle pas d’ètre

il) Manuel de médecine \)ral\que mililaire un traité des maladies que l'on rencontre (71/, r armées, pai' 0. A. F. Hnckor, 1805. Traduit dn r.dleniaiid par lirassier et lianipoiil, miideriiis de la grande armée. I>re?laii, 1808. — Avant-propos, p. II.

INTUODUCTlOiN.

un î^raiid chii'ui'gicn, il observe tout, s’intéresse à loul ; c’est ainsi qu’il va, inlaligable, d’un pays à l’autre, tantôt en Egypte, laidôt en l'Espagne ou en lUissie. Pendant la retraite de Russii; Earrey partage jusqu’au bout les soullrances et les privations de nos inallieureux soldats; ces soullrances éprouvent lortcinent sa robuste constitution, mais elles n’arrètent i>as un seul instant son esprit observateur : il suffit pour s’en convaincri' de lire la belle relation qu’il nous a laissée de ce lamentalde épisode (1).

La conquête de l’Algérie fut l’occasion d’iiniiorlants travaux sur les maladies des armées dans les pays chauds, la tliérapeulique de ces maladies fut instituée })ar les médecins militaires de l’armée d’Afrique, et c’est grâce à leurs travaux que la mortalité do cette armée, si excessive pendant les premières années de l’occupation, entra rapidement en décroissance.

Les guerres do Crimée et d’Italie, les campagnes de Cocbin* chine et du Mexique ont été fécondes aussi en grands enseignements; ce chapitre est consacré aux ouvrages qui traitent des maladies des armées en général, on ne s’étonnera donc }ias de ne pas trouver ici l’analyse des travaux, relatifs seulement à (pielques maladii^s, qui sont dus aux médecins militaires d’Afrique, de Crimée et d’Italie; nous aurons du reste dans le cours de cet ouviage de nondu'cuses occasions d’y revenir.

Jusqu’alors ou s’était occupé presque exclusivement des maladies des armées en campagne; en 1800, mon ])ère publia un important mémoire vi) sur les causes de la mortalité dans l’armée servant à l’iiP/'rieur ; depuis |)lusieurs années, les mala-

(1) Larrey, Mémoires tle chinuijie miliiaire.

(2) hecherches slalisliques sur les causes de la morlalilé île l’année servant d l'intérieur, pai !.. Laveran. (Annales d’Iiijijiène pidjlique et de médecine légale,

2r série, t. XIII.) — Voyez aussi ; De la morlalilé des années en campagne au point de vue de léliologie. Même rec. ISfil-t, 2'- série, t. XIX. .le cite pour mémoire seulement un livre publié par M. l'rilscli, ilit Lan", à Al^er en I86S et ay.anl pour titre : Epidémies des armées. C'est un résumé très-iniparrail ilu cours du Val-de-r,rà''c publié sans l’assentiment de mon père.

INTRODUCTION

dies el épidémies des armées faisaient, au Yal-de-Gràce, roJjjet d’im enseignement spécial qui lui avait été confié et pour lequel il a trouvé, en 1\1. le professeur L. Colin, un digne continuateur.

A partir de iSO^^, une statistique médicale fut publiée par les soins du Conseil de santé et lournit enfin des renseignements précis sur la mortalité dans l’armée française (i); des statistiques semlilables étaientétablies déjà depuis un certain nombre d’années en lîelgique, en Prusse et en Angleterre.

En ESG.-l, iM. le médecin Inspecteur, .1. Périer, publiait une élude complémentaire et critique sur Pringle, dans laquelle il résumait l’bistoire des maladies communes dans les armées et non décrites jiar l’auteur anglais : méningite cérébro-spinale,

catarrhe suffocant, stomatite ulcéreuse, etc Nous ferons plus

d’un emprunt à cet excellent travail (2).

Parmi les ouvrages qui nous ont fourni le plus de documents précieux, nous devons citer aussi le Ilecueil de mémoires de médecine et de ebirurgie militaires rédigé sous la surveillance du Conseil de santé et publié l'égulièremcnt depuis 1810 (rf).

A l’époque de la guerre de sécession, la commission sanitaire des Elats-ünis eutl’beureusc idée de publier une série de rapports sur les maladies les plus communes aux armées, sur les moyens de les traiter et de les prévenir. Ces rapports, jiresque tous excellents, ont été réunis et traduits en français par M. Ib. \\ . Evans, en 18()o ( i); ])armi les meilleurs, citons ceux de Hammond sur le scorbut, tle V.lluren, sur les propriidés du sulfate de quinine, de Smitb et Stillé, sur la vaccination. Sans

(1) Slolhlique médicale de l'armée, publà'-c anmicllcincnt depuis 1S0"2 par le ministère de la guerre. Paris, Imprimerie Nalimialo.

(2) Etude critique el complémentaire sur Primjle, puliliéoen 18G3 en (tMo d'une édition de Pringle.

(3) Iro série : 181G à 181G, 01 volumes. — 2*^ série : 1817 à 18Ü8, 2:1 volumes.

3® séiie . 18o9 a I8G8, 20 volumes. — •i'’ serio : 18G0 à 1871, en cours de pu-*

Idication,

(T) Essais d liijqieite et de thérapeutique militaires, par la commi.ssion sanitaire des États-Unis. Traduclion de Tli. W. Kwaiis. Paris, 18G5.

INTRODUCTION

doiile, la réunion do ces mémoires ne conslilue pas un li-aili; de médecine mililaire, les lacunes sont nombreuses, mais les circonstances ne permettaient pas de mieux faire, et ce livre restera comme une nouvelle preuve de rintelligcnce et delà sollicitude avec lesquelles la commission sanitaire des Etals-Unis sut remplir sa diflicile tâche, bien (pi’elle ne lut composée que de médecins.

Le premier mémoire dù à van Ruren est intitub' : Hygiène et thérapeutique militaiia'S, l’auteur montre très-l)ien (pie dans les armées l’hygiène a tout autant d’importance que la thérapeutique, et que le médecin doit s’occuper aussi bien de l’ime (pie de l’autre. Ces sages conseils furent entendus; pendant celle longue guerre de la sécession on demanda toujours l’avis des médecins et tou jours on s’y conforma ; aussi, les résultats furentils admirables et nos statistiques de Crimée et d’Italie font bien triste figure à ccMé des statistiques américaines; en Amérique, les médecins onlcu deux armes pour lutter contre les maladies; riiygiène et la thérapeutique, alors ({u’en France les règlements ne nous accordaient que la dernière. Ceci nous conduit à dire quelques mots du rôle et des devoirs des médecins dans les armées.

Le médecin militaire a un rôle bien plus étendu, bien plus complexe que le médecin civil; non-seulement, il doit soigner les malades dans les hôpitaux, les blessés sur le champ de bataille et dans les ambulances, mais aussi, par une connaissance exacte des causes qui président aux maladies et épidémies des armées, il doit chercher à sauvegarder la vie du soldat. Cantonner le médecin militaire dans la thérapeutique, comme on l’a fait jusqu’ici en France, lui dire ; voilà dos instruments, opérez les blessés; voilà des médicaments, soignez les malades, c’est rapetisser à plaisir son rôle, c’est paralyser ses principaux moyens d’action, au grand détriment de l’armée, comme les événements Font bien prouvé-

A. i.avehan.

l.MRODi;CTiaN.

On juge un arbre par scs IVuils et les résultats du système suivi en hi’aucc jusqu’ici ont été si amers qu’on s’étonne de trouver encore des hommes caj)able"s de le d(?ilèndre et d’écrire (pic tout est pour le mieux dans la meilleure des organisations (1).

Kn Crimée, sur d09 000 hommes engagés successivement, nous eu avons jx'rdu 05 000 (75 000 par maladies et ;20 000 pai‘ le leu de l’ennemi); pendant le second hiver, les Anglais, grâce a leur excellente installation, no perdaient que 000 hommes, landis que nous en perdions ^1 100. Au début, les Anglais avaient été jilus (éprouvés que nous; mais de sages mesures d’bygiène eurent bientéit raison d’une morlalité excessive; en novembre et décembre 1855, le cbiiïre de la mortalité dans l’armée anglaise était tombé à Met rJO pour 1 000; de janvier à mars 1850, il S’abaissa à H. 5 et même à 8 sur 1 00(1, c’i'st-àdire qu’ildevint plus faible qu’en Angleterre mème..M. Tbolozan n’a-t-il pas raison de dire : « Les liages de l’bistoire ne présentent aucun exemple comparable à celui-là; il y a là une expérience hygiénique complète sur des propoi'tions colossales (^). « Tandis que les Anglais arrivaient ainsi à réduire leur mortalité au minimum possible, le typhus et le scorbut ravageaient notre armée et nos blessés mouraient en foule dans des hôpitaux encombrés. La moi'talité à la suite des gramh's opérations a été en Crimée pour l’armée francai.'^e de 7:2, 8 pour 100; pour l’armée anglaise de .T'i, 0 pour 100; en Italie, malgré des conditions bien plus favorables, puisque nous étions dans un pays ami, riebe et voisin de France, nous avons perdu encore O.']. 0 pour 100 de nos opérés (0). Tous les médecins militaires de l’armée d’Orient, les Scrive, les l'audens, h's àlicbel Li'W,

(I) De l'inlenihincs dij corps médical et de la mortalité dans l'armée, par iM. Chapplaiit. Caris, l87o (lîépoiisc à .M. le docteur Clicnu).

Ci) De l'excès de mortalité dà d la jn'ofession militaire.

(3) Chenu, Slatistiipies de Crimée et d'Italie.

INTRODUCTION

.MX

oui proleslc contre un règlement qui leur liait les mains et les forçait d’assister inactifs à ce grand désastre; nous ne ferons j)as appel à leur témoignage, bien connu du reste. On a accusé les médecins militaires d’ètre juge et partie dans ce débat et de plaider jiro domo sua, insinuation malveillante et inexacte, tes réformes réclamées par nos chefs l’ont toujours été au nom seul des intérêts de l’armée.

M M. L. Lefort (l), Kd. Laboulaye (“2), Cb. Fauvel sont des juges complètement désintéressés dans la (jucstion et tous trois * ont fait ressortir dans leurs ouvrages les vices de l’organisation de la médecine militaire en France, tous trois ont demandé à ce qu’on la mil enlin hors do page.

Fn 187i M. le docteur Cli. Fauvel a réuni tlans un livre ph'in tl’intéi'ét les rapports qu’il envoyait chaque mois de Conslantinoj)lo pendant les années 1801-, 1855 et 185(i; li'ès-bicn placé pour comparer les luqûlaux français aux hôpitaux anglais, et l’étal sanitaire des deux armées, M. Fauvel a paiiaitement analysé les causes de notre infériorité (8).

Pendant riiiver de 1855-1850 M. Fauvtd nous montre l’armée française ravagée par les maladies qui épargnent nos alliés et il ajoute avec une patriotique indignation ; « n’est-ce pas vraiment une chose indigne de nous de voir le scorbut et le typhus ravager notre armée quand à côté d’elle nos allii'S n’en soulTrenI pas?(i) »

.Vu mois de janvier 1850, M. Fauvel visite les hôpitaux anglais de Scutari dont rinstallation était bien supérieure à celle de nos hôpitaux de Constantinople; l’état des malades qui s’y trouvaient était aussi satisfaisant que possible, il n’y avait dans les hô|)itaux anglais aucun cas de scorbut, et la diarrhéeclironi(pie,

(1) La chinu'(jie mililaire et les sociétés de secours, Paris, 187:2.

(2) Lteoiie des deux mondes, 18GK.

(3) Histoire médicale de la ijuerre d’OrienI, par le docleiir A. Fauvel, inéileciii sanitaire cà Constantinople.

(4) Rapport du 18 février 18.')0, op. cil. p. 203.

INTRODUCTION

si IVéqiicntc parmi nos soklats, y était très-rare. Les Anglais avaient compris le danger des évacuations pour les malades et les blessés dont l’état était grave, ils avaient créé à Balaklava et auxenvirons des établissements très-bien installés et pourvus de

tout le nécessaire. Dans rarméc Irançaise des évacuations imprévues, précipiU'es, avaient de déplorables résultats (op. cil. 1>. 180); les malades étaient accumulés pèle-méle à bord de navires bientôt infectés, où ils restaient sans aucun soin pendant plusieurs jours. A Constantinople il se trouvait jiarfois que rien n’était prêt pour recevoir ces évacuations et les malheureux malades restaient encore pendant plusieurs jours exposés aux intempéries do la saison.

« Le mal produit, dit M. Faiivel, ou, si l’on préfère, le bien qui ne se fait pas est la conséquence naturelle des règlements militaires fondés sur une doctrine adminisirative que voici : pour plus d’unité dans l’administration de l’armée, il est nécessaire que le service de santé ne soit qu’un des rouages de celte administration, au môme titre que celui du campement et des subsistances, et par conséquent soit subordonné à l’intendance qui commande.

» En vertu de cette doctrine le rôle effectif des médecins se réduit au traitement des malades et des blessés; quant aux questions d’bygicnc, il ne leur appartient pas de les trancher. Ils ont bien le droit de réclamer auprès de l’Intendance, ils peuvent émettre un avis quand celle-ci les consulte; mais rintcndance reste juge et en réalité leur intervention est presque nulle....

» A l’armée la compétence en matière d’hygiène apparliiuU donc de droit et de fait à l’Inlcndance : c’est elle qui juge et qui commande.

» Oi', la nu'illcure volonté du monde aidée de toute l’intelligence ne donne pas la science, et sans la science acijuise par des études spéciales comment apprécier à leur valeur les mesures conseillées? » (Fauvcl op. c/7., p. 167-108.)

INTRODUCTION

Dans cc môme rapport, que nous voudrions pouvoir citer ici en entier, M. le docteur Fauvel apprécie parfaitement le grand rôle que doit jouer l’hygiène dans les armées :

(( De tous les faits que j’ai exposés et analysés no ressort-il pas do la manière la plus éclatante qu a la guerre les questions d’IiYîiiène ont une importance capitale? Et si la doctrine administrative qui prévaut a pour résultat de les faire négliger ou de les subordonner à des considérations secondaires n’est-ce pas qu’elle est entachée d’un grand vice? Et quand elle attribue aux médecins la compétence directe seulement vis-.à-vis des malades et des blessés ne se trompe-t-elle pas sur l’étendue du rôle qui doit appartenir à la médecine militaire et ne privet-elle pas l’armée d’un secours bien efficace?

•)) Les faits observés depuis neuf mois nous ont fait voir combien est erronée l’opinion qui suppose qu’à la guerre il y a surtout des blessés à panser ou à opérer, opinion qui n’est pas celle des hommes compétents, je le sais, mais qui n’en a pas moins une certaine valeur en ce qu’elle vient à l’appui de la doctrine administrative. A ta guerre le nombre des malades l’emporte toujours de beaucoup sur celui des blessés; preuve incontestable que les coups de l’ennemi ne sont pas ceux qui anhililissent le plus une armée.

» Les faits ont encore démontré que la jiluparl des nombreux malades de l’armée d’Orient devaient leur état morbide bien moins à des intempéries do climat et de sol qu’à des causes qu’il est donné à l’hygiène d’atténuer : preuve évidente qu’en iiygiène militaire il y a encore de bien grands progrès à accomjilir soit sous le rapport de la science, soit sous celui de son apj)licalion.

» Les questions d’hygiène ont à la guerre une impoilance capitale. Si quelque part la médecine peut avec avantage et doit surtout avoir un caractère préventif, c’est bien là....

» Je ne crains pas de dire que les questions d’hygiène sont

INTROnrCTlON.

les plus élevées el les plus iinporlaïUcs (ionl ail à sc préoccuper la médecine rnililairc. Appliquées à rhonune sain ou blessé ou malade, elles dominent de beaucoup celles de ebirurgie et de lliéi'aj)cutique médicale. En réaliti'q l’intervention elllcace décos deux branches de l’art est en jurande pai'tic subordonnée aux conditions dans les((uelles indépendammcnl de la blessure ou de la maladie elles ont à agir.

» Ou’un chirurgien opère un bles.sé dont la constitution est minée par un état scorbutique et qui de plus devra subir l’inlluencc d’un hôpital inl'ecté, qu’un médecin n’ait à traiter ({ue des hommes é])uisés de longue date el accumulés dans des condilions morbifiques par elles-mêmes, que pourront ici leur arl, leur science el leur dévouement? » (Eauvel, op. cil., p. 10!)-170).

Ces idées si bien exprimées par xM. Eauvel et qui empruntent à sa compétence en matière d’épidémies une si grande autorilé* ont été défendues par tous les médecins militaires; on a cru qu’ils cherchaient uniquement à étendre leurs attributions, à sc sous- Iraii'e à l’autorité de l’Intendance et ])endant longtemps on ne s’e'^t pas aperçu que l’intérêt de l’armée motivait seul el justitiliait leurs incessantes réclamations.

La perfection même des règlements (cn admetlani que i)crfection soit synonyme de multiplicité et de complexilé, ce (jui resterait à démontrer) se retournail contre nous; les Anglais, dit ]\1. Eauvel (op. cil., p. 190) ont des l'èglemenls plus déléctueux que les nôtres cn ce (pii louche b‘ service intérieur des lu'ipitaux, soit ]»our les prescriptions médicales, soit jiour le régime des malades, mais dans la pratique on laissait aux médecins anglais une grande initialive cl ils corrigeaient sous leur ])ropre responsaliililé ce que les l’èglemenls avaient de vicieux;

« nos règlemcnis au contraire sont jdus méthodiques, jilus complets, mais ils sont inllexibles et ne laissent aucune inilialive ni aux administrateurs, ni aux médecins. Il cn résulte que si théoriquement el sur le ]>apier nos malades sont mieux nourris

INTüOnUCTION.

que les Anglais, ceux-ci dans la pcati([ne ont une noniTilnce ellective bien snj)érienre. » Les Anglais se sont nionlcés une fois de pins en Ciâmée gens pratiques : les règleinenls les gênaient, ils les ont abandonnés, tandis que nous suivions religiensenient les noires en dépit des résultats déplorables qui étaient le prix de celte lidélité. L’observation des règieinenls en matière d’hygiène et de tbéra[)eutique est un ce

n’est pas un but; quand le moyen est reconnu mauvais il faut l’abandonner sans retard, à moins ([u’on ne soit de l’avis du médecin auquel Molière fait dire : Mieux vaut mourir suivant les règles que de guérir en les violant.

Autrefois les règlements étaient moins nombreux, on n’avait pas encore enserré de tant de liens l’initiative des médecins aux armées et les choses n’en allaient pas plus mal, au contraire. Le bon sens dos chefs et rintclligence des médecins suppléaient à cette prétendue imperfection des règlements. \ cet égard il est très-intéressant de comparer l’histoire nnulicale de l’aianée de Crimée à celle de l’armée d’Orient si bien écrite })ar Desgenettes. Desgenettes est consulté souvent sur les mesures à prendre pour i)i‘évenir les maladies et les notes qu’il envoie sont mises à l’ordre du jour de l’armée; sans cesse le médecin en chef de l’armée d’Orient prend une heureuse initiative pour pi’oposer CCS mesures: tantôt il fait quitter un campement malsain , tantôt il obtient une modification du régime alimentaire ; lorsipic des troupes arrivent en Egypte on lui demande aussitôt (pielles sont les précautions à prendre pour leur acclimateimml. La liberté d’allures, la noble franchise des rap[)orts établis cnlr(‘ le commandement et le médecin en chef devaient produire et ont produit en elfet les meilleurs résultats au point de vue de l’(‘tat sanitaire de l’armée d’Egypte.

(Jne dirait-on anjourd’lmi d’un imnlecin, fùt-il médecin en chef d’un corps d’armée, qui écrii’ait au général en chef ;

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