‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 52 sur 129 · DE L’ACCLIMATEMENT DES TROUPES DANS LES PAYS CHAUDS. H'J · texte numérisé non relu

DE L’ACCLIMATEMENT DES TROUPES DANS LES PAYS CHAUDS. H'J

nolablemcnt diminué aussi dans l’armée, et l’on peut prévoir que cet heureux résultat ne fera que s’accentuer grâce aux nombreux progrès accomplis chaque jour dans l’hygiène des pays chauds.

D’après la statistique officielle la mortalité moyenne a été pour la période comprise de 18ü"2 à 1808 :

Arniéo de riiitérieur 10. "20 sur lüOO

Année eu Algérie 17.57 sur 1000

En 1808 la mortalité a atteint le chiffre de 2L31 sous l’inlluence des deux épidémies de typhus et de choléra.

Pour 1809 et 1872 la statistique donne :

1869. Mortalité à l’intérieur 9.55 pour 1000

— en Algérie l.i.4“2 pour 1000

1872. Mortalité à l’intérieur 8.97 jtour 1000

— en Algérie 11.98 pour 1000

Ou voit que nous sommes loin du chitfre de 77.8 sur 1000 accepté par Boudin pour la période de 1837 à 1816.

On peut faire pour l’Algérie un raisonnement analogue à celui que nous avons fait pour les pays chauds en général : certaines localités de l’Algérie sont presque entièrement épargnées par les fièvres, l’acclimatement y est facile; d’autres sont des foyers puissants de malaria, racclimatcment y est impossible, il faut les fuir au moins pendant la saison épidémique, lorsque l’assainissement est impraticable. En Algérie surtout il faut choisir avec le plus grand soin les localités où l’on veut fonder des villages, établir des camps, construire des forts ; c’est une précaution qui n’a pas toujours été prise, et l’on a eu plus il’une fois à s’en repentir.

Les consé(pieuces pratiques de ces faits sont fiiciles à tirer : il faut renouveler souvent les troupes qui occupent des postes insalubres et ne pas compter sur leur acclimatement aux fièvres; le renouvëllemenl doit se faire au moins tous les deux ou trois ans, sous peine de voir la mortalité augmenter d’année en année; il faut, comme les Anglais aux Indes occuper des lieux élevés pendant la période cudémoépidémique; comme eux aussi, il faut sejservir autant que possible de troupes indigènes en réduisant au minimum possible le chiffre des troupes européennes dans les localités désolées par la malaria (I).

(I) Voyez sur cette (|uestion ; De l'acdimalemenl en Algérie, uar M. J. Perier {Ann. d'Iiijg. puhl., 1815, t. \X.\III, p. 90 1 ; t. XXXIV, j). -i'r, — Michel Lévy, Traité ü’Iiiigiéne, ùM., t. t, p. 608.

Page 1